LETTRE OUVERTE A M. ACCARY, PCD de Saône-et-Loire, doté d'une volonté d'arapède !

Un ancien directeur de l'Aide Sociale à l'Enfance de Saône-et-Loire dénonce dans une nouvelle lettre ouverte les dérives de son ancien service qui vont au rebours de sa mission de protection de l'Enfance, et la fuite en avant du Président du Conseil Départemental qui couvre ses services.

Bernard BIGENWALD                                                                   Le 5  février 2020

1, rue de la Verchère

Lieudit Varanges

71250 CORTAMBERT                                        à                            M. André ACCARY, Président

                                                                                                             du Conseil Départemental de Saône-et-Loire

 

 

LETTRE OUVERTE A UN PRESIDENT DOTE D'UNE VOLONTE D'ARAPEDE, et qui maltraite benoitement l'Enfance qu'il est censé protéger !

 

Monsieur le Président,

 

 Je ne puis vous celer plus longtemps mon hilarité à la lecture d'un article du Journal de Saône-et-Loire en date du 3 février 2020, présentant une de vos futures réalisations en matière de protection de l'enfance : la création à Charolles, de petites unités pour les jeunes majeurs entre 18 et 21 ans en route vers l'autonomie. Ceci se fera avec une aide financière encore imprécisée de l'Etat. Je savais déjà que le sort des mineurs non accompagnés troublait votre sommeil, et cela m'avait alors ému jusqu'au tréfonds.

 Vous allez vite comprendre mon hilarité d'aujourd'hui. Mais au préalable, un petit rappel est nécessaire. Le 22 octobre 2019, pour sauver, en urgence, d'une maltraitance supposée, quelques ados confiés par d'autres départements nullement inquiets, vos sbires de l'ASE, en nombre respectable, accompagnés de force gendarmes sur le pied de guerre, au nom de l'intérêt supérieur de l'Enfant et du principe de précaution, ont opéré une rafle des mineurs présents au LVA des Bruyères, à Frontenaud. Ils les trouvèrent ébahis, effrayés, ne comprenant rien à ce qui leur arrivait. Les majeurs ont voulu tous rester au LVA, et tous, Oh surprise, ont exprimé une véhémente indignation ! L'ASE de Saône-et-Loire, qui était censée les sauver d'un tortionnaire en a pris plein la gueule.

 https://www.facebook.com/lvaendanger/videos/701486887026253/?t=22

 https://youtu.be/gsl78BGnGUo

  Plus de trois mois déjà se sont écoulés depuis ce funeste 22 octobre, sans que l'enquête préliminaire réouverte par Mme Saenz-Cobo, Vice-Procureure de Chalon, ait donné encore quelque résultat tangible. On se serait pourtant attendu, après ce démarrage en fanfare, à ce que Jean-Claude ROSSI, permanent du LVA, croupisse au gnouf. Zebi ! Il dort toujours dans son lit ! l'ASE continue, cependant, à présenter le LVA à qui veut l'entendre, comme dangereux, contre toute évidence. Dans ces conditions, et bien que le tribunal Administratif ait suspendu votre suspension d'autorisation de fonctionner le 21 novembre, il est bien difficile pour l'établissement de faire le plein et donc de survivre. La seule maltraitance dont l'on puisse parler sérieusement est celle que vous avez fait subir aux ados, et qui a été constatée par la presse locale et FR3 Bourgogne ! Et, bien entendu, celle que vous faites subir au LVA qui résiste à l'arbitraire.

