Poésie journal 21 mars 2020 (suite)

Qui aurait cru qu’il faudrait tamiser l’homme ?

Qui aurait cru

Qu’il faudrait tamiser l’homme

 

Celui qui ne voulait pas

Voir

Qu’il l’était déjà

 

Que les trous sociétaux

Dissemblaient

 

Qu’il y avait l’homme du haut

Et l’homme du bas

 

Que le monde n’était ouvert

Que pour certains

 

Que les passeports

N’ouvraient pas

Les mêmes routes

 

Pour certains

La langue était territoire

Restreint er peu exploré

 

Pour d’autres

Les mots étaient carrefours

Longitudes et latitudes

Voyages multicolores

 

Et voici que

La vérité éclate

L’homme tamise l’homme

 

Au grand jour

 

Mais cette fois ni haut ni bas

Une seule classe désormais

 

Le crépuscule pousse à la nuit

L’âge pousse à la mort

 

 

 

Bernard Leon

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.