Résoudre la question du chômage c'est pourtant simple

Comment résoudre la question du travail sans se préoccuper du marché du travail.

Précisons les différents profils des citoyens en âge d' exercer une activité:

- les personnes handicapées lourdement, physiquement ou psychiquement. L'accessibilité à une forme de travail est exclue. Elles doivent être protégées et disposer de moyens leur permettant de vivre décemment.

- les personnes dont le handicap permet une activité à condition que des structures d'accueil et d'encadrement puissent les suivre et les aider individuellement. L'objectif est d' atteindre l'autonomie financière en leur proposant des emplois adaptés.

- les personnes disposant d'une formation scolaire réduite ou insuffisante pour acquérir des compétences leur permettant d'accéder au marché du travail sauf à bénéficier de formation continue. Les formations doivent correspondre à des besoins non encore satisfaits.

- les personnes ayant un bagage scolaire en théorie suffisant mais qui ne correspond pas aux offres du marché du travail à l'instant t. Les conversions professionnelles sont un moyen d'adaptation mais requièrent des formations parfaitement ciblées. La qualité des contenus et des personnels de formation doit atteindre le niveau d'excellence.

- les personnes possédant à priori toutes les "qualités" ( diplômes, motivation ...) mais n'ayant pas d'expériences professionnelles ou ne disposant pas de réseaux ou des bons réseaux ( famille, relations, associations d'anciens élèves de grandes écoles ). Les stages à répétition sont leur lot quotidien. Ensuite les petits boulots en CDD ou / et en temps partiel s'enchaînent. Et un jour le CDI...

- les personnes cochant toutes les cases: diplômes, réseaux. Pour elles pas de problème d'intégration au marché du travail, en France ce sont les sésames.

Sur 6 profils, 1 seul en réalité est adapté totalement au marché du travail tel qu'il fonctionne en France. Les autres exigent soit des structures d'accueil spécialisées, soit des formations professionnelles spécifiques aux différents profils, soit l'acceptation de travail précaire avec les rémunérations à l'avenant. Le rôle de l' Etat est on le voit essentiel à travers les organisations qu'il propose et par les moyens qu'il met à la disposition des demandeurs d'emploi. Le rôle du patronat est à pointer. Il ne fait pas confiance aux seules qualités personnelles des demandeurs d'emplois ( motivation, capacités d'adaptation, créativité, volonté etc.. ) mais essentiellement à l'origine des diplômes, en les dévalorisant d'ailleurs. Il en résulte des exigences par rapport aux emplois proposés totalement disproportionnées. Cette "maladie" patronale se répercute en cascade sur l'ensemble des postes à pourvoir. Un des effets néfastes porte sur les salaires. Ils sont sans rapport avec les niveaux d'études, sans rapport avec l'investissement mis dans le système éducatif par la Collectivité, sans rapport avec l'effort personnel du postulant à l'emploi. La responsabilité des employeurs en particulier des grandes et des très grandes entreprises est totalement engagée. Les évolutions de carrière en interne s'en trouvent limitées et l'espoir d'atteindre de hautes fonctions dans l'entreprise sans posséder le diplôme décerné par quelques grandes écoles -reconnues- est souvent vain. Guère motivant.

Sans se préoccuper de ces distorsions et des multiples profils d'actifs à la recherche d'emploi, le gouvernement et les précédents ont trouvé la solution pour régler le problème: pousser les demandeurs d'emploi à accepter l'inacceptable en réduisant leurs droits, en favorisant la précarité, en mettant le couteau sous la gorge en quelque sorte. A problème complexe solution simpliste, telle est la recette.

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