Coup de gueule d'un citoyen ordinaire

Coup de gueule destiné aux partis politiques, aux laudateurs du néolibéralisme, aux lobbys qui imposent leur loi, à la pensée unique qui fait croire qu'il n'y a pas d'alternative à la régression sociale, le travailleur devenant la seule variable d'ajustement à l'économie. Liste non exhaustive....mais aussi quelques propositions pour réconcilier citoyens et politique

 

 

 

Coup de gueule d'un citoyen ordinaire

 

 

 

 

 

 

 

 

 



 

« Attendre d'en savoir assez pour agir en toute lumière c'est se condamner à l'inaction  » (Jean Rostand)

 

«  Il ne faut avoir aucun regret pour le passé, aucun remords pour le présent, et une confiance inébranlable pour l'avenir » (Jean Jaurès)

 

« Il faut rêver très haut pour ne pas réaliser trop bas » (Alfred Capus)

 

 

 

 

 

 

 

Avant-Propos

 

 

 

Chacun le ressent, soit de manière intuitive soit par son vécu : le glissement progressif vers le chaos gagne de la vitesse. Des mouvements citoyens s'organisent pour exprimer un ras le bol généralisé et pour proposer des alternatives aux solutions néolibérales hégémoniques qui sévissent depuis l'ère Reagan-Thatcher. Ils souhaitent également remettre en cause les pratiques démocratiques de la classe politique.

 

 

 

Quelles sont les raisons et surtout quels sont les responsables de cette crise globale, sur les plans politique, économique et sociale ? Nous les connaissons, nous voulons les nommer. Ils suscitent au minimum un profond mépris. Liste non exhaustive bien sûr. Et si la photo est incomplète elle permet cependant d'y discerner quelques traits significatifs d'un processus cohérent et gagnant pour les uns (une minorité), mais absurde et destructeur pour les autres.

 

 

 

 

 

Mépris donc pour :

 

 

 

- les enracinés de la politique, les faiseurs de mots portés par la vague médiatique, les coupables de nos maux toujours actifs, les irresponsables aux slogans de publicitaires dévoyés.

 

 

 

- les corrompus-corrupteurs, toujours présents, fiers de l'être, applaudis souvent par ceux là même qui devraient les lier sur le banc d'infamie.

 

 

- les professionnels du mensonge, des reniements et des ralliements aux idées autrefois combattues, la main sur le cœur au nom de la Vertu.

 

- les spécialistes des réseaux, toujours placés, jamais perdants. Protégés, bien au chaud, les donneurs de leçons qui ne risquent rien mais osent tout.

 

 

- les cumulards sans vergogne, les accapareurs insatiables du pouvoir. Leur ego boursouflé les maintient en activité longtemps, très longtemps...

 

- les religions qui toutes en leur sein, nourrissent fanatisme et haine, et qui au nom d'un Dieu inventé par les hommes, sèment pour leur salut la terreur et la mort! Le Diable est au chômage, leur Dieu se charge de tout. Les religions : une névrose collective (Freud, au secours!) et un bilan globalement négatif.

 

- les fossoyeurs de la laïcité, qui concession après concession, permettent insidieusement l'expression dans la vie publique de l'intolérance religieuse, fauteuse de troubles, potentiellement dangereuse pour la paix civile.

 

- les partis politiques décrédibilisés qui labourent le champ populiste. Ils excluent et désignent des boucs émissaires . Impuissants à résoudre le problème du chômage de masse et de la précarité généralisée, ils excitent les peurs et les haines pour ramasser la mise électorale. Pitoyables et irresponsables ! Extrême droite et néofascisme seront les fruits de leur calcul politicien.

 

 

Mépris pour :

 

 

 

- les laudateurs du dogme libéral qui se prosternent devant le totem du : il n'y a pas d'alternative (T.I.N.A). Pas d'alternative à la compétition sans limite entre les États et entre les salariés entre eux. Pour gagner cette lutte sans merci, la promotion du moins-disant social partout et la course au moins disant-fiscal pratiqué dans certains pays comme le Royaume uni, les Pays Bas, l'Irlande, la Belgique et le Luxembourg ; le droit du travail laminé, les petits boulots, les CDD et le travail partiel. Avec les salaires de misère qui les accompagnent. Un esclavagisme «moderne» pour lutter contre la fameuse rigidité du marché du travail. Le salarié est pour ces fanatiques du laisser-faire l'unique variable d'ajustement à l'économie mondialisée. Le salarié français contre le salarié polonais ou espagnol, le salarié européen contre le salarié chinois ou vietnamien. Conséquence : la déflation salariale, à l'origine de la déflation générale qui mine les économies. Les mesures prises par les banques centrales n'y changeront rien. Le salaire médian reste en rade depuis des années ; on assiste à la course au low- cost, aux petits prix et donc aux importations massives provenant des pays à bas coûts salariaux. Au final, les fermetures de nos usines. Chômage, comptes sociaux à la dérive, et pour « boucler la boucle », les politiques de rigueur pour la majorité de la population. La fraude fiscale à grande échelle (pas de fraude, pas de dette publique) et l'incapacité de nos industriels à fabriquer les produits et services adaptés à la concurrence internationale participent à ce cercle vicieux délétère.