 Plus de trois mois donc, pour ne toujours pas pouvoir confirmer le bien-fondé d'une opération soi-disant dictée par l'urgence. Une urgence telle que M. ROSSI, le supposé tortionnaire, n'a pas même pu bénéficier du droit au contradictoire : c'est assez cocasse ! Et ces trois mois se rajoutent aux années d'enquête préliminaire, entre 2015 et 2018, qui se conclurent par un classement sans suite sans que quiconque le sache. ROSSI n'a même pas été entendu à ce jour pour les dénonciations ineptes qui sont à l'origine de la réouverture de son dossier. Idem pour moi : la maréchale des logis-chef de Beaurepaire ne semble plus pressée de me rencontrer du tout, et je poireaute depuis début novembre ! Je lui ai laissé des messages sans réponse : un silence qui en dit long ! Son emploi du temps est-il à ce point chargé, ou bien est-elle gênée de rencontrer un témoin à décharge en état de démontrer, preuves à l'appui, qu'elle s'est laissée abuser par l'ASE, et a déployé des lors un zèle très orienté, très maladroit et très destructeur ? De nombreux anciens pensionnaires, maintenant majeurs, ont exprimé leur soutien à ROSSI et à sa femme, traités par l'ASE 71 comme de modernes Thénardier. L'une, que je ne connais pas, a exprimé sur facebook le curieux comportement de la gendarme, lorsqu'elle lui a exprimé que jamais elle n'avait été maltraitée. Cela confirme nettement mes impressions, lesquelles étaient établies sur la simple logique, et la connaissance que j'ai des bonnes relations entre les époux ROSSI et la jeune fugueuse de qui on a obtenu des accusations que maintenant elle réfute très clairement. Chacun peut aujourd'hui entendre ce qu'elle en a dit sur le site de FR3 Bourgogne !

 Tout cela, vous le connaissez déjà, et je n'en fais le rappel que pour les lecteurs de cette lettre ouverte qui ne connaissent pas encore l'affaire. Mais là où je veux en venir, c'est que, voyez-vous, Il se trouve que le LVA des Bruyères, justement, possédait une petite structure du genre de celles que vous envisagez à Charolles, pouvant faciliter l'accès à l'autonomie des jeunes confiés. C'est dire que l'on réinvente aujourd'hui dans la Charolais quelque chose qui existait dans le Louhannais depuis des années, et qui n'avait nul besoin de fonds publics, de subventions quelconques, mais juste d'un prix de journée. C'est dire aussi, que vos services et vous, avez fait un travail de Pénélope sans avoir, comme l'épouse d'Ulysse, l'excuse de la vertu. L'état de celle de votre ASE ne peut que pousser à des comparaisons triviales auxquelles ma bonne éducation répugne et qui risqueraient de choquer certains collectifs de péripatéticiennes, à juste titre d'ailleurs, car, elles, remplissent leur mission avec honnêteté sans feindre, sinon pour déclencher l'extase du micheton par trop lambin. Il n'y a pas chez elles, tromperie sur la marchandise, comme à l'ASE 71, que vous couvrez dans une scandaleuse fuite en avant.

 Eh oui, malheureusement, M. S... ( dit « à poils durs » : là, je me répète un peu, mais ça fait toujours rire ceux qui l'ont bien connu), Directeur de l'ASE, pour marquer son autorité et surtout masquer sa profonde incompétence, et notamment son retard à régulariser une situation dont un rapport, en 2014, avait clairement imputé la responsabilité à l'ASE 71, trouva le moyen, à l'été 2015, de réduire en fait la capacité du LVA de 10 à 7, tout en l'augmentant officiellement de 5 à 7, tout ceci dans une injonction très paradoxale puisqu'elle laissait en même temps entendre un danger possible pour les enfants confiés au LVA ! Joli tour de passe-passe qui a éberlué plus d'un. On dit que les injonctions paradoxales rendent fou : on peut déjà se poser la question de la santé mentale de celui qui a mis au point un pareil torchon ! Je suppose, pour ma part, que ce digne fonctionnaire faisait au minimum une fixation sur le chiffre 7, puisqu'il a demandé à un autre LVA, « les Amaryllis » qui n'en demandait pas tant, de passer d'un effectif de 5 à 7 ! Il y a des mystères comme ça, qui demeureront à jamais, puisque Pierre STECKER n'est plus là pour nous les décrypter.

 Or, ce que permettaient justement ces trois places au dessus du chiffre habituel de 7, et ceci tout en respectant les textes, de quelque manière qu'on les interprète, car ils sont un peu brumeux, c'était des appartements à Louhans, donc proches de Frontenaud, qui favorisaient un apprentissage de l'autonomie en douceur pour les jeunes proches de la majorité et les jeunes majeurs.

 Je déduis de cette succession de contradictions baroques, que, du train où vont les choses, bientôt, l'ASE de Saône-et-Loire va réinventer le fil à couper le beurre avec un financement de l'Etat annoncé en grande pompe. Une « stratégie » départementale pour le fil à couper le beurre, pourquoi pas, après tout ?

