Rêveries d'un antinucléaire... (02)

Au moment même où un spectre hante le Monde – le spectre de l’arrêt du nucléaire, le mouvement antinucléaire est en crise répète-t-on ici ou là. Peut-être ! Mais s’il y a un moment pour s’interroger sur l’adversaire auquel ce mouvement prétendait, prétend encore s’affronter, c’est bien celui-là. Cet adversaire, quel est-il et quels sont les moyens dont il dispose ?

J’avais l’intention, mais je ne suis pas du tout à l’aise dans ces dispositifs, de mettre en cause la problématique imposée par quelques camarades : il s’agissait, si j’avais bien compris, d’examiner la responsabilité du mouvement antinucléaire ou de certaines de ses composantes dans l’échec de la contestation ou dans le succès du programme électronucléaire français.

Je rêvais de commencer mon intervention de cette manière.

Au moment même où un spectre hante le Monde – le spectre de l’arrêt du nucléaire, le mouvement antinucléaire est en crise répète-t-on ici ou là. Peut-être ! Mais s’il y a un moment pour s’interroger sur l’adversaire auquel ce mouvement prétendait, prétend encore s’affronter, c’est bien celui-là. Cet adversaire, quel est-il et quels sont les moyens dont il dispose ?

De toutes les façons nous avons assisté à un piratage en règle de « notre » atelier, ce qui a eu pour effet d’empêcher la discussion, et d’apporter de l’eau au moulin de ceux que j’aurais aimé combattre amicalement : « Gardez-moi de mes amis. Quant à mes ennemis, je m’en charge ! » pour paraphraser Voltaire. Sauf que mes véritables ennemis, nos ennemis en l’occurrence, les partisans de l’énergie atomique, ils semblent faire ce qu’ils veulent, que nous nous en chargions ou non.

J’espérais terminer ma prise de parole en disant : « Antinucléaires de tous les pays, unissez-vous ! ».

Tout cela si j’avais su vaincre ma timidité et si nous avions pu empêcher des Ibères[1] de prendre toute la place. Je n’envisageais pas de proposer la création d’un parti antinucléaire mais j’aurais bien aimé que l’on s’attarde sur ces questions : « Qu’est-ce que c’est que la lutte antinucléaire ? Qui sont nos adversaires ? De quels moyens disposent-ils ?  Comment lutter ?»

Le forum débutait le matin, le jeudi 2 novembre 2017. J’achetais Libération pour m’occuper dans le métro. Je me rendais au forum et, qui sait, ce journal aurait pu traiter quelque sujet se rapportant de près ou de loin au nucléaire. La quatrième page du journal « Libération » ( ?) était entièrement verte, de la couleur d’une publicité d’EDF pour « les nouvelles offres vertes par EDF » qui disait : « Qu’est-ce qui est vert et qui s’occupe bien des moutons ? ». Belle entrée en matière pour réfléchir aux luttes avant de se retrouver parmi des camarades avides de s’instruire : EDF avait bien choisi son moment pour se rappeler à notre bon souvenir et pour faire étalage de son cynisme et de sa force.

Les communicants d’EDF nous défiaient, me semblait-il, en laissant entendre qu’avec les écolos les moutons sont bien gardés. Ils nous rappelaient qu’à EDF ils ont leurs entrées (payantes ?) dans des médias comme Libération. En outre, ce qui à mes yeux est le plus important, ils proclamaient : « les écolos, c’est nous. »

(à suivre)

 

[1] Le Mouvement ibérique antinucléaire (MIA), qui réunit une cinquantaine de mouvements écologistes et citoyens.

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