Nucléaire: sortir de ce bourbier!

Depuis le 9 avril où j'écrivais bien trop vite il y a eu d'autres réactions autrement plus fouillées et argumentées...

Depuis le 9 avril où j'écrivais bien trop vite il y a eu d'autres réactions autrement plus fouillées et argumentées, particulièrement celle de Benjamin Dessus, ici, http://blogs.mediapart.fr/blog/benjamin-dessus/100415/poursuite-du-nucleaire-la-charge-de-la-preuve-change-de-camp dont je recommande la lecture. Et puis il y a cette fameuse cuve de l'EPR de Flamanville et ces mauvaises nouvelles : http://m.20minutes.fr/planete/1582915-epr-flamanville-anomalie-signalee-mardi-signe-fin-projet

Voir ici : http://www.asn.fr/Informer/Actualites/EPR-de-Flamanville-anomalies-de-fabrication-de-la-cuve

Procéder au remplacement serait très difficile...

"Bétonnage du fond de la piscine du réacteur

Suite à l’introduction de la cuve l’an dernier et la réalisation des soudures reliant la cuve aux branches du circuit primaire principal, les opérations de finitions du fond de la piscine réacteur ont démarré.

Les équipes de Cofely Endel, NFM et Bouygues, avec l’appui des équipes EDF,ont réalisé le coffrage, le ferraillage et le bétonnage du fond de la piscine du réacteur, appelé «anneau limonier», autour de la cuve du réacteur.

Un coffrage spécifique a d’abord été installé à l’aide du pont de manutention et d’un palonnier conçu sur mesure. Puis les équipes ont entamé le ferraillage du coffrage tout autour de la cuve afin de le fixer aux parois de la cavité réacteur. Enfin, une première couche de béton a été coulée pour sceller l’ensemble. Par la suite, une seconde phase verra l’application d’une seconde couche de béton, qui ouvrira la voie aux opérations de finitions du liner en inox de la piscine."

À lire ici : http://energie.edf.com/nucleaire/carte-des-centrales-nucleaires/actualites-du-chantier-53185.html.

(Il s'agit du site d'EDF)

 

Ce jeudi 9 avril, sous le titre « Mix électrique 100% renouvelables : sortir du nucléaire à moindre coût, c’est possible mais ça dérange ! » Michèle Rivasi réagit à la révélation par Mediapart du rapport commandé par l’Ademe qui « démontre bien l’omerta imposée par l’industrie nucléaire sur l’avenir énergétique et électrique de la France. »

Ici : http://www.michele-rivasi.eu/medias/mix-electrique-100-renouvelables-sortir-du-nucleaire-a-moindre-cout-c%E2%80%99est-possible-mais-ca-derange/

Un lien qui permet de télécharger ce rapport de l’Ademe se trouve dans l’article de Mediapart écrit par Christophe Gueugneau et Jade Lindgaard « Energie : le rapport caché sur une France 100% renouvelable » (08 avril 2015) : http://www.mediapart.fr/journal/france/080415/energie-le-rapport-cache-sur-une-france-100-renouvelable

Pour comprendre les enjeux il est vivement conseillé de télécharger les « Chiffres clés de l’énergie - Édition 2014 » publiés par le Commissariat général au développement durable disponible ici http://www.developpement-durable.gouv.fr/Chiffres-cles-de-l-energie-Edition,42287.html.

La consultation du diagramme de Sankey « Ensemble des énergies – Bilan énergétique de la France en 2013 (Mtep) » page 8 et 9 demande un effort de lecture à qui n’est pas entrainé mais cet exercice est particulièrement instructif.

La lecture éclairée ( !) de la page 12 montre que la part du résidentiel-tertiaire dans la consommation finale d’énergie est de 41,7% ce qui donne du crédit aux scénarios du type Négawatt, (avec des économies d'énergie, par exemple dans le chauffage) tant décriés. Voir ici :

http://www.negawatt.org/scenario-negawatt-2011-p46.html

Je rappelle des chiffres pour 2007 : En France, la part du nucléaire est de 76,8 % (2007) dans la production d'électricité. L'électricité nucléaire représente 17,7 % de la consommation finale d'énergie, puisque la part de l'électricité est de 23,0 % de l'énergie finale consommée.

(Energie primaire, énergie finale et électricité nucléaire,  http://futura24.voila.net/energie/electri_nucle.htm)

 Et je compte sur le lecteur pour qu’il fasse les calculs pour 2013 !

Bref il semblerait bien que l’on puisse se passer du nucléaire, s'il ne s'agissait que de besoins en énergie. Mais plusieurs rationalités sont à l’œuvre : on ne peut faire l’impasse sur tous ces groupes de pression qui sont en place ni sur une confiance aveugle dans les bienfaits du nucléaire, confiance qu’aucune catastrophe n’a pu ébranler. On ne peut faire l’impasse sur un système dans lequel la vie n’a que peu de prix ni sur la situation de tous ces travailleurs qui risqueraient de perdre leur emploi.

