Santini-Gauducheau-Devedjian, la bande des casseurs de thermomètres.

Au moment où une étude américaine confirme l’existence d’un lien entre l’autisme des enfants et l’exposition des mères à la pollution atmosphérique, trois élus du 92 cassent le thermomètre.

 Loin de la parole environnementale aux actes.

 Habitant de Vanves, vous recevez le magazine de votre maire, tout heureux de trouver en page 20, dans le dossier santé, le beau slogan suivant : « Agir au quotidien pour le bien-être des adultes et des adolescents ».

Ce n’est que poudre aux yeux, car par ailleurs votre maire, Bernard Gauducheau, est déficient dans sa mission de lutte contre la pollution de l’air, laquelle est un vrai problème de santé. Explications un peu plus en avant.

 Habitant d’Issy-les-Moulineaux, vous cherchez une information sur le site de votre mairie. A « Environnement », vous trouvez: « Agenda 21 : 43 actions concrètes pour une qualité de vie meilleure », et au nombre de celles-ci « un programme d’action destinée à réduire les émissions de gaz à effet de serre, tant pour des raisons environnementales que de santé publique ».

Du temps de l’URSS on aurait appelé cela tout simplement : « propaganda ». La « propaganda » d’André Santini. Explications un peu plus en avant.

 Vanvéen ou Isséen, préoccupé de votre cadre de vie, vous décidez de remonter d’un cran votre recherche et vous vous rendez sur le site de votre interco : GPSO. A ‘’cadre de vie’’ vous trouvez tout un tas d’informations sur ce qui concerne votre environnement, notamment que votre intercommunalité assure une veille quotidienne sur l’état de la qualité de l’air donné par AIRPARIF.

Pure hypocrisie et désinformation pure ! Explications un peu plus en avant.

 Enfin, par un hasard incroyable, vous visitez le site du Conseil général de votre département, et vous retrouvez rassuré d’apprendre que le développement durable fait partie des priorités du département et que dans cet objectif il y a « l’amélioration de la transversalité dans les projets et la mise en œuvre d’outils de gouvernance ». Et vous vous dites que Devedjian, le président du Conseil général doit être d’une autre trempe que des Santini ou des Gauducheau.

Désolé de vous décevoir, il n’en est rien. Voir ci-dessous.

 La bande des casseurs de thermomètres.

 Pourquoi n’en est-il rien ? Tout simplement parce que ces trois personnages se sont comme ligués, en dépit des bonnes paroles sur l’environnement et la santé dont ils abreuvent les citoyens, pour mettre en péril la surveillance de la qualité de l’air dans les Hauts-de-Seine et tout particulièrement sur Issy-les-Moulineaux et sa commune voisine, Vanves.

 Une surveillance assurée par Airparif,  une association agréée par le Ministère de l’Ecologie, qui exploite une station de mesure à Issy-les-Moulineaux depuis 1991, l'une des 5 stations permanentes du département des Hauts-de-Seine.

Cette station permet le suivi continu des niveaux de pollution dans le sud-ouest de la petite couronne où la densité de population est particulièrement importante. Elle est intégrée au dispositif préfectoral d’information et d’alerte en cas d’épisode de pollution dangereux pour la santé humaine.

Au départ, c’est André Santini, qui a demandé à Airparif de fermer la station d’Issy-les-Moulineaux. Sous un prétexte fallacieux. En fait, vraisemblablement, parce que ces mesures de pollution doivent gêner quelque projet urbanistique de son cru. Airparif à chercher à gagner du temps. Et Santini a déployé en sous-main sa stratégie maligne.

Mais soucieux de ne pas écorner une image qui l’est pourtant énormément, (il suffit de lire le livre de Noël Pons et Jean Paul Philippe, ‘’ 92 connexion’’ pour s’en rendre compte), il a mis, apparemment, en branle son réseau, au vu des résultats, car c’est  le Conseil général des Hauts-de-Seine et GPSO qui ont tenu la dague.

Le conseil général présidé par Devedjian a supprimé, au prétexte d’économies, sa subvention à Airparif au début de l’année 2013. Le sénateur des Hauts-de-Seine, André Gattolin s’en est étonné. L’association Respire a parlé de vengeance idéologique. Sauf que Airparif dépense dans les Hauts-de-Seine 10 % de son budget alors que la contribution du département est d’1,4%.

Et GPSO, au prétexte que l’intercommunalité a pris en charge le développement durable du territoire sous la direction de Bernard Gauducheau, maire de Vanves, a déposé une requête devant le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, lui demandant de fermer la station de mesure de la qualité de l’air d’Issy-les-Moulineaux et l’expulsion de la société Airparif.

Le tribunal a tranché le 17 juin 2013. GPSO, a obtenu gain de cause et fait condamner Airparif à une indemnité de près de 8000 €.

Le groupe EELV d’Issy-les-Moulineaux a regretté dans un communiqué le départ de la balise d’Airparif installée depuis 20 ans et fustigé l’attitude absurde du maire André Santini.

Le groupe du MoDem de Vanves regrette aussi  la disparition de cette station historique qui aura des conséquences sur la connaissance des niveaux de pollution dans le département des Hauts-de-Seine, et en conséquence sur les alertes pour la population.

Elle fustige également, quant à elle, les trois élus, Devedjian, Santini et Gauducheau, dont les décisions montrent le peu de cas qu’ils font, et de l’environnement, et de la pollution, et de la santé de leurs administrés, menant ainsi le type même de politique dont les Français ont assez, comme l’a rapporté Jean Lassalle, le député du MoDem, lors de son étape parisienne, au cours de laquelle il a rendu compte de ce que les  citoyens de nos régions lui avaient dit lors de ce tour de France entrepris en avril dernier et qu’il a repris lundi 17 juin.

Je conclurai en rebondissant sur les propos de Alain Caillé dans son interview donnée au magazine ‘’La Vie’’ à l’occasion de la sortie de son livre ce mois ci « Manifeste convivialiste » où il dit : « le préalable à un vrai développement durable, c'est une démocratie durable qui elle-même à besoin d'un socle, un fonds éthique durable »

 A méditer par les citoyens à propos de nos casseurs de thermomètres.

Bernard LEON

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