RAFLE D'ENFANTS PAR L'ASE 71 : Chronique d'une catastrophe annoncée

Pour justifier sa catastrophique intervention de rapt de 4 enfants contre leur volonté, le Département de Saône-et-loire tente de banaliser l'opération, au nom d'un danger imminent qui relève du pur fantasme.

 Je fus l'ancien Directeur de l'Aide Sociale à l'Enfance de Saône-et-loire  de 1990 à 2008.

Depuis le printemps 2015, je me suis efforcé  sans relâche de démontrer à la Direction générale de l'Action sociale qu'elle faisait fausse route en soupçonnant le Lieu de Vie  et d'accueil des "Bruyères " en Bresse, d'une quelconque maltraitance. Ayant annoncé très clairement dans un courriel à M. Rioufol, DGAS, non seulement qu'il faisait fausse route, mais qu'il allait droit au ridicule, mon conseil de tout arrêter non seulement ne fut pas suivi, mais l'entêtement dans le grotesque dura jusqu'en novembre 2015. Six mois d'enfer pour toute une famille présentée comme des Thénardiers ! 

Je souhaitais alors que les torts causés à M. Gian-Claudio ROSSI fussent reconnus avec éclat et solennellement, afin que disparaisse totalement une sale réputation aucunement en rapport avec la réalité des choses. Les deux personnes qui s'étaient entêtées plus par rancune que par scrupule de protéger l'Enfance, s'en tinrent à une vague déclaration, refusant de passer pour ce qu'ils étaient, et que la censure sourcilleuse de Médiapart, autrement moins sensible à mon égard,  m'interdit de préciser. Chacun se fera un avis. 

En tous cas, une lettre que j'adressai à Mme Laborie- Fulchic,  de l'ASE, le 16 octobre 2018, exprimant mes craintes que l'on ne continue sans fin sur le mode de la rumeur, fait voler en éclats toute justification bateau de la part du Président du Conseil Départemental de Saône-et-Loire, André ACCARY, selon laquelle la calamiteuse opération de "sauvetage" des 7 jeunes  était justifiée par l'urgence. 

La lettre ci-dessous a le mérite non seulement de reprendre d'une manière synthétique tout le déroulement d'une affaire qui aurait  pu être réglée en quelques jours, voire quelques heures, si deux brillants cadres avaient eu un minimum de jugeote et d'empathie. TOUT CA POUR CA  ! La lettre ci-dessous est un élément important de la  CHRONIQUE d'UNE CONNERIE ANNONCEE, par moi-même, retraité, certes mais toujours lucide, et actuellement dégoûté d'un tel gâchis humain, tout-à-fait évitable, si seulement l'on m'avait écouté ! 

Quand je pense qu'après les 4 ans et demi de placard que m'a fit subir René BEAUMONT, Président du Conseil Général  de Saône-et-Loire pour m'être opposé à un passe-droit en matière d'adoption, il était de bon ton de me considérer comme un incapable ! Que dois-je penser de mes successeurs ? 

 

ECCO : 

 

Bernard BIGENWALD

Varanges

71250 CORTAMBERT

bbigenwald@yahoo.fr

0626559500                                                à                          Mme Laborie-Fulchic

 

Madame,

 

 

Vous ne me connaissez pas, mais sans doute avez vous retrouvé ma signature dans moult dossiers, puisque j’ai été responsable de l’ASE de Saône-et-Loire pendant 18 ans, ce qui représente tout de même une somme d’expériences très formatrices.

 

Devenu, depuis, conseiller auprès de certains LVA, Il se trouve que j’ai su que récemment vous vous interrogiez par rapport au lieu de vie des Bruyères, puisque vous demandiez à un  travailleur social d’un autre département de vous donner son opinion, demande exprimée d’ailleurs en des termes assez peu neutres. Vous auriez pu les tourner de manière plus positive sans trop d’effort d’écriture, mais votre préjugé vous  a trahi sans même que vous en rendissiez  compte.