 

La dernière fumisterie en date : la fameuse flexisécurité, créatrice d'emplois. Et bien chiche : 100% flexibilité mais en retour 100% sécurité.

En pratique, après toute perte d'emploi, droit à une formation pour l'approfondissement des compétences ou pour une reconversion s'il s'avère nécessaire de changer d'activité professionnelle. Et bien sûr une allocation chômage s'élevant à 80% du dernier salaire sans limite dans le temps jusqu'à la reprise d'emploi. Hors ces conditions, il s'agirait d'un marché de dupes. Donc m.... à la flexisécurité sauce libérale.

 

 

Mépris pour

 

 

 

- les idéologues forcenés de la suppression des 35 heures. Automatisation, robotisation, informatisation, internet...toutes ces technologies transforment le rapport au travail et surtout réduisent les temps de production et suppriment des dizaines de métiers. Le secteur des services créent moins d'emplois que les industries traditionnelles du siècle précédent. La part de gâteau, le nombre d'heures potentiel fourni par l'activité économique n'augmente pas. Depuis le début du XXème siècle, le temps de travail n'a cessé de diminuer. Pour quelles raisons subtiles, celui-ci devrait-il augmenter aujourd'hui. En réalité, il faut baisser drastiquement le temps de travail et le partager afin de faire régresser et le chômage et la précarité. Le capitalisme financier ne veut pas en entendre parler. Trop dangereux. Multiplier les contrats atypiques, CDD, intérim, temps partiel, contrats zéro heure, contrats de mission, autoentrepreneuriat subi, externalisation etc...permet de diviser les salariés sous pression et les mettre en compétition entre eux. Les fonctionnaires et les personnels en CDI sont montrés du doigt. Leur contrat les protégerait aux dépens des précaires. Les fameux « insiders » contre les « ousiders » ,  termes utilisés par des technocrates et des journalistes « insiders » eux-mêmes, pour impressionner les gogos. Çà fait moderne. Du toc. Tout le monde « out » donc, voilà la recette !

 

Ainsi, ce qui devrait être la norme pour tous les salariés devient l'exceptionnel. La solution serait de généraliser la précarité donc l'insécurité. Et insidieusement ce renversement entre le normal et l'anormal s'incruste dans les esprits ! Il faut tirer les conditions de travail de tous vers le bas. La Société ira mieux !!! Avec un idéal, chacun créera son propre emploi. A la clé, petit boulot, petit salaire. La jungle comme cadre idéal du vivre ensemble. Serons-nous toujours consentants ?

 

Quelques mots sur ces petits marquis dépositaires de la doxa libérale. Ils n'ont de cesse de continuer leur travail de sape de la Société .

Ils remettent en cause notre système de protection sociale qui leur hérisse le poil réactionnaire. Trop onéreux selon ces planqués, il serait inadapté au monde merveilleux actuel, et dommageable à notre « compétitivité  », ce mot-valise, excuse à l'alignement du haut vers le bas. Sans les inégalités sociales, sans le chômage de masse qui prive les caisses de solidarité des cotisations, sans la fraude et l'évasion fiscales, sans le dumping fiscal dont bénéficient les multinationales qui ne paient pas d'impôts ou si peu, notre modèle social serait-il dans cet état ? Comme d'habitude l'ordre des facteurs est inversé. Les conséquences deviennent les causes.

Ces mêmes hémiplégiques du cerveau nous servent une petite musique suggérant que la situation enviable (?) des seniors le serait au dépens des plus jeunes. Ces privilégiés, les retraités, ont connu le plein emploi, que la honte et la culpabilité les étreignent. Toujours la technique d'opposer les catégories sociales entre elles : les salariés du privé contre les fonctionnaires, maintenant les « dedans » contre les « dehors », les jeunes contre les plus vieux. Stigmatiser il en restera toujours quelque chose.

