Une révolution à l'islandaise en Espagne?

Une nouvelle passée inaperçue en France: la Justice espagnole va engager des poursuites contre l'ancien président de Bankia (et ancien directeur du FMI) Rodrigo Rato, notamment pour escroquerie. L'enquête concerne également 32 autres dirigeants de Bankia. La fin de l'impunité?

Une nouvelle passée inaperçue en France: la Justice espagnole va engager des poursuites contre l'ancien président de Bankia (et ancien directeur du FMI) Rodrigo Rato, notamment pour escroquerie. L'enquête concerne également 32 autres dirigeants de Bankia. La fin de l'impunité?

Le juge Fernando Andreu enquête notamment sur un possible délit de falsification de comptes. Les accusés les auraient maquillés afin de les rendre plus attractifs pour les investisseurs, alors que la banque allait faire son entrée en Bourse il y a un an. On connait la suite de l'histoire : l'action chute rapidement (elle vaut aujourd'hui 85 centimes, 77% de moins que lors de son entrée en Bourse). En mai dernier, Rodrigo Rato est contraint de démissionner et l'Etat espagnol annonce qu'il accordera 23 milliards d'euros à Bankia afin de la sauver. 

Cette enquête judiciaire fait suite à une plainte du petit parti centriste Union, Progrès et Démocratie (UPyD). Mais Rato n'est pas au bout de ses peines: il devra faire face à trois autres plaintes: celles des Indignés -qui ont financé leur action grâce à une opération de crowdfunding-, de l'association Democracia Real Ya ainsi que le groupe d'extrême droite Manos Limpias.

Force est de constater qu'en Espagne, la profession de banquier n'a pas la cote. Les manifestants du 15 mai 2011, qui donnèrent vie au mouvement des Indignés (appelé 15M en Espagne) scandaient: "nous ne sommes pas des marchandises aux mains de politiciens et banquiers". L'indignation contre les banquiers semble de plus en plus prendre la voie judiciaire. Le 25 juin dernier, le procureur anticorruption avait déposé plainte devant l'Audience Nationale contre cinq anciens dirigeants de la banque Novacaixagalicia pour abus de biens sociaux et détournement de fonds. Ils se seraient octroyés 7,3 millions d'euros en indemnisation pour préretraite.

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