Utah et Omaha, notes de vacances

Sur la côte orientale du Cotentin en face de Sainte-Mère Église, voilà Utah Beach, la première des plages du Débarquement.

Jusqu'à Ouistreham, pas de village sans son monument ou son musée qui rappellent qu'ici ont débarqué les Américains, les Canadiens, les Britanniques et tous les autres venus créer le deuxième front et libérer l'Europe ou bien qu'une batterie allemande y a été détruite par les parachutistes. Construit au-dessus d'un blockhaus, le musée détaille les péripéties du 6 juin 1944 et des semaines suivantes. Et bien sûr, les prix sont à la mesure de la charge émotive : l'assiette du débarquement pour 15 €, la casquette pour 17 € (prix 2010).

Soixante kilomètres sous la pluie battante. Je ne m'aventurerai pas dans les marais qui forment la limite entre Cotentin et Calvados. Le terrain de camping d'Omaha beach surplombe la plage qui ressemble bien à la scène du début du film "Il faut sauver le soldat Ryan". Bien retranchés dans les falaises, les Allemands ont fait un massacre parmi les assaillants avant de succomber. J'avais lu jadis le récit d'un vétéran de la deuxième vague d'assaut évoquant la mer couverte de corps parmi lesquels la barge se frayait un passage.

À deux pas de là, surplombant la mer, le cimetière américain. De part et d'autre d'une allée centrale débutant par un monument en hémicycle, une interminable pelouse couverte de croix avec ici et là une étoile de David. Vous avez beau vouloir bannir l'émotion, la triste beauté du lieu vous submerge. Le petit musée privé de Vierville rassemble une extraordinaire collection de centaines d'objets d'époque, armes, munitions, matériel de transport et de transmission et documents divers, amassée par un passionné, agréablement présentée en dépit de la place réduite.

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