 

Mais, après tout, cela serait quasi normal si cette suspicion, car il s’agit bien de suspicion, ne durait pas depuis plus de 3 ans maintenant, faute que mon ancien service ait jamais fait convenablement ce qu’il aurait dû faire. Et ceci, dois-je dire,  dès le début des ragots dont  avait  fait l’objet l’établissement, notamment de la part de deux éducateurs du lieu. Ceux-ci étaient partis dans une dérive dont des preuves ont été rapidement apportées à la direction du service, qui a stoppé son soutien aveugle à leurs délires dès qu’il fut prouvé que les deux zozos copulaient bruyamment pendant leur service, et que l’un avait maltraité un jeune, tout en ayant l’audace de se présenter comme un lanceur d’alerte.  Une psychologue externe, qui, un an avant,  vendait encore des chaises, et qui était de leurs relations, avait  cru bon de rajouter son grain de sel, sans connaître même l’établissement. Bref, l’ASE se trouva face à un curieux salmigondis qui, après tout, n’aurait pu être que truculent, si elle ne l’avait   compliqué encore avec des initiatives complètement à coté de la plaque, alors qu’il eut suffi que dès le départ, elle menât simplement une enquête sur place en interrogeant la totalité des jeunes présents. Elle a raté l’occasion d’une bonne rigolade, en n’examinant pas les choses posément.

 

A l’époque, par l’effet du hasard, je fus  en première ligne pour apprécier si oui ou non, des jeunes confiés au LVA étaient victimes ou non de maltraitance, puisque, présent dans l’établissement pour une aide à la rédaction de divers documents, je  devins non seulement témoin,  mais même acteur dans cette affaire. Et je me retrouvai  bientôt, par simple scrupule, à faire le boulot que l’ASE aurait dû faire elle-même avant toute saisine intempestive du procureur.  Je puis dire que je fus effaré tant l’ASE  démontra alors un amateurisme, au départ excusable peut-être, mais ensuite devenu très rapidement impardonnable, du fait  que mise en face d’évidences qui  ridiculisaient son instruction à charge menée de manière foutraque, et ne se remettant pas d’avoir pris au sérieux des zozos, elle s’est entêtée à vouloir trouver à tout prix quelque chose à reprocher à M. Rossi et à sa femme, présentés alors d’une manière floue comme de nouveaux Thénardier. Relisez la « synthèse » fournie extrêmement tardivement à M. Rossi : c’est une compilation d’approximations de sources diverses imprécisées, et conjuguées au présent alors que pour le moins, le conditionnel s’imposait. L’anonymat, qui déjà avait, de fait, volé en éclats, n’obligeait pas à un tel brouet.

 

A me limiter au seul point de vue technique, j’ai été effaré donc,  et au plan humain, ensuite, complètement écoeuré. J’ai fait le triste constat que le service que j’avais dirigé pouvait, au nom de bons sentiments affichés, faire de la maltraitance tranquille, tant à l’encontre d’un établissement, que, par contrecoup,  à l’encontre  de jeunes qui sont confiés à celui-ci. Cela fut dû, à mon sens, au fait, que j’ai malheureusement souvent pu observer,  que bien  des fonctionnaires considèrent la protection de leurs fesses comme infiniment prioritaire par rapport à celle de l’Enfance qu’ils mettent cependant en avant à tout bout de champ. « L’intérêt supérieur de l’enfant », c’est bien joli, mais dans le monde de l’ASE, l’enfer est souvent pavé de bonnes intentions.

