Bernard BIGENWALD
Cadre territorial retraité
Abonné·e de Mediapart

62 Billets

0 Édition

Billet de blog 25 août 2013

REPONSE A BEN SUR LA PUDEUR EN ISLAM

Bernard BIGENWALD
Cadre territorial retraité
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

© Nassim Algerie

Que voilà un joli billet que Ben nous a écrit,  un joli billet tout prêt à émouvoir certaines et certains, qui croient volontiers à l'accession prochaine à un monde où l'on n'entendrait que les petits oiseaux chanter, où tous et toutes  seraient ouverts à l'autre.  Ah, "l'autre "!  Quel mot merveilleux ! Même certains staliniens y sont sensibles, c'est dire ! Cf http://blogs.mediapart.fr/blog/ben/200813/ils-ont-de-la-pudeur. Cet émouvant poulet traite de "la pudeur en Islam".

Je conseille à ceux qui croient réellement à cette "pudeur",  qui me semble avoir pris un sacré coup dans l'aile, de regarder, entre autres, l'ambiance de lynchage autour d'Amina Zboui, lors de son arrestation à Kairouan, alors qu'elle n'avait pas même esquissé le moindre geste pour se déshabiller , et n'en avait pas la moindre intention, de lire ce que l'on en a raconté, qui relève du pur fantasme ou de la manipulation la plus crasse ! Où est la pudeur, là-dedans, où est le respect ? Et le respect de qui, de quoi ?

Il faudrait, il me semble, arrêter un peu de vouloir nous faire prendre des vessies pour des lanternes ! Certes, j'approuve totalement Ben de nous rappeler de quoi nous sortons nous-mêmes, les Gaulois souchiens : la mise en perspective est toujours utile.  Mais à bien y réfléchir, il exagère un chouïa. En effet,  toute l'histoire de France et tous les romans licencieux, tous les mémoires, et ce depuis des siècles,  attestent qu'entre la morale officielle et la réalité, il y a toujours eu  une sacrée différence, et qu'une certaine liberté d'esprit existait,  dont on est encore très loin encore aujourd'hui malheureusement dans les pays d'Islam.  Ceci n'a d'ailleurs pas toujours été le cas, il convient de le noter, et les musulmans instruits feraient bien de se reporter à certains ouvrages un peu "haram " maintenant, mais qui sont une part de la fierté que l'on peut tirer d'être issu  de la culture islamique. Car celle-ci   ne se réduit pas aux délires des plus tristes bigots du golfe, repris en choeur par des imbéciles frustrés.

Que l'on relise donc seulement l'extraordinaire "Histoire de ma vie" de Giacomo Casanova, dont  Blaise Cendrars , disait, à très juste titre, qu'il la considérait comme la véritable encyclopédie du XVIII siècle ! Et comparons ce témoignage aux pénibles écrits des bigots ignares islamistes qui prétendent, avec l'appui  des  relativistes les plus  débiles, et  de notre  mauvaise conscience d'ex-colonisateurs, nous faire rétropédaler de plus de deux siècles dans nos moeurs, dans notre pensée, dans nos libertés enfin, dont Dieu ou Allah,( mais pour moi, c'est juste une  façon de causer) ,  sait qu'elles furent chèrement acquises !

Certes, aujourd'hui, il y a, en pays d'Islam, si on l'observe bien, une sacrée différence aussi entre la morale préchée et les pratiques, et il y a de quoi se marrer franchement, parfois ! Ainsi, cela  relève-t-il  vraiment de la pudeur d'aller au bordel pour dégorger le poireau pour un mec ? Est-ce de la pudeur de sauvegarder son hymen, mais d'accepter de  faire des pipes et de se faire sodomiser pour une nana dite "pudique " ? Allons allons ! Est-ce  la pudeur qui pousse le chargé de recrutement dans un grand hôtel de Djerba à demander quelques privautés avant l'embauche d'une pauvre fille qui doit à tout prix aider sa famille ? L'apostrophe en arabe pour que je ne comprenne pas, d'un vendeur du souk à une amie tunisienne qui m'accompagnait dans la visite de la médina de Sousse : "n'oublie pas de le sucer!" était-elle bien respectueuse de la pudeur  de sa "soeur" en Islam ? La défense et illustration de la pédophilie par certains imams du Golfe  relèvent-ils de la pudeur ? Combien d'enfants abandonnés doivent-ils leur sort à "la pudeur" , sans même compter ceux qui sont passés directement dans la benne à ordures  ? Sont-ce la pudeur et le respect qui ont déterminé les foules d'hommes qui ont participé en pleine place Tahrir, en plein jour à des viols collectifs, notamment de journalistes occidentales ?  Voyez donc le sort qui a été réservé  au témoignage de Caroline Sinz , pratiquement censuré par FR3,  chaine pour laquelle elle travaille, comme si le fait devait être passé sous silence ! C'est si génant de voir les choses comme elles sont ? Et quid du Djihad Nikah, préché par certains imams auprès de jeunes croyantes un peu crédules pour qu'elles assurent le repos du guerrier sur le théatre de guerre syrien, lui permettant , à ce vaillant Djihadiste de vider quasi du même élan ses burnes et le chargeur de sa kalachnikov ? Belle pudeur ! Sûr qu'il est plus agréable de lire le gentil petit papier de Ben que de voir une réalité aussi crue, qui secoue un peu plus qu'elle ne berce !

