Les questions de la moralisation de la vie publique et du non cumul sont en train de donner, particulièrement dans le département des Hauts-de-Seine, une lumière intéressante au centre de l’échiquier politique, à l’occasion des élections municipales de mars prochain.

 

Au nom d’une supposée efficacité, les élections génèrent généralement des arrangements et des compromis au niveau des états-majors que les militants  suivent les yeux fermés. A l’exception de quelques rares cas vite réprimés.

 

Or, pour la première fois, on assiste à un mouvement de résistance plus large, notamment au sein du MoDem, de la part de militants qui mettent en avant la fidélité aux valeurs et aux principes que défendait leur parti.

 

On leur a bien dit que, puisque Bayrou et Borloo, chefs du Modem et de l’UDI se sont rapprochés, notamment dans la perspective des européennes, ils devaient être accommodants. Mais ils rechignent à continuer de laisser élire ou de participer à l’élection de certains hommes de l’UDI qui revendiquent ou pratiquent, comme Santini à Issy-les-Moulineaux, Marseille à Meudon, Gauducheau à Vanves, le cumul des mandats et des postes, quand ils ne foulent pas aux pieds, pour certains, les principes de la bonne gouvernance, voire de la plus simple morale politique.

 

Résultats. On retrouve ces centristes démocrates,  au grand dam des UDI, dans des alliances avec des hommes du PS ouverts au respect de ces valeurs et de ces pratiques que la politique ne devrait jamais abandonner.

 

D’autres villes sont concernées où l’UDI se voit contrariée dans ses alliances avec l’UMP.

Puteaux où l’opposant du MoDem à Madame Ceccaldi-Raynault, Christophe Grébert, a des chances de l’emporter en mars, ou encore Courbevoie, où les centristes ne feront pas réélire le sortant Jacques Kossowski.

 

On voit même une ville, Asnières, où l’élue du MoDem, Blanche Mühlmann, scande « Le centre libre indépendant c’est moi ! ». Elle regroupe sur sa liste des militants de l’UDI, qui n’ont pas suivi l’ancien suppléant de Rama-Yade, (laquelle est partie à Paris pour tenter de faire concurrence à Marielle de Sarnez, Vice-présidente du MoDem), Thierry Racine, rallié à Manuel Aeschliman, ancien maire UMP condamné à maintes reprises par la justice.

 

Un point commun à tous ces centristes vraiment indépendants : ils ont tous signé la charte Anticor qui comprend 9 articles : non-cumul des mandats et des fonctions exécutives, bonnes pratiques de gestion, transparence, reconnaissance des droits de l’opposition, participation citoyenne, publicité des informations importantes sur la gestion locale, exigence de probité, lutte contre le trafic d’influence, rigueur dans le choix des  organismes prêteurs de fonds à la collectivité.

 

Une promesse de renouveau pour ces Hauts-de-Seine célébrés comme un laboratoire de la corruption par Noël Pons, ancien fonctionnaire à la Direction générale des impôts, et Jean-Paul Philippe, ancien de la brigade anticorruption de la police judiciaire, dans leur ouvrage « 92 connection » publié chez Nouveau Monde.

 

En ces temps où les citoyens se désintéressent de la politique, perçue comme irresponsable, ce qui se passe dans les Hauts de Seine, mais aussi dans d’autres régions de France, leur montre qu’il ne faut jamais désespérer.

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