 

Dans l’affaire Rossi, affaire grotesque au possible, deux jeunes ont été victimes des bonnes intentions de l’ASE.  1 / la jeune Kenza qu’il a fallu virer du LVA, car la moindre de ses crises, j’ai eu l’heur d’en observer une, était montée en épingle par sa mère qui ne s’en est jamais occupée, et menaçait donc, dans un climat de suspicion, la survie du LVA ; 2/ le jeune Jean-Jacques, que l’ASE a retiré précipitamment du LVA sans tenir compte de ses délires antérieurs, pourtant décrits en toutes lettres dans un rapport à l’ASE, rédigé par celui là même qui prétendit dénoncer  ensuite les dérives de son patron. Dans le cas de l’un comme de l’autre de ces jeunes, il serait extrêmement formateur que l’ASE fasse le bilan de ses interventions calamiteuses : c’est un véritable cas d’école ! En tous cas, pour Jean-Jacques, je doute qu’il ait été protégé de rien par l’ASE, puisqu’il s’est suicidé récemment, et que je sais  de source sûre depuis trois ans qu’il regrettait profondément ses mensonges à l’encontre des Rossi. Il fut trop honteux pour s’en excuser alors auprès de M. Rossi et de son épouse.

 

Pour quelqu’un qui, comme moi, connaissait les personnes mises en cause depuis une quinzaine d’années, et avait observé au cours des années, l’évolution du lieu, il y avait déjà de quoi être non seulement surpris, mais même donc écoeuré. En tant qu’ex-professionnel averti de l’ASE, j’ai été bouleversé par l’accumulation d’erreurs commises dans cette affaire, et je me suis senti même humilié, honteux.

 

J’ai pu faire le constat que, en dépit de mes mises en garde, pourtant très précises, et argumentées, l’ASE  se noyait  dans le ridicule, issue que j’avais annoncée comme très prévisible en toutes lettres à M. Rioufol. Et je suis ébahi encore, quoique je n’aie plus guère d’illusions sur la nature humaine, de constater que, plutôt que de faire le bilan de ses erreurs passées, et, pourquoi pas, celles du LVA, car, après tout, c’est bien M. Rossi qui avait embauché les deux zozos manipulateurs, l’ASE persiste, par votre biais, plus de trois ans après avoir sombré corps et biens, donc, dans le ridicule, à s’enferrer dans cette affaire qu’elle continue de gérer  sur le mode de la rumeur, sans même aller voir sur place, et ,  tout bonnement, interroger les jeunes qui y sont confiés. Jean Valjean n’a pas mis aussi longtemps pour sauver Cosette, que je sache ! 

 

Bref,  si j’étais à votre place, je me rendrais à l’impromptu sur les lieux, je tchatcherais librement avec les jeunes, ce qui est tout-à-fait possible.  J’y prendrais un repas, avec tout le monde, pour constater s’ils ont la tremblotte ou non devant leurs supposés tourmenteurs. Vous aurez même tout loisir de visiter l’établissement accompagnée d’un jeune qui aura tout loisir de vous donner son opinion, et de vous exposer ses souffrances éventuelles. 

 

Bien entendu, interroger les référents des autres départements n’est pas sans intérêt, mais sachez bien que le courage étant une vertu assez rare, il n’est pas sûr que la plupart aient le cran de se mouiller eux-mêmes face à  une offensive menée sur le mode de la rumeur : car « après tout, on ne sait jamais, n’est-ce-pas ? » Vont-ils s’engager, alors qu’ils voient assez peu les jeunes, finalement, chose qu’on pourrait leur reprocher, et qu’on instille en sus dans leur esprit,  de manière subliminale, qu’il y a lieu de s’interroger sur le fonctionnement du LVA.  La rédaction de votre courriel est à cet égard, j’insiste, tout sauf neutre, et même si vous n’avez pas vraiment souhaité qu’il en fût ainsi. J’ai pu constater il y a trois ans que des travailleurs sociaux d’autres département qui étaient pourtant écoeurés des accusations contre Rossi, ou en riaient bien fort, se sont abstenus  d’exprimer par écrit leur ressenti, après  avoir assuré pourtant le faire au plus vite : « on ne sait jamais, des fois que… »  Oui, c’est vrai, et après tout, Gilles de Rais fut un compagnon de Jeanne d’Arc !

