Un Récit national d'accord mais lequel .

Pour retrouver la paix sociale et susciter une mobilisation de toutes les bonnes volontés en entraînant les suiveurs, il faudrait donc proposer un nouveau récit national fédérateur.

Pour retrouver la paix sociale et susciter une mobilisation de toutes les bonnes volontés en entraînant les suiveurs, il faudrait donc proposer un nouveau récit national fédérateur. Qui galvanise la France des villes et des champs et la France dite périphérique. La Marseillaise pourrait faire l'affaire mais son caractère guerrier en effraie plus d'un même si les gilets jaunes semblent l'apprécier. Tant mieux. Il semble que c'est l' effet foot ( art " les gilets jaunes- colère des oubliés- S.Wahnich -Médiapart ). Il faut donc trouver autre " chose ",  un substrat en quelque sorte spirituel qui fasse écho à ce qui compose l' âme française, à ce qui l'a élevée au cours de son Histoire et lui a lui conféré sa spécificité à travers le temps. Un syncrétisme évènementiel de notre Histoire en quelque sorte. Sans remonter à 52 avant J.C ( bataille d'Alésia ) ou le 8 mai 1429  ( libération d'Orléans par Jeanne d'Arc ), d'autres évènements moins éloignés entretiennent notre imaginaire commun et alimentent une mémoire également commune. Il faudrait donc en retirer la substantifique moelle. Par exemple, 1789 ( 14 juillet, 4 août, 26 août, 5 et 6 octobre ) : prise de la Bastille, abolition des privilèges et du système féodal, Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen, révolte du peuple de Paris. - 1830 ( 27, 28, 29 juillet ) : la Révolution de Juillet. - 1848 ( 22 au 25 février ) : naissance de la seconde République - 1871 ( la Commune de Paris du 18 mars au 28 mai ). - 1936 ( 7 et 8 juin, le Front Populaire ) : accords de Matignon et les avancées sociales. - 1944 ( 15 mars, le Conseil national de la Résistance ) : programme de rénovation sociale. Un récit donc qui reprendrait ces grandes dates de notre Histoire, du moins qui en dégagerait la symbolique commune. Il y a un mot en particulier qui fait le lien entre ces dates. Il a poussé des citoyens à vouloir modifier le cours de l' Histoire dans le sens du mieux-être pour TOUS afin de tendre vers plus de bonheur. Ce mot est celui d'EGALITE. A ce mot nous devons lui adjoindre tout de suite celui de JUSTICE. Ces 2 termes sont indissociables, vouloir l' Egalité c'est revendiquer aussi la Justice. J'ajouterai COURAGE, la vertu dont découle toutes les autres. Aujourd'hui 2018,  il reste à écrire UN récit qui nous parlerait d'une France fidèle aux valeurs défendues par celles et ceux qui ont participé à ces événements ancrés ( enfouis ?) profondément dans la mémoire collective. Les politiques intègres et de bonne volonté, les acteurs de la Société civile, les Corps intermédiaires, les intellectuels humanistes portent dorénavant la responsabilité de refonder notre Démocratie ( s'il n'est pas trop tard ) et de remettre à la première place la Politique en lieu et place du primat économique. De forcer la main au Destin. Ils le feront avec le concours des citoyens éclairés. Ce nouveau récit partagé permettra de fédérer les aspirations individuelles pour construire la volonté commune tant nécessaire. Il n' y a rien à attendre d' E. Macron qui, engoncé dans des préjugés, prisonnier d'un dogme d'un autre siècle, est incapable intellectuellement de remettre en cause ses certitudes. Il a perdu contact avec la réalité ( a-t-il été en contact avec celle-ci un jour ? ), il regarde mais ne voit pas, il écoute mais n'entend pas. Point de récit rassembleur à attendre de lui. Seulement un discours d'expert-comptable. Ce n'est pas ce président qui pourra traduire en pratique, la radicalité ( nécessaire aujourd'hui ) qui s'exprime dans la rue. Entre la recherche d'un nouvel idéal dont la Société a besoin et l'asservissement à un soi-disant réalisme nécessaire imposé par les marchés, E.Macron par culture, formation, parcours professionnel et structure psychologique a choisi. Et ce n'est pas le bon choix.

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