La violence comme solution? Et quelle violence?

Je ne sais qui a dit qu'il fallait considérer la violence comme le moteur de l'Histoire. Il y a probablement d'autres "carburants" pour alimenter ce moteur. Quoique...Aujourd'hui, instinct de survie et intelligence collective feront elles cause commune afin de provoquer la rupture définitive avec l'ancien monde ( celui d' E. Macron ) ? En intégrant une certaine violence.

Je ne sais qui a dit qu'il fallait considérer la violence comme le moteur de l'Histoire. Il y a probablement d'autres "carburants" pour alimenter ce moteur, l'envie, le désir de puissance, la lutte des classes etc. On peut considérer cependant que l'Histoire est parcourue par une succession d'accès de violence qui rendent toute prévision aléatoire. Autant lire dans le marc de café. Hors les violences individuelles qui n'ont "d'intérêt" que si elles participent à l'écriture de l'Histoire, la violence a essentiellement 2 origines : politique et économique. Dans le champ politique, les dictateurs enfermés dans leur hubris, leur folie, leur mégalomanie mais également les religions qui parasitent ou interviennent pour le pire ( toujours ) directement dans ce champ. Par le moyen des religions, l'idée de Dieu engendre les plus monstrueux excès. La seconde origine de la violence ressort du champ économique. Aujourd'hui quel est l'acteur principal qui suscite et alimente la violence, détermine nos vies, définit les choix qui engagent notre avenir. ? Le néolibéralisme, puisqu'il s'agit de lui, se présente non pas comme une alternative comme d'autres, donc susceptible d'être questionnée mais comme l'unique solution. Neutre idéologiquement et amoral bien sûr, le néolibéralisme se préoccuperait uniquement d'efficacité économique afin de nous apporter LE seul monde possible. Inutile de revenir à nouveau sur cette tromperie, ce tissu de mensonges qui conduisent à la catastrophe finale ( j'ai rédigé des dizaines de billets sur le sujet ). Les faits sont meilleurs juges que les slogans. Bien que nié par les néolibéraux, ce dogme économique a réactivé la lutte des classes qui au cours de l'Histoire a toujours désigné comme vainqueur celui qui possède le capital et les moyens de production. Face à la violence économique il y a la violence politique, non seulement celle exercée par un groupe structuré mais celle d'une Communauté des citoyens ( je n'utilise pas Peuple, aujourd'hui terme fourre-tout ). Qui pourrait personnaliser le nécessaire combat et exprimer cette violence ? Qui possède la Vertu c'est à dire le courage, le contrôle de soi, la force d'âme et de caractère, l'esprit de sacrifice pour défendre le Bien commun ? Mais quand bien même cette femme ou cet homme incorruptible existerait ( ce n'est pas le cas ), faudrait-il lui confier notre Avenir ? Le césarisme n'est jamais loin, nature humaine oblige. Alors, la violence collective ? Une violence sans armes, faite de mouvements de masse, de contestations, d' harcèlements et de boycotts ciblés ( cf précédent billet, https://blogs.mediapart.fr/berthe-dominique-henri/blog/131018/lusure-democratique ). Tous les moyens sont bons pour enrayer la machine, introduire des grains de sable, imposer les priorités sociales et environnementales. Il faut chercher les points sensibles, ceux qui déstabilisent l'adversaire, le mettent dans l'inconfort et mettent à jour ses faiblesses et ses fausses vérités. Telle devrait être notre pratique de la violence. Ne plus se faire imposer le tempo et des priorités qui ne sont pas les nôtres, celle de la rente sur le travail, de la rentabilité par n'importe quels moyens, de la recherche d'une productivité destructrice de vies, de la compétition des uns contre les autres. Mettre en demeure d'arrêter ce foutoir néolibéral qui engraisse les loups et fabrique les sociétés nihilistes actuelles. La première étape : trouver les thématiques unitaires hors les partis. Ils devront suivre pour participer. Peu de thèmes mais des thèmes qui concernent chacun, relatifs par exemple à la politique fiscale, à la politique environnementale et aux services publics. Il reste quelques détails à régler ( ! ) : comment faire descendre dans la rue les citoyens par milliers ( que d'échecs pour le moment ! ), ceux qui sont désabusés et ceux qui sont en colère, les uns éloignés du combat politique, les autres votant pour l'ex-FHaine * ou pour les Insoumis ? comment les motiver ? comment créer un mouvement unitaire lorsqu'à priori les intérêts des groupes sociaux ne sont pas les mêmes ? que les combats sont disparates ? montrer les points de convergence entre la fermeture d'une maternité et d'un bureau de poste, la pollution d'une rivière, l'utilisation intensive de pesticides et la santé, la fermeture d'une usine et la précarité dans le travail, la remise en cause du statut de fonctionnaire et l'ubérisation de la Société etc...Tous ces faits sont des pièces d'un puzzle qu'il faut reconstituer pour montrer le tableau final. Quel évènement imprévisible pourrait être le détonateur de ce mouvement, quelle erreur commise par ce pouvoir violent serait perçue comme insupportable par une majorité de citoyens ? A quel niveau se situe notre degré de soumission ? A quand l'instant zéro ? L'instant zéro de la renaissance de la Démocratie. Il ne faut pas attendre de cadeaux des "winners" comme ils disent, ils défendront leur "peau " c'est- à- dire leurs privilèges par tous les moyens. Le temps nous est réellement compté et l'indignation ne suffit plus car elle n'est que l'écoulement stérile de nos humeurs. La violence. La leur, réelle et actuelle ou la nôtre, citoyenne, potentielle et à venir (ou non).

* exclure bien sûr de ce Mouvement citoyens ceux qui adhèrent aux idées d'extrême-droite .

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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