Le syndrome de Stockholm une explication au consentement pour le pire

Définition du syndrome de Stockholm selon Wikipedia : phénomène psychologique observé chez les otages ayant vécu durant une période prolongée avec leurs geôliers et qui ont développé une sorte d'empathie, de contagion émotionnelle vis-à -vis de ceux-ci , selon des mécanismes complexes d'identification et de survie

Acceptation, soumission, près de 40 ans qu'une majorité de citoyens consent à la dictature d'un système économique et à ses conséquences néfastes sur son quotidien: conditions de travail, salaires, santé, environnement, répartition des richesses, services publics. Les slogans répétés ad nauseum par les adeptes de cette Eglise sectaire qu'est le néolibéralisme sont incrustés dans les cerveaux, peu de remises en cause, quelques soubresauts, mais décidément, " il n'y a pas d'alternative ". Ce phénomène de consentement à une situation que les personnes ne maîtrisent pas, dans laquelle elles ne sont que des sujets obéissants et contraints, ne laisse pas de surprendre. Citoyens - otages, système économique - geôlier, identification à des icônes représentant la réussite sociale avec l'espoir de " s'en sortir ", voilà le cadre. A noter que pour beaucoup d'entre eux, et dans un contexte de guerre sociale, la question de survie est une réalité. Pour ma part je ne vois qu'une seule explication: le syndrome de Stockholm à l'échelle d'un pays. Il permet d'éclairer ce comportement collectif aberrant, celui d' accepter des conditions de vie contraires à ses intérêts et par sentiment d'empathie vis à vis de gardiens légitimés par une démocratie moribonde, participer, si ce n'est activement, du moins passivement, à la pérennité d'une situation de citoyens-otages. Hélas, à l'extérieur, point de GIGN de gauche en ordre de bataille pour les sortir de là. D'ailleurs il faudrait à ces otages un minimum de prise de conscience ou un esprit de révolte en germe. Le "sauvetage" en serait plus aisé. Mais incapables de se projeter psychologiquement dans un espace politique où existent les conditions d'exercice de la liberté, le désir de se débarrasser de " tortionnaires " devenus des compagnons n'effleure pas leur esprit. L'enfermement est sécurisant, les conditions de vie sont difficiles mais dehors c'est l'inconnu, La liberté pour quoi faire ?. Le GIGN d'extrême droite lui prépare l'assaut, sans état d'âme, peu importe les dégâts collatéraux, l'alignement des planètes politiques, économiques et sociales lui est favorable.

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