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Billet de blog 10 juillet 2013

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Delanoë/Hidalgo Toujours PLU haut

Le modèle de gouvernance du couple dirigeant la mairie de Paris, Delanoë/Hidalgo, c’est : « Cause toujours ». La séance du Conseil municipal du mardi 9 juillet en a été l’illustration. Alors que l’opposition à leur projet de « Tour Triangle », Porte de Versailles, un objet ‘’de maçon’’ de180 mètres de hauteur, n’a cessé de se renforcer derrière les associations de citoyens, ils ont fait voter une révision simplifiée du PLU leur permettant de s’astreindre des règles maximales de hauteur et, comme l’a écrit Jean-François Martins, Conseiller de Paris MoDem « de mettre ainsi en œuvre leur funeste projet ».

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Le modèle de gouvernance du couple dirigeant la mairie de Paris, Delanoë/Hidalgo, c’est : « Cause toujours ». La séance du Conseil municipal du mardi 9 juillet en a été l’illustration. 

Alors que l’opposition à leur projet de « Tour Triangle », Porte de Versailles, un objet ‘’de maçon’’ de180 mètres de hauteur, n’a cessé de se renforcer derrière les associations de citoyens, ils ont fait voter une révision simplifiée du PLU leur permettant de s’astreindre des règles maximales de hauteur et, comme l’a écrit Jean-François Martins, Conseiller de Paris MoDem « de mettre ainsi en œuvre leur funeste projet ».

En dépit de l’opinion clairement exprimée par les Parisiens en 2004, refusant à 64% la construction de tours dans Paris, le couple Delanoë/Hidalgo s’obstine à vouloir défigurer le ciel parisien. Une façon toute politique de montrer  qu’ils font peu de cas de la voix de leurs administrés, du respect de l’architecture parisienne, de l’histoire et tout simplement de ce qui constitue notre culture et notre patrimoine.

C’est avec cette gouvernance là que Paris ne sera plus jamais Paris. Une image de tours n’est pas faite pour pérenniser celle de la ville lumière. Delanoë c’est « baisse un peu l’abat jour ». Non pas un poème d’amour, mais un poème de mort.

D’où l’utilité de suivre un dossier peu lisible, car mêlant en sous-main les gros sous de la plus importante concession de la ville, celle du parc des expositions, les intérêts de la CCI Paris Île-de-France, d’Unibail Rodamco, premier groupe coté de l’immobilier commercial en Europe, de sa filiale Viparis, qui gère le parc des expositions de la porte de Versailles et le palais des congrès d’Issy les Moulineaux, la ville d’André Santini, et des ambitions politiques.

L’opposition, portée par des associations citoyennes, le ‘Collectif contre le tour Triangle’ et ‘Monts 14’,  tôt soutenue par le MoDem (Paris, Vanves et Issy-les-Moulineaux), a reçu, plus tard, le soutient d’EELV et du Front de Gauche, pour finir, il y a peu, par voir l’UMP et l’UDI s’opposer à leur tour au projet. Le maire du 15è a notamment dénoncé  « L’opacité, le manque de concertation, les promesses non tenues, les mauvaises réponses aux réserves du commissaire enquêteur ».

Madame Hidalgo, pressentant le piège que pouvait constituer ce dossier pour sa candidature à la mairie de Paris, mais ne pouvant ni se rétracter ni contrarier Delanoë, a tenu, comme l’a titré Le Parisien, à "prendre du champ" en démissionnant de la présidence de la Commission chargée d’examiner les candidatures pour la modernisation et l’exploitation du parc des expositions. Une démission n’ont pas annoncée de vive voix mais adressée par lettre à la Commission étonnée.

Jusqu’au dernier moment les opposants au projet se sont manifestés. En a témoigné la petite manifestation symbolique tenue devant l’Hôtel de ville de Paris, alors que le Conseil délibérait mardi 9 juillet. Manifestation rejointe par des élus entourant Jean-François Martins et Yves Contassot lors d’une suspension de séance, comme en font foi les photos jointes.

Le vote de la révision du PLU à une courte majorité du Conseil de Paris constitue un véritable passage en force de la municipalité qui n’attend pas les conclusions de la seconde enquête publique.

Pourtant, l’affaire n’est pas finie. Les associations semblent prêtes à porter l’affaire devant  le Tribunal administratif de Paris. D’autant plus que le début des travaux de démolition d’une partie du hall 6, pour libérer l’emprise au sol nécessaire à la future Tour Triangle, devrait commencer sous peu. Une décision qui apparaît comme très précipitée.

Pour conclure, une affaire bien mal engagée aux yeux de certains  qui ne manquent pas de la situer dans un contexte local élargi, comprenant les projets du ministère de la défense porte Ballard toute proche. Un ‘’pentagone’’ à la française de plus de 16 ha, auquel se rajoutent 90 000 m2 de bureaux et de commerces. De quoi embouteiller toute cette zone urbaine déjà dense, car rien ne semble annoncé quant à de nouveaux moyens de transport.

Rajouter entre 3 et 4 tours envisagées par André Santini sur sa commune, Issy-les-Moulineaux, et vous avez une idée du futur de la qualité de vie que nous construisent nos édiles.

On comprend la mobilisation des habitants parisiens, Isséens et vanvéens. A l’heure où  on leur parle tous les jours d’une nouvelle approche du débat citoyen ils ont l’impression qu’on se fout de leur gueule au plus haut niveau. Nos élus sont incorrigibles.

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