 

Ces petits marquis confits dans leurs certitudes nous sommes de faire un choix : la détérioration des conditions de vie pour tous ou le collapsus économique et la France engloutie dans une crise mortelle. Refusons ce dilemme imposé artificiellement, cette perversité du raisonnement. La question n'est pas de savoir si les précédentes générations sont des privilégiés, elle est de savoir comment réformer en profondeur un système aussi dégénéré qui fait des jeunes générations de la chair à canon dans la guerre économique voulue par une minorité de décideurs planqués.

 

Les acquis sociaux ne sont pas des mots grossiers dont il faut avoir honte. Il s'agit de droits obtenus par les luttes de générations successives, au prix d'emprisonnement et de la mort d'hommes et femmes qui pensaient aux générations futures, nous. L'oubli de cette Histoire est une trahison, un naufrage pour nos sociétés.

 

Il y en assez de cette culture de la punition propagée par l'idéologie néolibérale mortifère actuelle. Non la souffrance n'est pas l'horizon indépassable de nos existences. Les mots bonheur et bien-être restent dans le dictionnaire malgré les efforts pour les faire disparaître du vocabulaire. Les tenants du libéralisme économique veulent nous transformer en pénitents et s'érigent en juges. Nous sommes les juges, ils sont les accusés.

 

 

 

 

 

Mépris pour :

 

 

 

- les labellisés « grands » patrons qui servent d'abord la soupe à des actionnaires toujours plus voraces. A tout les coups ils gagnent. Pile : résultats à la dérive, je pars avec un très gros chèque et une retraite chapeau. Face : j'augmente la valeur du dividende grâce aux plans de licenciements appelés restructurations, et à moi les bonus, super bonus, doublement du salaire fixe. Sans oublier les stock-options et les options de performance. Le code de bonne conduite du MEDEF qui devait modérer la rapacité patronale est une farce. Ces «  grands  » patrons qui détruisent plus d'emplois qu'ils n'en créent ne sont pas indispensables à la Société. Qu'ils pratiquent la mobilité professionnelle tant vantée en se délocalisant à l'étranger ! Concurrence entre requins pour obtenir les meilleures places. Parfait. Qu'ils dégagent ! Autant d'économies pour les entreprises.

 

L'incompétence d'une partie du patronat ne lui permet pas de penser l'avenir et de définir une stratégie industrielle adaptée. Le chômage, c'est lui, ce patronat congelé dans la certitude d'être le meilleur au monde. Comparons la balance commerciale de l’Allemagne et de la France...

L''Allemagne taille des croupières à la France non pour des raisons de coûts salariaux mais essentiellement pour des facteurs de hors-coûts . Ils sont connus ; le positionnement produits ( haut de gamme, plus de valeur ajoutée ), l'organisation (en réseaux) et la structure des entreprises (taille) bien mieux adaptée en Allemagne pour faire face à la concurrence internationale.

 

 

Mépris pour :

 

- les États qui pratiquent un double discours sur les paradis fiscaux, l'évasion et l'optimisation fiscale agressive . En paroles une lutte sans merci, et dans les faits, une mollesse permettant aux nantis, aux mafias de tous ordres, aux multinationales de faire fructifier des milliards d'argent sale. Le régime sec pour les peuples, l'opulence sans vergogne pour les tricheurs. Les États organisent de fait leur insolvabilité. Elle permet de maintenir les peuples sous le joug de l'austérité. Les velléités de lutte sont ainsi étouffées, les travailleurs craignant de perdre le peu qui leur reste. Le système brinquebalant se maintient par la crainte, l'insécurité sociale. Scandale après scandale, rien ne change, sauf à la marge. Du vent !

 

- la Finance incontrôlée depuis des décennies et devenue maintenant incontrôlable. Des produits financiers spéculatifs pourris sont injectés volontairement dans l'économie pour des profits exorbitants réalisés à court terme. On connaît les conséquences: explosions de bulles financières à intervalles de plus en plus rapprochées, crises économiques et sociales touchant des millions de citoyens, le chômage et le basculement dans la grande pauvreté pour un très grand nombre. Les coupables nous les connaissons. Il s 'agit des dirigeants des banques internationales, les mêmes qui conservent leur poste avec superbonus, stock-options, et salaires stratosphériques. Goldman Sachs (Llyod Blankfein), Bank of America (Brian T.Moynihan) , Morgan Stanley (James P.Gorman), JP Morgan Chase (Jamie Dimon), UBS (Axel A. Weber), Barclays ( John Mac Farlane), HSBC (Stuart Gulliver), Citigroup (Michael Corbat), RBS (Steven Hester), Deutsche Bank ( John Cryan et Jürgen Fitschen), Crédit Suisse ( Urs Rohner), Wells Fargo (John G.Stumpf), BNP Paribas ( Jean-Laurent Bonnafé), Société Générale (Frédéric Oudéa) Voilà une liste partielle de banques prises la main dans le sac. Ces banques sont complices selon leur spécialité de l'évasion fiscale (avec l'aide de cabinets d'audit), des manipulations de cours, de blanchiment d'argent sale des cartels de la drogue, d'ententes, de délits d'initiés et autres fantaisies. L'impunité totale dont bénéficie leurs dirigeants est parfaitement scandaleuse. Les lanceurs d'alerte qui démontrent la réalité de ces scandales sont eux poursuivis pénalement, licenciés, et finissent au RSA.

