POURQUOI J'AI REJOINT LES FEMENS

 

Oui, je rejoins les Femens. Vous allez dire que je déconne sec , comme d'hab, mais ma démarche , qui peut étonner de la part d'un mec dont rien n'indique, dans son physique, qu'il appartienne au sexe dit faible, apparaît néanmoins logique.

 

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D 'abord, je puis l'assurer sans fausse modestie, j'ai su batailler maintes fois contre certains pourfendeurs des Femens, tous grossiers phallocrates. les uns étaient le résultat logique de leur éducation sexo-séparatiste comme le valeureux Rachid Barbouch, les autres sont paternalo-internationalistes comme Antoine, vaillant militant du NPA, le Cardinal Tertre ( une Eminence) ou encore notre Pottier, dit Popotsky :  ceux-là craignent rien tant que de désespérer la mosquée à l'instar de  Sartre qui ne voulait pas désespérer Billancourt.  Ils   rêvent de récupérer les problèmes identitaires des loulous des banlieues  dites "sensibles" pour les mettre au service de la révolution, et sacrifier la moitié féminine de l'humanité pour ce compromis historique ne leur répugne nullement.  C'est que, voyez-vous, à mon sens, le « touche pas à la femme blanche » obsessionnel colonial a fait place au « touche pas au mâle maghrébin », tout aussi obsessionnel. La décolonisation est passée par là, et  à la bonne conscience de la ganache coloniale en chaise  portée par quatre Bantous a succédé la bonne conscience du bon blanc allant à la chasse au facho comme le colon allait naguère à la chasse au phacochère, l'indigène ("le local" comme on dit maintenant) étant dans le second cas, comme dans le premier, chargé essentiellement d'assurer, outre la tâche de veiller au confort du chasseur, celui de rabattre le gibier. Belle et intéressante évolution, qui ménage la tradition et que l'on pourrait presque qualifier de gattopardiste, du nom du chef-d’œuvre de Giuseppe di Lampedusa, que porta à l'écran Visconti. Tout changer pour ne rien changer...

 

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Je délire, direz-vous ! A peine ! J'exagère tout au plus un chouïa. C'est vrai que pour admettre que je puisse avoir quelque peu raison, il faut être doté d'une belle capacité critique, la seule, la vraie, celle qui vise à se regarder soi-même avec la même acuité que lorsque notre regard se porte sur autrui.

C'est une chose sacrément difficile ! Tenez, un exemple au hasard, prenez Antoine Perraud, chantre reconnu du participatif, défenseur de la veuve et de l'orphelin, pourfendeur des dérives rouges-brunes, bref de toutes les nuances du fascisme. Il a beau être, comme toute la rédaction de Médiapart, Frère Edwy  de la Repentance en tête, totalement révulsé par tout ce qui pourrait avoir quelque ressemblance que ce soit avec une stigmatisation déterminée par le faciès, eh bien , il n'a pu résister à publier des photos de moi, les unes déformées par un logiciel et une autre me représentant sortant de ma douche en serviette de bain : tout ça pour assurer que j'étais un " fou furieux" (sic). Je puis cependant vous assurer que le rapport entre ma tenue sur la photo et, par exemple, l'épisode où le Président Deschanel fut retrouvé errant en pyjama le long d'une voie de chemin de fer est si lointain que l'on ne peut guère tirer de ma photo les mêmes conclusions que pour Deschanel, et c'est bien trop d'honneur que m'a fait là Perraud. Déjà, pour Deschanel, c'était, de la  part de ses ennemis politiques, pousser le bouchon un peu loin que  de le faire passer pour un dingue parce qu'il était tombé d'un train; alors pensez, pour moi, qui venais juste de sortir de la douche, comme n'importe quel quidam ! Comment un être pétri de bienveillance à l'égard de l'humanité comme Perraud a-t-il pu me traiter de fou-furieux sur la seule base de quelques clichés ?  C'est là un mystère sur lequel d'ailleurs, bien des esprits médiapartiens, aiguisés  pourtant par la dénonciation de tous les malheurs du monde, de toutes ses iniquités, craignent même de se pencher, pour ne pas se trouver face à leurs propres contradictions, pour ne pas dire le nez dans leur pot de chambre.

 

Je sais bien, je finis par lasser même les mieux disposés à mon égard avec cette histoire de photos. Ne parlons pas même pas de ceux que j'évoque plus haut, et qui, tout à leur chasse au facho, trouvent bien anodin le safari photographique perraldien, rêvant pour certains, comme le doux poète Najiels, de m'avoir dans le collimateur de leur mitrailleuse. C'est qu'il regrette le bon temps de la Tchéka , ce cher jeune homme. Lui aussi, d'ailleurs donnerait volontiers un chouïa dans la discrimination au faciès, voyant dans mon œil "moins d'humanité que dans celui du Doberman" qu'il m'attribue, flanqué d'une mégère " en bigoudis" boudinée dans un jogging  ( en réalité, il faut lui rendre cette justice minimale, mon ex était une très belle méditerranéenne sans artifice, naturellement légèrement frisée, qui  n'a jamais eu une once de cellulite, et qui  aurait rendu classieuse la dernière des guenilles de chez Tati à Barbès : vous saurez tout, à force !).

 

C'est pourquoi, conscient de cette lassitude de mon lectorat, j'ai décidé de renouveler ma manière de dénoncer les curieuses dérives du divin Perraud. Puisqu'il a assuré à mon torse une publicité peu commune, pourquoi, à l'instar des Femens, ne l'utiliserais-je pas, ce torse dénudé, pour crier ma colère, comme les Femens, et lui donner une utilité politique ? Certes, je n'ai pas tout à fait les mêmes appâts, mais je suis tout de même mieux doté que Jane Birkin. Jugez-en !

Voilà ce que donne la première image de mon combat aux cotés des Femens :

 

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Je remercie vivement Antoine Perraud qui a su assurer une notoriété imprévue à mon torse, au point que j'aie pu  attirer l'attention des Femens, qui, déjà émues  par ma défense de leur cause, ont véritablement craqué ensuite devant mon combat contre l'hypocrisie de Médiapart. Elles m'ont donc sollicité comme membre d'honneur de leur mouvement. J'ai pu négocier dans ce cadre, argumentant essentiellement à partir des cas de Jane Birkin et d'Amanda Lear, afin que je puisse être dispensé de traitement hormonal, voire de castration, ce qui est généreux et  étonnera plus d'un mâle a priori craintif devant ces femmes que l'on ne peut qualifier d'amazones, mais qui en ont cependant les qualités. C'est que je suis, comme certains l'ont remarqué, et me l'ont même parfois reproché,  un peu conservateur, et ce n'est pas à 66 ans que je vais changer.

 

 

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