 Puisque M. STECKER voulait à tout prix réduire à 7 la capacité effective des Bruyères selon une logique que n'a pas su expliquer non plus votre service juridique au Tribunal Administratif le 19 novembre dernier, et pourtant, Dieu sait que son courageux représentant suait à grosses gouttes, M. ROSSI proposa ultérieurement au Département que les appartements de LOUHANS soient utilisés pour des mineurs étrangers non accompagnés avec un suivi éducatif, et ceci, sous la houlette de l'Association « Point de Chute ». Cette proposition, non seulement reçut un accueil hostile de l'ASE, mais encore celle-ci se substitua à M. le Préfet de Saône-et-Loire à qui il revenait d'en juger, si on se fie aux textes afférant à ce type de structures, pour exclure cette possibilité intéressante. Sans doute l'ASE n'avait-elle pas lu, à l'époque, votre poignante déclaration sur vos troubles du sommeil et leur raison : l'accueil déficient des MNA ( mineurs étrangers non accompagnés ) ! Vous devriez lui faire parvenir régulièrement votre bulletin de santé !

 Bref, j'ai bien compris que vous êtes dans une grande opération de communication, censée faire de vous un bienfaiteur de l'Enfance en difficulté, mais je crains fort pour que la stupidité persistante de vos services, et votre entêtement propre, qui vous pousse à les couvrir dans une folle fuite en avant, ne soient en passe de mettre à mal ce grand œuvre !

 J'ai bien compris aussi que vous pensez vous tirer de tout cela en ne bougeant pas d'un millimètre. Pour le moment, l'air du temps, furieusement post-MeToo, et qui prédispose le mâle blanc hétérosexuel ROSSI de plus de cinquante ans à être a priori considéré comme coupable, vous favorise, et vous restez donc comme l'arapède ancré à son rocher battu par les flots. C'est, selon une mauvaise langue, un trait saillant de votre caractère.

 Malheureusement pour vous, même l'arapède se fait parfois cueillir. Vos services sont si maladroits, et la manière dont ROSSI a été traité depuis près de 5 ans est si choquante que tout cela finira bien par gêner une des nombreuses instances que ROSSI et moi-même alertons. Entre Brigitte MACRON, M.TOUBON, défenseur des droits, le Procureur de Chalon, La Chancellerie, M. Adrien TAQUET, Mme Perrine GOULET, M. le Préfet, les médias, et les tribunaux, il se trouvera bien quelqu'un pour vous demander des comptes, et votre aura toute médiatique en prendra un sacré coup ! Nous sommes en effet toujours dans un Etat de droit, même s'il est très loin d'être parfait, et le cumul d'abus de petit féodal que vous présentez sur un plateau à un observateur attentif est trop succulent pour que votre impunité et celle de vos services soient définitivement acquises.

 Je vous laisse provisoirement sur ces réflexions un peu taquines, ne doutant nullement de votre défaite finale même si des pesanteurs sociologiques la retardent encore quelque peu. Ce jour-là, vous vous souviendrez peut-être que je vous avais proposé une rencontre qui aurait pu régler les choses avec bien moins de dégâts, pour tout le monde. Cette lamentable histoire, ce n'est qu'une succession d'occasions manquées dont vous êtes, sur votre rocher, le premier responsable.

 Je vous prie d'agréer, Monsieur le Président, l'expression de mes sentiments narquois.

 

                                                                                                                                                             Bernard BIGENWALD

 

 PS : j'oubliais ! En page 87 du rapport de Mme la députée Perrine Goulet, je retrouve le bonus dont bénéficient les Assistantes familiales de Saône-et-Loire ayant les enfants 24 h sur 24. Cela m'a ému, car ça remonte à une époque où les Assfams et moi pouvions bosser tranquillement pour établir des diagnostics communs, et donc, faire des propositions intéressantes. Tout n'était certainement pas parfait, mais à en croire les assfams aujourd'hui, c'est une époque bien révolue, et la méfiance règne. Ce n'était pourtant pas compliqué : ma porte était ouverte, tout simplement ! Depuis, à l'évidence, l'ASE s'est bunkerisée.

 

 

 

 

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