 

Pour ma part, revenant très souvent dans l’établissement, y passant parfois plusieurs jours d’affilée, connaissant tout le monde, et ayant de bonnes relations avec les jeunes confiés, je puis vous assurer qu’il est plus que grand temps pour l’ASE de sortir enfin totalement du marécage à base de délires, de mensonges éhontés, de manipulations grotesques dans lequel elle patauge encore. Les  échos que j’ai eus récemment du tribunal administratif de Dijon devant lequel M. Rossi demandait réparation de ce qu’il a dû subir, et sa famille avec lui, me laissent accroire que si M. Rossi  sera probablement  débouté de ses demandes de réparations pour des raisons de délais, d’ailleurs contestables, car sa situation était tout-à-fait exceptionnelle, pour autant, le peu de sérieux de l’ASE  et son acharnement tout particulier seront épinglés. Pour être juste,  il n’y a pas que l’ASE qui s’est ridiculisée dans cette affaire : il y a aussi la justice avec un dossier perdu sur lequel personne ne veut conclure donc, bien que tout le monde sache très bien que le rapport de gendarmerie, dont il doit bien exister encore un double aujourd’hui, concluait à une affaire montée en meringue par un éducateur qui se voyait  très sottement déjà Calife à la place du Calife. Sa collègue et compagne s’est contentée d’un rôle assez traditionnel, quoique épicé, de  godiche houri subjuguée par son bel étalon : maintenant qu’elle est revenue de ses  bruyants égarements amoureux, il serait sûrement intéressant de la réinterroger précisément sur ce qui l’a amenée à se monter autant le bourrichon. 

 

Dans une anthologie des erreurs de l’ASE, celle de l’acharnement de l’ASE de la Saône-et-Loire à l’encontre du LVA des Bruyères pourrait se retrouver aisément à  une place de choix. Je ne souhaite pas cela pour mon ancien service, et formule donc l’espoir  que prenant le dossier avec un peu plus de rigueur et de hauteur de vue que cela n’a été le cas jusqu’à maintenant, libre de votre jugement car n’étant pas encore empêtrée dans des problèmes d’ego, vous en arriviez à un abord apaisé et objectif d’un lieu de vie qui n’a pas démérité jusqu’à présent. Allez-y tout simplement. Après tout, même César, avant de vaincre, est venu et a vu. Vous vaincrez peut-être des préjugés. Cela ne vaudra certes pas la victoire du divin Jules sur Pharnace,  Roi du Bosphore, mais cela sera déjà ça.

 

Il va de soi que je suis à votre disposition pour toute précision utile ou même vous rencontrer.

 

Très cordialement,

 

 Le 16 octobre 2018,

 

Bernard BIGENWALD

 

Voilà, c'était il y a un an. Une fois de plus, on ne m'a pas écouté. Et voilà le résultat ! 

Il y eut deux enfants victimes de la stupidité de L'ASE en 2015. Le remake a la puissance 10 de 2019 a causé  le malheur de 7 jeunes de plus : quatre qui ont été raptés, le mot n'est pas trop fort, car c'est ce qu'ils ont ressenti, et trois qui résistent : deux majeurs qui disent clairement leur fait à l'ASE, et une jeune encore mineure, qui crie son indignation avec clarté, et à qui, hier encore on interdisait illégalement tout contact avec ROSSI.  De qui se moque-t-on ? Le Président ACCARY croit-il s'en tirer en disant que ses services ont fait le nécessaire? Non, ses services n'ont fait que merder depuis plus de quatre ans, ne mettant même pas les pieds dans les lieux. Plus encore, très visiblement, André ACCARY a voulu étouffer dans l'oeuf tout retour négatif des départements extérieurs. Je vous prouverai cela par le menu, comme disait la Marquise de Sévigné, très rapidement. Vous verrez jusqu'où, au somment de l'institution qui est censée protéger l'Enfance, on peut aller dans le cynisme ! 

 

 

SUITE DE CETTE CHRONIQUE TRES BIENTÔT car les évènements se précipitent. 

 

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