Covid-19 : jusqu’à quand 350 décès / jour sera t-il accepté ?

Dans le point presse du 18 Février, le ministre de la santé Olivier Véran, affublé d’une directrice de recherche de l’Inserm confuse dans ses explications, n’ont pas réussis à rassurer les français sur la situation préoccupante liée aux variants. Le ministre exhorte les Français à respecter les mesures barrières, pour ne pas avoir à re-confiner à la fin des vacances scolaire ….

Dans son point presse du 18 Février 2021, le ministre de la santé Olivier Véran annonçait que la situation dans le Nord était préoccupante, et tout particulièrement à Dunkerque dont le taux d’incidence atteignait 600 pour 100 000 habitants.

Les données de Santé Publique France au 20 Février 2021 sont les suivantes :

France :

  • Taux d’occupation des lits de réanimation : 66,9%
  • Taux d’incidence : 191
  • Taux de reproduction effectif : 0,93
  • Taux de positivité : 5,98%

Département de la Moselle :

  • Taux d’occupation des lits de réanimation : 64,1%
  • Taux d’incidence : 283,3
  • Taux de reproduction effectif : 0,9
  • Taux de positivité : 5,6%

Département du Nord :

  • Taux d’occupation des lits de réanimation : 80,1%
  • Taux d’incidence : 247,7
  • Taux de reproduction effectif : 1,1
  • Taux de positivité : 6,9%

Le taux d’incidence est fonction d’une part du taux de positivité et d’autre part du nombre de tests effectués. Ainsi en France 3 193 personnes sont testées pour 100 000 habitants, alors quand Moselle il y a 5 058 personnes testées pour 100 000 habitants. Dans le département de la Moselle il y a 60% de personnes testées en plus que la moyenne nationale. Plus on test, plus on trouve de cas, rien de plus normal.

Malgré un taux de variants dit « Britannique » de 36% des cas positifs sur le sol Français, la courbe des cas déclarés semble de pas progresser. Un grand nombre de virologues, d’épidémioloques s’en étonnent, et n’ont pas d’explication.

Et pourtant on nous laissait entendre qu’avec 50% à 70% de contagiosité supérieure au Covid « normal », il était inéluctable que  les courbes allaient monter de façon exponentielle.

Y aurait-il eu confusion entre le taux de reproduction initial R0 et la contagiosité ?

Le R0 (en l’absence de toute mesure barrière) a été estimé entre 2,3 et 2,8 en France avant la première vague. On peut lire sur la toile que le variant dit « britannique » est 50% à 70% plus transmissible, mais que le R0 augmenterait de 0,4 à 0,9.

En appliquant les gestes barrière (masques, gel hydroalcoolique, lavage des mains, aération, etc …) le taux de reproduction effectif Reff mesuré par Santé Publique France serait peu affecté par l’augmentation de la transmissibilité du variant, ce qui pourrait expliquer que les courbes restent plates (Reff voisin de 1, avec un niveau très élevé : voisin de 20 000 cas / jour).

En effet le SARS-CoV-2 se transmet depuis une personne infectée vers une personne non infectée par deux voies principales :

  • le contact direct avec la personne infectée ou une surface qu’elle a contaminée,
  • la transmission aérienne (ou aéroportée) du virus via des gouttelettes ou un aérosol émis par la personne infectée.

Selon un récent article de l’Inserm le temps de contagion serait plus long, c’est la raison pour laquelle Olivier Véran va passer le temps d’isolement de 7 jours à 10 jours pour les personnes positives. Le ministre a fait une grave erreur en diminuant le temps d’isolement de 14 jours à 7 jours, car dès 2020 de nombreuses publications [1] donnaient des temps d’incubation de 2 jours à 20 jours, basés sur des distributions de Weibull.

[1] : temps d’incubation du Covid-19 au Vietnam (Décembre 2020)

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