http://youtu.be/aXuRUMA2418

A vrai dire, ce qui manque dans les pays d'Islam, c'est l'équivalent d'un rapport Kinsey, et après, on discutera de la fameuse "pudeur", qui concrètement est un voile d'hypocrisie, que dis-je ? une chape et rien de plus, dans des sociétés machistes. Machistes à un niveau que l'on n'imagine guère ici, ce qui permet à certains de tenir de beaux discours émouvants,  très loin de la réalité brute,  sans qu'on leur éclate de rire  au nez !

Et que certains arrêtent de me gonfler bêtement ou hypocritement avec mon "anti-islamisme", qui n'est guère en fait ma tasse d'athée, si je puis dire. L'Islam nous permet justement de porter  un regard critique sur la religion catholique, dont nous sommes pétris, quoi que l'on dise, et plus largement sur notre société.  Il le permet d'autant plus que l'Islam est  une religion très cousine du christianisme, si l'on veut bien y regarder, et que c'est aussi pour ça qu'il enflamme les passions. Les intégristes des trois religions du livre ont beaucoup de points en commun, d'ailleurs ! C'est avec les voisins que l'on s'engueule le plus souvent !

Quel texte est plus critique de nos "pudiques" islamistes que cette tirade du Tartuffe, pièce qui serait un brûlot en Afrique du Nord, sans même parler du Proche-Orient, et déclencherait des émeutes si elle y était jouée, tant elle est d'actualité, et d'une portée universelle. Je rappelle que la première version de la pièce était bien plus féroce, et qu'elle a été fortement remaniée pour la rendre plus acceptable, ce qui n'empêcha pas Louis XIV de se la faire représenter dans une version non expurgée, le coquin ! :

Voici donc la tirade de l'acte III, scène 2 :


" TARTUFFE, LAURENT, DORINE.
TARTUFFE, apercevant Dorine.
Laurent, serrez ma haire avec ma discipline,
Et priez que toujours le Ciel vous illumine.
Si l'on vient pour me voir, je vais aux prisonniers
Des aumônes que j'ai partager les deniers.
DORINE
Que d'affectation et de forfanterie!
TARTUFFE
Que voulez-vous?
DORINE
Vous dire.
TARTUFFE. Il tire un mouchoir de sa poche.
Ah! mon Dieu, je vous prie,
Avant que de parler prenez-moi ce mouchoir.
DORINE
Comment?
TARTUFFE
Couvrez ce sein que je ne saurais voir:
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
DORINE
Vous êtes donc bien tendre à la tentation,
Et la chair sur vos sens fait grande impression!
Certes je ne sais pas quelle chaleur vous monte:
Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte,
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas.
TARTUFFE
Mettez dans vos discours un peu de modestie,
Ou je vais sur-le-champ vous quitter la partie.
DORINE
Non, non, c'est moi qui vais vous laisser en repos,
Et je n'ai seulement qu'à vous dire deux mots.
Madame va venir dans cette salle basse,
Et d'un mot d'entretien vous demande la grâce.
TARTUFFE
Hélas! très volontiers.
DORINE, en soi-même.
Comme il se radoucit!
Ma foi, je suis toujours pour ce que j'en ai dit.
TARTUFFE
Viendra-t-elle bientôt?
DORINE
Je l'entends, ce me semble.
Oui, c'est elle en personne, et je vous laisse ensemble"

Voilà, qu'en pensez-vous ? Faut-il qu'après avoir trop longtemps refusé de "désespérer Billancourt ", on refuse encore de dire la rude vérité pour ne pas " désespérer la mosquée ou les banlieues dites sensibles" ?  Faut-il qu'après le "Touche pas à la femme blanche" des anciens coloniaux, on passe, par mauvaise conscience,  au "Touche pas au mâle musulman" ? That is the question . 

