CONSEIL EUROPEEN

Réaction à chaud

La proposition phare de Macron pour l'Europe, incluse dans son accord avec Merkel - un budget de la zone euro - n'a même pas fait l'objet d'un hochement de tête approbateur dans le communiqué final. Une claque pour le franco-allemand.

La méthode de Macron n'est pas la bonne. Il est urgent de mettre le narcissisme bilatéral entre parenthèses.


Si ce budget ne convainc pas, c'est

1) que les néo-libéraux qui nous gouvernent (Macron en tête), de plus en plus alliés aux nationalistes partout, s'accommodent fort bien (électoralement) du mix austérité-évasion qui suppose la frontière fiscale et donc l'absence d'union budgétaire;

2) que Macron lui-même n'a jamais dit clairement à quoi devait servir ce budget - un jour on parle de stabilité, un autre d'investissement, mais toujours pour des volumes ridicules: tant que la valeur ajoutée européenne d'un tel budget n'apparaîtra pas clairement aux yeux des citoyens et de leurs représentants, cette idée ne créera aucune dynamique en faveur de l'intégration - il convient donc de changer le paradigme de l'intégration, en répondant à cette question: qu'est-ce que l'Europe veut faire d'elle-même?

3) que Macron n'ose pas faire comme Schröder - se donner une avantage compétitif unilatéral - en usant de la puissance de feu fiscale dont dispose la France: il est faux de dire que la France n'a pas les moyens; ce n'est qu'à l'aune de ce qu'elle produit (le PIB), pas à celle de ce qu'elle possède (son patrimoine a une puissance de feu considérable): il faut donc taxer le patrimoine plutôt que le revenu pour "en même temps" sortir de l'austérité et réduire l'excédent allemand.

Par ailleurs, l'Europe s'achemine vers des blocages répétés, dont le veto italien dans la longue nuit du Conseil donne une idée. Il est donc indispensable de revenir à la méthode communautaire et aux idées agitées au temps de son invention, en introduisant une pratique propre à formaliser la "sortie du veto".

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