Loin des inconséquences politiques, Utopia veut changer de voie et changer de vie.

Il arrive un moment où le dégout d’une chose gâte le gout de toute chose. La politique a cet effet aujourd’hui sur les peuples qui s’en détournent. En fait, ils se détournent non pas tant de la politique, que des hommes politiques qui l’incarnent. L’université de rentrée du Mouvement Utopia a enrichi une approche alternative que porte aussi l’appel d’Edgar Morin à Cannes-Mandelieu.

Il arrive un moment où le dégout d’une chose gâte le gout de toute chose. La politique a cet effet aujourd’hui sur les peuples qui s’en détournent. En fait, ils se détournent non pas tant de la politique, que des hommes politiques qui l’incarnent. C’est pourquoi, lorsqu’advient un moment qui réconcilie l’homme avec l’homme, il faut le partager.

Loin des inconséquences des partis, le Mouvement Utopia vient de nous offrit ce moment en son université de rentrée à Mandelieu. Celle ci a été l’occasion de retrouver le gout des autres, tout à la fois par des travaux ou chacune et chacun a été capable d’échanger et d’écouter de façon constructive, mais aussi grâce à des invités dont la puissance de langage a ouvert, au delà des sujets traités, l’accès à l’humanité entière.

Les questions entre autres abordées, du Transhumanisme, des migrations, de la citoyenneté universelle, du féminisme, de la nature, de la démocratie, de l’accès aux droits, de la souveraineté alimentaire, du revenu de base, de la culture de la paix, ont toutes été une pierre apportée par avance au « Changeons de Voie, changeons de Vie », l’appel lancé à tous par Edgar Morin, en clôture de cette université d’Utopia.*

L’ensemble des travaux d’Utopia devant être disponibles bientôt sur le site du Mouvement** nous ne souhaitons, par ce compte rendu sommaire et incomplet, qu’espérer vous donner envie d’y aller voir, et au delà, vous inciter à rejoindre un Mouvement dont la moindre des qualités sera de panser vos plaies de militant politique, si vous militez encore, par courage, dans un parti.

Transhumanisme ou la mort de l’Homme.

J’ai été surpris de voir qu’un sujet, le Transhumanisme, généralement regardé comme relevant encore de la science fiction, ait été évoqué par plusieurs invités, avant même l’intervention du médecin hématologue et professeur à l’université de Montpellier John De Vos, invité à traiter de la question. Etonné de voir à quel point en fait, les progrès de la médecine et de la technique, permettent à certains, en partant du temps déjà commencé de « l’Homme réparé », d’élucubrer sur le temps de « l’Homme augmenté ».

John De Vos a clairement montré qu’en partant de la possibilité de reprogrammer des cellules souches pour obtenir n’importe quel type cellulaire, cellules cardiaques, cellules de la rétine, cellules musculaire, neurones, on ouvrait des perspectives nouvelles pour une médecine régénératrice des organes endommagés par la maladie ou la vieillesse. Et qu’en prenant en compte les progrès de la technologie, mécanique, biotechnologique ou informatique, on était amené à soulever très vite des questions éthiques, dont on peut imaginer que certains n’hésiteront pas à s’affranchir pour proposer ce qu’ils appellent déjà le « Transhumanisme », l’avènement d’un homme posthumain, dans lequel notre condition d’humanité mortelle aura été transformée en une poshumanité immortelle, par le passage au delà des limites biologiques actuelles. Ce que chante l’ingénieur futurologue américain Kurz Weil, dont nous a parlé John De Vos, et qu’un article du Monde a appelé un jour « Le bateleur de Google », pour qui notre sphère pensante deviendra du logiciel et notre corps du matériel remplaçable. Peut-on laisser se développer une telle pensée, voire même une telle idéologie, celle que défend Google, sans réagir ? Car peut-on imaginer voir s’installer une idéologie qui ouvrirait la porte à une humanité duale. Celle de ceux qui auraient les moyens dans un premier temps de se payer le luxe des technologies au service d’un Homme réparé, au détriment d’une seconde humanité qu’on pourrait qualifier d’humanité bas de gamme, la première donnant graduellement naissance à une posthumanité « éternelle » ayant pour corollaire la disparition de ce que nous sommes aujourd’hui, une humanité certes imparfaite, source du bien et du mal, mais humanité capable aussi d’empathie, de compassion, d’amour, de solidarité, de recherche de transcendance, et de sublimation enfin par les moyens de l’art. Voulons nous ne plus connaître la joie d’aimer, de procréer, le malheur de mourir, qui sont à la source de notre volonté de dépassement ?  L’éternité de l’homme serait la mort de la femme et de l’homme que nos parents ont été et que nous sommes. Est-ce souhaitable ?

Migration. Et si la solution était l’ouverture des frontières ?

Dans la foulée du plaidoyer de l’OCU (Organisation pour une citoyenneté universelle) dont Utopia est membre fondateur avec France Libertés et Emmaüs, et du document déposé à l’Assemblée nationale et au Sénat reprenant les arguments en faveur de la liberté de circulation et d’installation, François Gemenne, chercheur en sciences politiques, a été invité à l’université d’Utopia pour traiter ce sujet, dont la teneur peut paraître à priori explosive, mais qui, si on y regarde de près, comporte un vrai progrès tant en humanité qu’en intelligence politique.

La question migratoire n’en finit pas de pourrir un peu plus chaque jour la politique dans le monde, jusqu’à nous entrainer dans un cycle infernal et suicidaire. Il est temps d’échapper à ce qu’on nous en dit, aux paroles dangereuses, à la pression médiatique, à la folie politique, temps de la considérer sous un autre angle, celui de la pensée innovante.

Je ne développerait pas le contenu riche de l’intervention de François Gemenne mais n’en retiendrait que quelques principes clés qui sont également ceux de l’OCU. Ceux des valeurs : Aucun être humain n’est illégal. Un accès aux droits identique doit être réservé pour tous les êtres humains.  Il faut rétablir une approche fraternelle et éthique des migrations. A partir de cela, il faut aussi ne pas oublier que  migrer est un droit fondamental consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, qu’il faut donc accorder le discours politique aux réalités des migrations et sortir des politiques migratoires inhumaines et inefficaces. D’où les propositions portées par Utopia et ses partenaires :   de mettre en oeuvre la liberté́ de circulation et d’installation, d’organiser une conférence internationale sur les migrations, de  Construire un réseau de territoires engagés, dont nous voyons les prémices apparaître, et enfin de défendre une autre vision des migrations et des migrants.

Porter ces propositions est la seule façon de retrouver au sein d’un monde globalisé le sens de l’humain qui a fait la grandeur de la France. La seule façon pour la France de retrouver le rôle qu’elle a connu autrefois et qui forçait le respect des autres peuples.

Bien d’autres choses seraient à relayer. Le site Internet rénové d’Utopia vous permettra sous quelques jours de vous en emparer.

 

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http://mouvementutopia.org/site/wp-content/uploads/2016/09/Edgar-Morin-Appel-Centre.pdf

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http://mouvementutopia.org/site/

 

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