En tous cas, pour moi:

MERDE A L'HYPOCRISIE, QUI N'EST, SELON LE MARQUIS DE SADE, "Q'UN HOMMAGE DU VICE A LA VERTU " !!!

En cadeau, cette caricature de Z , blogueur tunisien remarquable, qui, s'il n'était arabe, se ferait certainement traiter de raciste et d'islamophobe !

Et encore :

et encore :

et encore :

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Les agentes du KGB étaient des Américaines comme les autres
Pendant la guerre froide, Russes et Américains arrivent à la même conclusion. Ils misent sur le sexisme de leurs adversaires. Moscou envoie aux États-Unis ses meilleures agentes, comme Elena Vavilova et Lidiya Guryeva, qui se feront passer pendant dix ans pour de banales « desperate housewives ».
par Patricia Neves
Journal — Corruption
Le fils du président du Congo est soupçonné d’avoir blanchi 19 millions d’euros en France
La justice anticorruption a saisi au début de l’été, à Neuilly-sur-Seine, un hôtel particulier suspecté d’appartenir à Denis Christel Sassou Nguesso, ministre et fils du président autocrate du Congo-Brazzaville. Pour justifier cet acte, les juges ont rédigé une ordonnance pénale, dont Mediapart a pris connaissance, qui détaille des années d’enquête sur un vertigineux train de vie.
par Fabrice Arfi
Journal — Écologie
« L’urbanisation est un facteur aggravant des mégafeux en Gironde »
Si les dérèglements climatiques ont attisé les grands incendies qui ravagent les forêts des Landes cet été, l’urbanisation croissante de cette région de plus en plus attractive contribue aussi à l’intensification des mégafeux, alerte Christine Bouisset, géographe au CNRS.
par Mickaël Correia
Journal — Santé
Les effets indésirables de l’office public d’indemnisation
Depuis vingt ans, l’Oniam est chargé d’indemniser les victimes d’accidents médicaux. Son bilan pose aujourd'hui question : au lieu de faciliter la vie des malades, il la complique bien trop souvent.
par Caroline Coq-Chodorge et Rozenn Le Saint

La sélection du Club

Billet d’édition
Besoins, désirs, domination
[Rediffusion] Qu'arrive-t-il aux besoins des êtres humains sous le capitalisme ? Alors que la doxa libérale naturalise les besoins existants en en faisant des propriétés de la «nature humaine», nous sommes aujourd'hui forcé·es, à l'heure des urgences écologique, sociale et démocratique, à chercher à dévoiler et donc politiser leur construction sociale.
par Dimitris Fasfalis
Billet de blog
Leur sobriété et la nôtre
[Rediffusion] Catherine MacGregor, Jean-Bernard Lévy, et Patrick Pouyanné, directrice et directeurs de Engie, EDF et TotalEnergies, ont appelé dans le JDD à la sobriété. En réponse, des professionnel·les et ingénieur·es travaillant dans l'énergie dénoncent l'hypocrisie d'un appel à l'effort par des groupes qui portent une responsabilité historique dans le réchauffement climatique. Un mea culpa eût été bienvenu, mais « difficile de demander pardon pour des erreurs dans lesquelles on continue de foncer tête baissée. »
par Les invités de Mediapart
Billet de blog
De quoi avons-nous vraiment besoin ?
[Rediffusion] Le choix de redéfinir collectivement ce dont nous avons besoin doit être au centre des débats à venir si l'on veut réussir la bifurcation sociale et écologique de nos sociétés, ce qui est à la fois urgent et incontournable.
par Eric Berr
Billet de blog
La sobriété, c'est maintenant ou jamais
Le bras de fer en cours avec la Russie autour des énergies fossiles est l’occasion d’entrer de plain-pied dans l’ère de la sobriété énergétique. Pourtant, nos gouvernants semblent lorgner vers une autre voie : celle qui consiste simplement à changer de fournisseur, au risque de perdre toute crédibilité morale et de manquer une occasion historique en faveur du climat.
par Sylvain BERMOND