Le Seigneur des anus.

Pour le club. Trois bellâtres romantico-médiatiques mènent le bal, presque au même moment. Onfray, Zemmour, Houellebecq, tous ultra modernes mais peut-être bien inspirés par d'autres célébrités comme les trois pieds Nickelés, les trois Gorgones, les trois Rées, et bien sûr les trois Grâces. L'histoire se répète, Le chiffre trois est décidément imbattable.

            Le  Seigneur des anus

  On clique quelque part et on trouve facilement '' Onfray se dit censuré par la gauche '' . Rien d'étonnant, le type est bougrement lourdaud et scato. Il s'en repaît et avoue lui-même : '' Je suis excessivement terre-à-terre '' ?  ça peut ne pas plaire ! Alors pas de chichi, un aller pour le catch as catch can . Il ne faut pas être foncièrement de gauche pour secouer le malappris. Je suis sûr qu'un curé de modeste extraction pourrait lui frictionner les oreilles, en marge du confessionnal.

Pitié messieurs les pilotes d'émissions salaces. On voudrait du moins crado, disent des foules de gens normaux. On aspire à autre chose. Pour le carnet de notes cette maladie s'appelle coprolalie. La voilà médiatiquement adulée. Les psychiatres essayent de soigner ces patients qui profèrent des mots fécaux à tout bout de champ. Nos coprolaliens ont soulevé des hordes de gourdins indignés. Les directeurs de chaînes seraient bien inspirés s'ils tenaient à distance ce genre de délations scatologiques. Saloper l'autre par le cul ! ça la fout mal, c'est minable, c'est grossier et ça pue.

Sa lettre au Président Macron vaut un chouïa d'attention, même si tout le monde peut en faire autant. C'est la voie simpliste qui, faute de contenus, s'en prend à l'effigie centrale, une sorte de jalousie hargneusement supputée. On ingurgite le ragot ( les Vamps sont mille fois mieux ), une sorte d'enfumage qui pinaille sur les broutilles en masquant le sujet central, qui dorlote les états d'âmes pour qu'enfin se présente ... magistral, solennel, rubicond, sonnez trompette ... le voici, le voici, le doigt putride, le majeur de promotion, celui qu'on introduit dans le sphincter pour aller tâter la prostate, et qu'on ressort dégoulinant. C'est pas là qu'on passe !... triste portique.

Le paparazzo a peaufiné le cadrage. Souriez les biquets ! A cause d'une paluche furtivement posée sur une cambrure antillaise le président serait peut-être bien homo ? Dites donc, ça pourrait des fois faire un tabac, relancer la jactance. Et tac, bouton rouge, on propulse l'avanie dans l'égrégore national. Le truc est quand même un peu facile, en tout cas très régalien de la part de celui qui croit s'en régaler et qui en réalité s'enfonce dans le moins que rien. 

Bruce Toussaint, Charlotte d'Ornellas, tous sur le pont ! '' Il le met où le doigt, dans le cul ? '' Dans celui du président ou dans celui du lambda ordinaire ? On ne sera pas trop étonné de voir bientôt sur l'écran télé la publicité " Brise d'anus '' remplacer les fioles du parfum Dior. Humes les amis !

J'ai souvent remarqué ce trait maladif. Pour peu qu'un preux se trouve coincé dans sa trop grande conviction, ou s'il est à court de munition, ou simplement s'il veut s'arroger l'audiflash de la semaine, il bascule dans les organes inférieurs, jusqu'à fabriquer des érection entendues ou sous-entendues en veux-tu en voilà ! Trouvez-moi un bon médecin-spécialiste capable d'étudier ce syndrome gavé de raideurs organiques. Le doigt gangrené gagne peu à peu la main et bientôt le bras, d'honneur lui aussi.  Ce membre cassé fut nerveusement arboré par le sénateur et ancien ministre Gérard Longuet, façon d'insulter toute objection contre les tortures pendant la guerre d'Algérie. Son collègue du FN l'avocat Gilbert Collard semble avoir honoré la même érection brachiale. Ils approuvent donc la feue colonisation de l'Algérie. On rattachera ces bravades à l'Ancien Testament où '' Le bras tendu de Yavhé est une image phallique qui n'échappe à personne ; à force d'être répétée, elle prend un caractère trouble '' ( Emile Gillabert ). On la flaire partout où ça pérore. Bref, les raideurs digitales et brachiales sont les signes des pouvoirs dominateurs. 