 Malgré tout admettons que l’on tombe d’accord pour changer de voie pourrait-on pour autant « sortir du nucléaire » ?

Que se passe-t-il après l’arrêt d’une installation ?

Voici ce que dit l’ASN :

En France (en 2008)  plus d'une trentaine d'installations nucléaires, dont les 8 réacteurs constitutifs du premier parc électronucléaire d'EDF, sont actuellement en phase de mise à l'arrêt définitif et de démantèlement. Le démantèlement des installations nucléaires est le plus souvent constitué d'opérations de longue haleine, constituant des défis pour les exploitants en termes de gestion de projets, de maintien des compétences et de coordination des différents travaux.

Et plus loin à la rubrique «  risques et enjeux » :

Même arrêtées, les installations nucléaires en fin de vie représentent des risques qu'il convient de maîtriser. Les matières radioactives doivent être évacuées et l'installation démantelée puis assainie.
 
Ces opérations présentent des enjeux particuliers en termes :

  • de dosimétrie, les travailleurs devant aller bien souvent au contact des équipements qui contenaient des substances radioactives pour les démonter ;
  • de gestion des déchets radioactifs, qui sont produits en quantités bien plus importantes que lors de la phase d'exploitation ;
  • de risques classiques, dans la mesure où certaines opérations de démantèlement s'apparentent aux travaux de déconstruction pratiqués dans le BTP;
  • de risques liés à la perte de mémoire de conception et d'exploitation, et du maintien des compétences;
  • de risques liés à une surveillance inadéquate pouvant entraîner sur le long terme la pollution du site ou de son environnement.

 

 À lire le dossier, ici :

http://www.asn.fr/Informer/Dossiers/Le-demantelement-des-installations-nucleaires/Risques-et-enjeux

Et pour s’informer, réfléchir collectivement, participer à la réunion suivante :

LE BOURBIER NUCLÉAIRE : DÉMANTÈLEMENT & DÉCHETS

 Samedi 18 avril à partir de 17 h

Mairie du 2ème arrondissement

Métro Bourse.

Première heure -- interventions de

Philippe Dubart (travailleur du nucléaire, impliqué dans le démantèlement),

Philippe Billard (syndicaliste à la CGT),

Michel Guéritte (impliqué surtout dans la lutte autour du traitement des déchets),

Chantal Cuisnier (militante s’intéressant au démantèlement).

 Ensuite, débat entre participants.

 

Les nucléocrates français ont tout fait pour rendre l’arrêt du nucléaire avant la catastrophe le plus difficile possible, et abordent aujourd’hui la question du démantèlement des vieilles centrales comme s’il s’agissait d’un matériel anodin, d’une industrie comme les autres, d’un choix sans conséquences sur la société. Or, il n'en est rien.

Si demain la production électronucléaire (aujourd’hui en faillite ) finissait par être arrêtée, les difficultés ne s’arrêteraient pas pour autant.

La question du démantèlement se pose depuis que le choix du nucléaire a été fait, mais elle a été longtemps esquivée par les autorités. Et pour nous, les opposants au nucléaire, c’est un sujet relativement nouveau, qui va nous poser des problèmes nouveaux.

Outre les difficultés techniques multiples que le démantèlement présentera quelle que soit l'option choisie, il s'agit de prendre en compte les dangers du recours à la sous-traitance, les risques pour la population et l’impossibilité du « retour à l’herbe ».

Il ne s'agit pas de trancher à la place des "responsables" institutionnels le débat, complexe, entre démantèlement immédiat et démantèlement différé, mais seulement de collecter et de partager le maximum d'informations à notre disposition afin de nous éclairer dans la poursuite de notre lutte contre le nucléaire.

La question des déchets est aussi relativement nouvelle, cette fois-ci surtout pour les nucléocrates qui l’ont longtemps occultée jusqu’au début du XXIe siècle. Elle est souvent réduite au débat entre stockage en subsurface ou enfouissement. Elle se pose aujourd'hui concrètement à travers la bataille pour ou contre l'enfouissement à Bure, mais aussi les dégâts déjà visibles sur la santé des populations, notamment à Soulaines, et les risques que les transports de matières radioactives font courir à la population.

Tout cela prouve qu'avec le nucléaire on n'est pas près d'en finir. D’où la nécessité d’arrêter la production électronucléaire avant la catastrophe, afin de mettre fin à l’accumulation de problèmes laissés en héritage aux générations futures.

 

Collectif contre l'ordre atomique

LCM (Les Chapeaux Melons) Collectif pour l'arrêt immédiat du nucléaire

Idf-décroissance.

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