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Billet de blog 8 juin 2012

Histoire d'une arnaque bancaire en Espagne

Une banque espagnole, Caixanova, qui refile des produits financiers toxiques à un analphabète et lui fait signer le contrat. C'est le dernier exemple du scandale des participations préférentielles, qui ont réduit à zéro les épargnes de milliers de petits épargnants, principalement des personnes âgées.

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Une banque espagnole, Caixanova, qui refile des produits financiers toxiques à un analphabète et lui fait signer le contrat. C'est le dernier exemple du scandale des participations préférentielles, qui ont réduit à zéro les épargnes de milliers de petits épargnants, principalement des personnes âgées.Les participations préférentielles sont des produits financiers hybrides émis par les banques, censés assurer un intérêt annuel relativement élevé. Elles présentent l'avantage de ne pas avoir de terme et sont donc rémunératrices "à vie". Mais contrairement aux obligations, on ne peut récupérer sa mise de départ. Le terme "participation" est trompeur car elles n'accordent pas un droit de vote comme les actions.

Frappées par la crise, plusieurs banques espagnoles ont émis ces titres en 2008-2009 afin de gonfler leurs fonds propres. Le rendement est lié aux bénéfices de la banque. Ces produits sont considérés comme "complexes" par l'autorité des marchés financiers (la CNMV) et auraient dû être réservés à des clients experts. Ce qui n'a pas empêché les banques (en tête, La Caixa) de proposer ces produits à des petits épargnants, souvent des personnes âgées. Selon l'Association des usagers des banques, caisses d'épargne et assurances (Adicae), près de 700.000 personnes sont concernées. Beaucoup racontent que leur banquier leur avait promis qu'il s'agissait d'un investissement sûr et qu'ils pouvaient récupérer leur argent en 48 heures.

La directive concernant les marchés d'instruments financiers oblige les banques à faire passer un test à leurs clients lorsque ceux-ci désirente acquérir des produits complexes. Dans le cas des participations préférentielles, la réalité a été bien souvent différente. Un récent reportage de la chaîne catalane TV3 montrait une personne âgée de 83 ans qui ne se souvenait même pas d'avoir signé le contrat. Le cas révélé aujourd'hui d'un contrat signé par un analphabète est certes un cas extrême mais montre bien l'absence de scrupules de ces banquiers. 

Tous les mardis, un petit groupe de personnes proteste devant la Bourse de Barcelone. "Marre des abus des banques", crient-ils. Grâce à la pression populaire (les médias se sont finalement fait écho de ce scandale), les banques se sont mises à négocier afin d'échanger ces produits contre des actions et obligations. Mais les clients récupèrent rarement leur mise de départ.

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