Covid 19 De la responsabilité en politique

Quelques hommes et femmes politiques avaient dès les années 2000 compris l’enjeu du risque épidémique. Et pris les mesures qui s’imposaient. D’autres ensuite ont déconstruit cela pour de mauvaises raisons. Toute une classe politique, toujours au pouvoir, ou voulant le reprendre, est responsable.

Quelques rares hommes ou femmes politiques avaient dès les années 2000 compris l’enjeu du risque épidémique. Et pris les mesures qui s’imposaient, déconstruites ensuite par les tenants néolibéraux de l’affaiblissement de la puissance publique.

De multiples témoignages, des enquêtes, des articles, des libres propos, depuis deux mois en ont fait état. Mais à ce jour aucune enquête comme celle que Le Monde commence à publier aujourd’hui n’a été plus claire.

C’est avant tout l’idéologie d’un système, largement décrié par ailleurs à chaque crise sociale, à chaque tentative de réduction des acquis de 1945, issus du programme du CNR (Conseil national de la Résistance), qui est la cause de ce qui fait scandale aujourd’hui. Le traitement constamment contradictoire des injonctions de nos gouvernants, comme le dit entre autres, Remy Brauman, ex-président de Médecins sans frontières, en poursuit la logique d’incompétence.

« En France, la première réunion de crise sur le Covid 19 se termine par une annonce sur les retraites et donne l’impression d’une instrumentalisation à d’autres fins que la lutte contre l’épidémie », dénonce-t-il, précisant : « Quand on n’a pas la confiance, l’autorité s’exerce par la dureté.

C’est exactement ce que les Français vivent et ne supportent pas. Le nombre de dérapages policiers est important et peu rapporté par la presse. La multiplication des contraventions à 135€, sans humanité de la part des polices ou de la gendarmerie, et donc sans intelligence, nombreux sont celles et ceux qui en ont souffert, directement ou indirectement.

La crise financière de 2008 a rendu visible les tares cachées du système, emprise de la finance sur notre monde, banques perverties par le recyclage de l’argent sale, monnaie casino, multinationales aux bilans truqués, etc. Ce système qu’il fallait d’évidence revoir, nous y vivons encore. Et les conséquences, tout à la fois de ce qui n’a pas été fait, mais aussi tout ce qui a été défait, nous en payons les dividendes aujourd’hui.

Car la même classe politique, maquillée sous ce faux rajeunissement qu’est le macronisme, toujours au pouvoir, refait les mêmes erreurs et montre la même incapacité à diriger.

Le procès auquel le président et ses ministres, l’État représenté par les préfets, certaines administrations, ne pourront échapper, devra être également élargi à ceux qui par le passé ont pris les mauvaises décisions, sous de faux prétextes. L’enquête du monde le révèle. Des ministres dans les années 2000 avaient pris la mesure du risque épidémique et mis en place une politique responsable. Ils ont noms, Bertrand, Douste-Blazy. Des sénateurs avaient publié un rapport, (Jean-Pierre DOOR, Marie-Christine BLANDIN, au nom de l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques), l’IGA (Inspection générale de l’administration) avait en avril 2005 rendu un rapport resté secret et barré du tampon « Confidentiel ». Sa lecture, 15 ans après, laisse pantois. Tout ce que nous venons de vivre y est décrit. Je ne cite pas plus. Il faut lire le Monde aujourd’hui. Encadrez l’article, pour ne pas oublier demain, quand on voudra nous raconter des histoires.

Reste la question sécuritaire dans laquelle on tente de nous enfermer. Et qui réclame notre vigilance. Qui légitime même, peut-être   notre désobéissance civile, comme en débattent Frédéric Gros, professeur à Sciences-Po, et Pierre-Henri Tavoillot, philosophe, dans la lettre de Philosophie Magazine, en accès libre sur le net.

« L’état d’urgence sanitaire ne doit pas devenir un levier pour culpabiliser toute forme de contestation en la jugeant irresponsable » nous disent-ils. Ajoutant : « le sens critique ne peut être suspendu. Obéir en citoyen, c’est se donner des raisons d’obéir. Se donner des raisons d’obéir, c’est se trouver des raisons de désobéir. Autrement, comme l’écrivait Thoreau dans son opuscule sur la résistance civile, nous devenons des “automates"»

 

Concluons avec Frédéric Gros, pour boucler le cercle de ces réflexions du jour :  “Désobéir, c’est aussi dénoncer dans la crise sanitaire le résultat de choix politiques passés qu’il faudra condamner et refuser demain”.

 

 Lien vers l'a lettre de Philosophie Magazine

https://www.philomag.com/lactu/frederic-grospierre-henri-tavoillot-la-desobeissance-civile-peut-elle-etre-legitime-face-a?utm_source=Philosophie+magazine&utm_campaign=21a2e9b3f6-pmfr20190915nl28_COPY_01&utm_medium=email&utm_term=0_dee8ebacdf-21a2e9b3f6-217984337&ct=t(pmfr20190915nl28_COPY_01)

 

 

 

 

 

 

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