Déconfinement Prêts Partez

« Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant, mais en pire. », telles sont les paroles du ministre des affaires étrangères* Jean-Yves Le Drian. Ceci devrait nous inciter à être vigilant envers ceux qui nous gouvernent ou ceux qui ont pour ambition de prendre leurs places.

« Ma crainte, c’est que le monde d’après ressemble furieusement au monde d’avant, mais en pire. », telles sont les paroles du ministre des affaires étrangères* Jean-Yves Le Drian. Ceci devrait nous inciter à être vigilant envers ceux qui nous gouvernent ou ceux qui ont pour ambition de prendre leurs places. Car la phrase ne s'applique pas qu'aux relations internationales, elles peut s'appliquer aussi bien aux problèmes de politique intérieure.

Demain comme hier ce sera la confrontation des adeptes du bien public contre ceux des intérêts privés. J’entends par intérêts privés  non de ceux de tout un chacun, citoyens, salariés, artisans, petits entrepreneurs, mais ceux de qui, depuis quelques dizaines d’années, n’ont pour but que d’affaiblir l’État, seul pourtant à pouvoir mener les actions nécessaires en période de crise, et celle du coronavirus nous le montre bien, (et ne me jeter pas à la figure toutes les fautes commises, je les connais, et ne les excuse pas), pour but donc, d’affaiblir l’État pour mieux s’emparer du bien public.

Toute la difficulté tiendra à faire que notre vigilance soit effective, se traduise par des actes, ou soit traduite en actes. Ceci demandera un courage citoyen. Ceci demandera un courage politique.

Serons-nous assez conscients au premier déconfinement, pour vouloir encore que le monde change ? J’ai quelque inquiétude là-dessus. Je me souviens trop de la façon dont s’est terminé Mai 68. L’essence manquait. Le gouvernement en avait géré la rareté, puis avait levé les restrictions. La France entière s’est ruée sur les pompes et envolée vers la campagne et les plages, comme une nuée de moineaux sortis de leur cage. S’en était fini des idées de changement. La France a eu son Assemblée bleu horizon. Un mois plus tard environ Pompidou était élu. Le conservatisme entrait à l’Élysée. Il n’en est pas sorti depuis, sauf la parenthèse des deux premières années Mitterrand. (je n'ouvre pas le débat).

Nous aurions encore une gauche en France, je veux dire une vraie gauche, pas celle qui couche depuis 60 ans avec le néolibéralisme et la finance, ni celle de l’éructation populiste, nous pourrions rester sceptiques aux paroles de Le Drian.

Nous aurons donc le choix entre résister à la tendance du pouvoir à utiliser l’état d’exception comme méthode de gouvernement, ou celui de contraindre le pouvoir à ouvrir un « espace ouvert dans lequel les réactions critiques puissent être entendues » comme le préconise le philosophe Slavoj Zizek, dans le dernier numéro de Philosophie magazine.

 

* Dans Le Monde du 20 avril.

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