Le Centre crée le mouvement aux municipales.

Désormais, la radicalité positive vient du centre. Un centre capable par ses alliances innovantes d’aller constituer les équipes transverses à venir. Un centre n’hésitant pas à aller à la rencontre de nouvelles personnalités politiques émergentes. Et il y en a à droite comme à gauche.

Et les signes précurseurs d’un changement sont là. Les municipales de mars prochain le montrent, tout spécialement dans le département des Hauts-de-Seine, où un nouveau souffle est perceptible et en demeure de balayer quelques caciques de la vielle politique politicienne, souvent corrompus par ailleurs.

On voit donc s’illustrer un centre qui s’assume, qui assume la difficulté qu’il a rencontré dans le passé à tenir ce cap qu’avait fixé François Bayrou depuis longtemps, dans ses livres, ses discours, ses batailles électorales. Ce cap d’indépendance, de principes et de valeurs, qu’ils se sont approprié et portent sans complexe, à l’étonnement de ceux qui se sont englués dans leurs jeux de vieux renards surannés.

Cette difficulté, on le sait bien, ne tient pas aux thèses que le Modem défend. Elle vient du système politique français lui même, dont la constitution, faite sur mesure par de Gaulle pour lui même, a pu jouer son rôle jusqu’à ce qu’elle soit pervertie par le règne de l’argent, une fois que les gaullistes de gauche, issus de la résistance, aient disparu.

Après quoi s’est installé la possibilité d’une alternance droite gauche dans laquelle a sombré l’âme de la Ve République.

Un dualisme nécrophage s’est installé, dont a profité la droite et la gauche, mais dans lequel a disparu la possibilité pour une grande partie des citoyens d’être représentés et donc de se faire entendre.

Crispation à droite et à gauche.

Sont en train d’en sortir deux mouvements inverses et semblables, de crispation à gauche et à droite.

A droite c’est la coupure au sein de l’UMP, pas toujours nette, entre ceux qui dérivent vers les thèses lepénistes et ceux qui tentent de rester sur des positions de droite républicaine, mais qu’on sent bien fragiles, face aux mobilisations de la droite traditionnaliste. On n’entendait plus celle ci depuis la disparation de l’excommunié  Mgr Marcel Lefebvre, mais leur parole s’est libérée après celle de l’extrême droite.

Le risque existe donc que la droite fréquentable sombre dans cette conjoncture, d’autant plus si Sarkozy confirme son retour, lui qu’aucun principe n’arrête pour ramasser des voix.

A gauche, c’est le manque dune doctrine claire qui encourage des dissensions qui ne sont pas encore des scissions, mais qui pourraient les annoncer.

Le recul devant le pouvoir réel ou supposé de l’argent, le suivisme derrière les thèses toujours revivifiées du Medef qui obtient tout et n’offre rien, la capitulation devant les manifestants du 3 février, que Le Monde décrit « comme une droite militante, volontiers rétrograde, pour ne pas dire réactionnaire », a conduit l’exécutif a reculer plusieurs fois, et vient de l’amener à  retirer son projet de loi sur la famille, alors qu’il ne contenait ni PMA ni GPA, ce que prétendaient dans une désinformation réussie les organisateurs de la manif. Le plus ahurissant aura été la pression sur Hollande et Ayrault  de Manuel Valls qui, comme l’écrit Hélène Bekmesian dans  Le Monde, « franchit sa ligne de couloir gouvernemental ».

Cette situation, de plus en plus troublée à droite, à gauche, mais aussi au centre, où le rapprochement de François Bayrou et de Jean-Louis Borloo a du mal à passer auprès de leurs militants mis devant le fait accompli, suscite des prises de positions renouvelées mais bien souvent nouvelles pour les municipales.

Mais des militants travaillent à la relève.

On assiste un peu partout à la constitution de liste où des centristes, bien accueillis, s’allient avec des maires respectables de l’UDI ou de l’UMP, mais plus souvent encore avec des têtes de liste PS.

On voit des militants du PS, encore il y a peu opposés à des alliances avec le Modem, considérer avec intérêt ces militants qui les rejoignent au nom du respect de leur valeurs, car opposés à soutenir des maires sortants qui ne signeraient jamais la charte Anticor qu’eux mêmes ont signée.

On trouve des accords de ce genre partout en France. MoDem et UMP à Bordeaux autour de Juppé, Modem et UDI à Nantes sous le drapeau de l’Alternative, Modem et PS à Dijon à la grande rage de Sauvadet de l’UDI qui désinforme à tout va, expliquant que François Deseille n’a pas l’investiture du Modem, alors qu’il n’en a pas besoin, n’étant pas tête de liste. C’est F3 Bourgogne qui joue les arbitres en expliquant : «  François Bayrou considère que les questions partisanes passent au second plan, après la nécessité d'avoir de bonnes équipes pour gérer les villes ».

Et les Hauts-de-Seine en sont le meilleur exemple.

Une situation qui se reproduit en de nombreux endroits dans les Hauts-de-Seine.

Comme par exemple à Vanves, où l’UDI Bernard Gauducheau, qui roule dans la circonscription et à GPSO, l’intercommunalité, dans le sillage de Santini, son voisin d’Issy-les-Moulineaux, désinforme lui aussi. Il qualifie les militants du Modem de Vanves comme ayant toujours été de gauche. Pour la seule raison qu’ils viennent de faire alliance avec Antonio Dos Santos. Celui ci, certes du PS, est surtout très apprécié des vanvéens pour avoir dirigé pendant onze ans l’établissement « Le Rosier Rouge », une association des Cités du Secours Catholique qui oeuvre dans le domaine social de de la santé.

Pour réponse au maire sortant de Vanves, les militants démocrates lui sortent leur carte du MoDem, et certains d’entre eux leur ancienne carte de l’UDF, le parti que présidait François Bayrou et qui a donné naissance en 2007 au Modem.

Antonio Dos Santos ayant signé la charte de l’association de lutte contre la corruption Anticor ces centristes « de gauche » mettent au défi Bernard Gauducheau et André Santini d’en faire autant.

Les militants du Modem d’autres villes du 92 lancent le même défi à quelques maires ou anciens maires qui se représentent.

A Joëlle Ceccaldi-Raynaud, à Puteaux, que menace Christophe Grébert du Modem ; à Balkani, l’homme qui avale les caméras, à Levallois ; à Schuller, le revenant de Clichy ; à Manuel Aeschlimann à Asnières, condamné en appel en 2011, que la plupart des militants UDI abandonnent pour une alliance avec la Modem Blanche Mühlmann ; etc. Et last but lot least, André Santini, à Issy, où Fabienne Gambiez, qui s’était opposée à lui pour les législatives, fait alliance avec le jeune tête de liste du PS,  Thomas Puijalon.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.