Voter et après ...? la guerre civile apaisée?

A gauche, le vide, le reniement, l'abandon en rase campagne de valeurs soi-disant d'un autre temps : humanisme, solidarité, projet commun, dépassement de contingences imposées par des idéologies prônant l'individualisme, la compétition, la loi du plus fort et l'efficacité économique, toutes notions dont la simple évocation déclenche l'orgasme chez certains.

 

Voter et après … ? la guerre civile apaisée ?

 

A gauche, le vide, le reniement, l'abandon en rase campagne de valeurs soi-disant d'un autre temps : humanisme, solidarité, projet commun, dépassement de contingences imposées par des idéologies prônant l'individualisme, la compétition, la loi du plus fort et l'efficacité économique, toutes notions dont la simple évocation déclenche l'orgasme chez certains. A la trappe les avatars du Socialisme, de la sociale-démocratie, du social-libéralisme, en résumé de la sociale-compromission.

 

Alors, en pratique, au second tour des présidentielles , prêts à voter utile afin d'éviter la peste brune ? Plutôt Sarkozix le gaulois, le zébulon obscène de la politique ou Juppé, père de la Nation, condamné en 2004 à 14 mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité, l'homme modéré qui a mis des millions de français dans la rue en décembre 1995 ?. Celui qui a endossé les habits du sage dans ce vaudeville grotesque qui mérite jets de tomates et de boules puantes. Prêts à continuer avec les mêmes maquillés en moins pires, pour des politiques encore plus libérales, avec à la clé plus de sacrifices et de souffrances pour les mêmes, salariés, retraités, smicards, précaires, chômeurs ? Il est vrai et il faut bien le constater, dans cette Démocratie en état de pourrissement avancé, une majorité de ceux qui vont « déguster » le plus sont prêts à voter pour leurs futurs bourreaux, au choix par masochisme, inconscience, désespérance, frustration ou autres motivations mystérieuses. Un genre de syndrome de Stockholm.

 

Il reste et ce n'est pas une mince affaire (!) à arrêter cette mascarade démocratique, ce jeu de rôles et à trouver les moyens pour donner des coups de pied au cul à ceux et celles dont le goût du pouvoir pour le pouvoir est la seule raison de vivre. Voter ou ne pas voter ? Plus précisément voter blanc ? Pour ma part, le choix est fait.

 

Valmy (20 septembre 1792) et la naissance de la République, la Commune de Paris ( 18 mars au 28 mai 1871) et l'honneur de la Nation face aux lâchetés, compromissions et calculs politiciens, ces deux moments essentiels de notre Histoire commune sont les symboles (pas les seuls bien sûr) d'un dépassement individuel et collectif pour le projet d'un mieux vivre pour tous. Ces hommes et femmes libres voulaient décider seuls de la couleur de leur avenir, sans les chaînes imposées par l'ennemi d'hier et aujourd'hui par une idéologie mortifère servie par une minorité hors sol.

 

« Si la puissance de la morale n'est pas, pour ainsi dire, le pouvoir constituant de la République, la République n'existe pas » (Mme de Staël, citation rappelée je crois dans un de ses billets par Vingtras, dont je recommande par ailleurs la lecture du blog)

 

Que reste t-il de la morale aujourd'hui , ou de l'éthique pour enlever la connotation religieuse du terme (mais il s'agit toujours de mœurs, du bien agir) dans les pratiques de la sphère politique ? Les mesures à prendre pour un renouveau démocratique sont connues : réformes institutionnelles, transparence, suppression des privilèges, mise au pas de l'énarchie et de la noblesse d’État, etc...Il reste à définir les moyens pour les imposer. Ces moyens ne passent pas par le vote résigné pour les prétendants actuels. Le vote d’adhésion concerne aujourd'hui une minorité d'électeurs au mieux sans esprit critique au pire fanatisés. La question : qui représente aujourd'hui les valeurs auxquelles nous adhérons ?

 

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