Onfray n'est pas le seul à tourner dans la bauge porcine. Il y a aussi Zemmour et Houellebecq. Ne pas oublier les collègues du consortium. Voilà trois écrivains français qui n'ont pas encore ausculté la langue française, laquelle est charpentée par quatre cents mot empruntés aux arabes. Plus de quatre cents mots que les autochtones n'ont pas pu inventer du temps où ils étaient abrutis par l'Inquisition, leur Inquisition. Pendant que l'obscurantisme du Moyen Age européen ligaturait gravement les cerveaux et brûlait les Cathares, les arabes de Cordoue et de Tolède édifiaient une civilisation évoluée et raffinée, dans tous les domaines de la science , de la philosophie, de la médecine et des arts. Quatre cents mots usuels que nous avons empruntés et que nous utilisons tous les jours comme si de rien n'était. Ils sont passés dans nos gènes. Ces écrivains ne savent pas ce qu'ils doivent aux arabes de Cordoue et de Tolède. Quand on emprunte et qu'on utilise ce qui n'est pas tout à fait à soi, mais qui le devient peu à peu au cours du temps, tout être civilisé a l'occasion de dire merci. Pensez-vous, ils croient que la langue française est sortie du froc de Charlemagne ... encore une fake news. On peut aussi leur faire avaler ce gros canular : Charles Martel aurait battu les arabes à Poitiers ...

Ces quatre mots usuels qui étayent la langue française ne seront jamais commentés dans la Citadelle de Lille, repère identitaire de loubards racistes qui ont surtout besoin d'un bon toubib ( mot arabe ) pour soigner leur castration mentale. Ces types qui profitent de situations à peine cocasses et qui font ronfler l'audiflash ... c'est qu'ils n'ont plus rien à dire. Basta les contenus, vive le trou du cul ! Les gonades rutilent quand le cerveau décline. L'équilibre est rompu, cherchez la rime. Avec ou sans sérotonine, la cure sera longue. *

La triplette s'ébroue. Onfray visite assidûment les fondements antillais. Houellebecq abhorre Niort et fait chialer les chaumières, l'insolent Zemmour reproche à Hapsatou Sy de s'appeler Hapsatou Sy. Elle aurait dû s'appeler Gertrude Dupont ou Ernestine Chatel. Mais mieux vaut se faire plaindre que d'être ignoré. M'sieur, y a un sarrasin qui m'a volé mon quatre heures à la récré !  D'après Onfray, le Président '' n'apprécie pas  un certain nombre d'intellectuels, dont  ma pomme ! ''. Tiens donc, Onfray serait un intellectuel ? J'avais pas remarqué ! Un intellectuel aussi chosifié  ne paraît pas pouvoir honorer ce titre. Une chose n' est crédible  qu' immergée dans sa non-chose, dirait le Tao. Trop complexe disent les bourrins. Avec ça, on est bien monté ! La culture française peut se tambouriner le poitrail de ses puissants petits moignons. rappelons que Houellebecq avait insulté l'Islam en traitant cette religion de '' conne '' ... et pourtant, il s'en sert assidûment. Pas moins d'une vingtaine de mots dans sa Thalidomide. A -t-il été nommé Chevalier de la Légion d'honneur à cause de son soufflet anti-Maures ? La reconnaissance n'est pas son fort, ni sa tasse ( mot arabe ) de thé.

La scène la plus mirifique revient à Onfray, un sommet de fatuité : '' Quand je prends le train, de l'autre côté de la vitre, je vois des gens qui me font signe. '' C'est bien, continuez ! ''. Ils forment une haie d'honneur le long de la ligne de chemin de fer. et ça, les élites ne le voient pas ''. Il baigne dans son jus le preux Michel, pâmé sous les applaudissements du bon peuple. Une haie d'honneur pour moi tout seul. Les élites n'ont pas encore reconnus ma magnificence. N'est-ce pas régalien cette autosatisfaction, ce plébiscite ferroviaire. J'exulte, je suis élu par acclamation, comme nos prestigieux rois de France. Vive le roi et moi, et surtout vive moi !

Pendant ce temps nos bombardiers franco-américo-sioniste coalisés font deux cent cinquante mille morts à Moussoul et à Raqqa. A taire, roulez carrosse ! Bruce Toussaint va le réinviter à BFMTV, avec les deux livres qui suivent ce sera parfait.

* La culture, on l'entretient tous les jours :

1 )  '' Dictionnaire des mots français d'origine arabe ''. Salah Guemeriche, Edition Seuil.

2 )  ''  Nos ancêtres les arabes. Ce que notre langue leur doit ''. Jean Pruvost. Edition Lattès.

 

           Bernard  Cattiaux  01

 

 

 

 

 

 

 

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