Chapeaux verts. COP 21. Hollande gagne son pari. Prospective climatique.

En ces temps présents, en manque de récits dans lesquels puiser des idées désirantes, l’ouvrage collectif d’anticipation d’un futur souhaitable,  « Paris Climat 2015 Vingt ans après », que publie avec l’aide du Parlement européen la Fondation de l’Ecologie Politique, offre de quoi se rattraper.

Plus d’une vingtaine d’auteur-e-s, reconnu-e-s dans leur domaine, ont mis un chapeau vert et rédigé les textes inédits de cette publication.

Nous sommes en 2035, 20 ans après l’accord inespéré sur le climat trouvé à Paris en décembre 2015, (Un vrai rêve présidentiel !), et ils nous livrent leurs représentations d’un monde futur faisant suite à ce monde présent que nous avons tant de mal à changer.

En préface, Pascal Canfin nous rappelle les données de cette « Nouvelle bataille de Paris » que constitue la conférence COP 21 en décembre prochain. « Une bataille entre deux mondes. D'un côté, celui des gaz de schiste, des 1000 milliards de dollars de subventions publiques annuelles aux énergies fossiles, du milliard de dollars versé chaque année par les lobbys climato-sceptiques aux États-Unis… De l'autre, le monde qui constate que dés aujourd'hui, en Inde, les énergies renouvelables sont moins chères que les énergies fossiles – même sans subventions publiques – et que la seule façon d'assurer la paix et la prospérité de demain est de lutter dès aujourd'hui contre le dérèglement de notre climat ».

Bataille gagnée donc, pour ces femmes et ces hommes aux chapeaux verts qui imaginent de quoi demain pourrait être fait,  dans ce livre que vous pourrez vous procurer gratuitement auprès de la fondation.

Un monde où la force du collectif a remplacé les entraves des intérêts particuliers.

Un monde où plusieurs des auteurs nous disent qu’est appliqué le vote par tirage au sort. (C’est Nouvelle Donne et Pierre Larrouturou qui vont être contents). 

Les États-Unis ne sont plus la première économie du monde. Ils ne dictent plus leur volonté au reste de la planète. État par État ils ont même instauré un salaire minimum décent et contenu l'augmentation des frais d'inscription dans les universités.

Le signal – prix n'est communément plus considéré comme un instrument efficace dans le secteur de l'énergie. Les représentants des pays de l'OCDE ont introduit des mesures économiques vouées à maintenir le cap de la transition énergétique quel que soit le prix des autres énergies, quel qu'en soit l'impact sur la compétitivité des industries. Ils ont soumis la compétitivité et le commerce à l'environnement.

Après des déconvenues jusqu'en 2030 par rapport aux « feuilles de route », « stratégies » et autres objectifs, l'Europe s'est enfin dotée d'institutions surmontant les freins inhérents à l'action politique, pour que l'action puisse se déployer tout naturellement dans une perspective de long terme. Un financement a été trouvé pour un plan décennal d'investissement, ajusté sur le rythme des élections européennes, par une taxe aux frontières compensant les différences compétitives avec les importations ne respectant pas les mêmes standards sociaux et environnementaux.

L'abandon progressif de la production d'électricité nucléaire n'a pas été le cataclysme économique et social que certains avaient promis.

Plusieurs grands groupes dont on n’imaginait pas la disparition ne sont plus là. Facebook, Twitter, Apple, Starbucks, Wal-Mart ? Tous ont été balayés pour des raisons éthiques, de responsabilité. La société n'était plus prête à les accepter !

Bien entendu on roule tout électrique, et la mutation urbaine est en cours, principalement basée sur la production décentralisée d'électricité. Les villes sont désormais dites « frugales ».

Contre toute attente, les pays présents en 2015 à Paris à la conférence sur le climat, ratifièrent une « taxe kilométrique » mondiale sur plusieurs produits de consommation, notamment alimentaires. 20 ans plus tard cette réforme a changé la donne en France et en Europe, entraînant de nombreuses avancées : relocalisation industrielle, conversion agro-écologique, gestion locale de la biodiversité.

Les syndicats agricoles dominants ont été mis en difficulté à partir de 2017 pour leur écrasante responsabilité dans un modèle agricole qui non seulement contribuait au dérèglement climatique mais rendait notre agriculture et donc notre alimentation extrêmement vulnérables à ses conséquences.

Les jeunes sont, durant une année de césure après le bac, appelés à remplir leur obligation citoyenne dans le cadre d'un service social et écologique.

La leçon d’un tel ouvrage ? Il pose sur mode léger mais sérieux la question du « comment agir au mieux ? ».  « Doit surgir ensuite du collectif », nous dit Nathalie Frascaria-Lacoste, (Agro-Tech), dans sa postface.

 

Pour demander l’ouvrage :

contact@fondationecolo.org

Egalement voir le site où le livre est téléchargeable

http://www.fondationecolo.org/paris-climat-2015

 

 

 

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