Les Précieux ridicules au pouvoir

Ils croyaient être faits pour gouverner. Avoir reçu la formation pour. On leur avait dit qu’ils étaient les meilleurs. Tant qu’il s’agissait d’appliquer les programmes formatés du néolibéralisme ça avait l’air de pouvoir marcher. Et voilà que surgit l’inattendu, un virus mondialisé. Et les voilà incapables de rien faire…

Ils croyaient être faits pour gouverner. Avoir reçu la formation pour. On leur avait dit qu’ils étaient les meilleurs. Tant qu’il s’agissait d’appliquer les programmes qu’on leur avait enseignés, supposés être ceux qui marchaient, ceux de l’ENA, du Medef, des économistes mainstream :  privatisation, réductions du périmètre public, réduction sélective des impôts, ils continuaient.

Ils avançaient droits dans leurs bottes, contre vents et marées, contre avis contraires, et en dépit du principe de réalité. La réalité, ils ne pouvaient pas la voir d’un palais élyséen ou des gros hôtels particuliers ministériels. Et lorsque le réel sortait dans la rue en gilet jaune, un peu d’argent, supposé pallier au pourrissement attendu mais jamais venu, était censé ramener le calme. Calme nécessaire pour défaire le régime des retraites et le droit du travail, tout comme le droit au travail.

 

Et voilà que surgit l’inattendu, un virus mondialisé qui outre ses dégâts sanitaires met en lumière les défauts des politiques passées, pointe les conséquences d’un système fait pour la routine du court terme, montre tout d’un coup que pour gouverner il faudrait des compétences et les qualités qu’on ne leur a pas transmis dans leurs écoles : de la rapidité dans les décisions, un bon sens, que les ministres n’ont pas, une perspicacité dans les chemins à ouvrir.

En témoigne un prix Nobel de poésie : « La conversation d’un batelier, le geste d’un pêcheur, ont pour moi une autorité que j’ai rarement ressentie auprès de tant de ministres, de professeurs, ou d’intellectuels. Tout cela appartient encore aujourd’hui à un monde rituel ». Le poète c’est Georges Séféris, et c’est extrait de son journal de 1946.

 

Rien n’a changé depuis. Ou plutôt tout a empiré. Car la génération adulte en 1945 a malgré tout reconstruit, sur les ruines d’une guerre mondiale, quelques nations vivables, une solidarité que le dogme néolibéral a déconstruit depuis la fin des années 70, un dialogue passé de mode depuis 40 ans au nom d’une gouvernance managériale au service, non pas du capital, car il existe des « capitalistes » à la petite semaine, de l’ordre du symbolique, utiles pour le mythe d’une idéologie; mais du grand capital, celui comme on dit du 1%, voir même du 0,01%, celui des paradis fiscaux, celui de l’exil fiscal, celui des lobbys tenant la main des députés au Parlement et au Sénat.

 

Nous sommes gouvernés par des incapables. Retraité d’un grand groupe international, j’aurais été viré, comme tout salarié en activité, pour le centième des fautes commises par des Macron, des Philippe, des Buzin, des Le Maire, des Pénicaud, des Darmanin.

Et la meilleure preuve de leur aveuglement n’est-elle pas le maintien à sa place d’une chargée de communication gouvernementale, Sibeth Ndiaye, qui sort jour après jour des conneries comme jamais entendues. Tout le monde rit aux éclats. Philippe lui maintient sa confiance.

 

Jusqu’à ce jour ils se sont maintenus au pouvoir. Depuis 40 ans on a les mêmes têtes clonées au sommet. Ils sont légitimes nous disent-ils. Issus chaque fois d'élections "démocratiques".

Alors c’est décidé. Dorénavant je ne voterai plus. A moins qu’on ne mette en place une nouvelle façon de faire de la politique, qu’on ne mette en place des commissions d’évaluation des décisions politiques, des comités de suivi des promesses politiques, des commissions de propositions sur les questions de santé, d’enseignement, de sécurité, d’agriculture, d’alimentation, d’environnement, de fiscalité, de travail, etc.

Ou-bien ça change. Ou-bien je ne vote plus. Et si nous sommes nombreux à ne plus voter. Si les non votants son majoritaires. D’où tiendront-ils leur légitimité nos énarques, nos députés, nos sénateurs, nos ministres, nos banquiers de cour, tous nos élus.

Que pensez-vous de cette piste ?

Il faudrait lancer un hashtag  du genre #LePrixDeMonVote

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