La seule façon d'en finir est d'appliquer la Justice commune, celle qui est appliquée à tous les citoyens qui volent et grugent, et de prononcer des peines de prison comme pour B.Madoff, l'escroc financier qui a eu le tort lui, de flouer ses amis les riches.

 

Arrogants et protégés par des gouvernements hypocrites qui leur assurent l'immunité totale, ces grands de la Finance appartiennent à la caste des intouchables. En France, ils sont issus des mêmes écoles : Centrale, Polytechnique, les Mines, l'ENA...Même creuset intellectuel, même incapacité à appréhender la vie de leurs concitoyens. Tous copains, ils se côtoient dans les mêmes cercles privés, les mêmes restaurants, se croisent dans les allées du Pouvoir, tutoient ministres et présidents de la République, se tapent sur l'épaule et se rendent les menus services qui font les obligés. Obligé d'un jour, obligé toujours.

 

 

 

 

 

Mépris pour :

 

 

 

- les lobbys en général qui par leurs actions hors contrôle détruisent l'environnement, dégradent les conditions de vie de centaines de millions de personnes, propagent leurs activités mortifères : lobbys de l'industrie agroalimentaire, de l'industrie chimique et du pétrole, de l'industrie automobile, du transport, de la finance, tous professionnels de la prédation des richesses communes et de la destruction de l'environnement. Les lobbys suscitent les lois à leur avantage voire écrivent directement les amendements qui sont ensuite votés au Parlement Européen ou dans les parlements nationaux.

 

Ne passons pas à côté d'un cas spécifique français, celui du lobby nucléaire. Composé d'ingénieurs issus du Corps des mines, de l’École polytechnique, de l'ENA, du CEA, d' EDF, de la Fédération nationale des mines et de l'énergie CGT, ce lobby ruine les finances publiques, génère une dette colossale que nous devrons régler. Il bloque le développement des énergies renouvelables, protège coûte que coûte une technologie du XXème siècle qui s’avérera un jour pour la France nucléarisée jusqu'à la gueule une arme de destruction massive. Ce lobby et les gouvernements qui l'ont soutenu porteront la responsabilité de la catastrophe majeure à venir. Probabilité faible selon les experts nucléocrates mais sûrement des conséquences infinies pour des millions de personnes et pour des milliers d'années. Rendre des comptes c'est maintenant. Le débat national sur le nucléaire c'est maintenant.

 

Après Three Mile Island en 1979, Tchernobyl en 1986, Fukushima en 2011, demain à qui le tour : Bugey, Chinon, Nogent, Golfech, Flamenville, Saint Laurent … ? Nous avons le choix. 19 centrales nucléaires en activité, 58 réacteurs. En 2013, 127 incidents recensés. En 2015 ? « Jusqu'à présent tout va bien... ». Quant aux déchets, nous nous préparons à les mettre « sous le tapis » (projet Bure dans la Meuse).

 

 

 

Mépris pour :

 

 

 

- le soi-disant gouvernement de gauche qui se distingue encore d'un gouvernement de droite par un peu plus de clairvoyance sur les problèmes sociétaux. Le S de P.S a valsé. Il reste donc plus grand' chose... Les lignes libérale (Macron le banquier) et sécuritaire (Valls le minoritaire) sont au pouvoir. Débat sur la déchéance de nationalité, nouvelle loi sur le travail, les dernières trouvailles droitières d'un gouvernement discrédité qui a failli moralement et politiquement et qui en 2017 recueillera la défaite et le déshonneur.

 

- une certaine classe politique moisie par le temps, professionnels des plateaux télé, sorte de« tournez manège », ils reviennent sans cesse malgré leurs échecs, éternels va et vient de politiciens impudiques et sans amour-propre. L'obscénité et l'inculture les caractérisent. Les médias nous vendent par période des têtes nouvelles, des produits marketing fabriqués et cornaqués par des communicants grassement payés . S.Royal il y a 10 ans, aujourd'hui E.Macron, blairiste à la mode frenchie, tête de gondole médiatisée du libéralisme économique, B. Le Maire... . Emballage différent, blabla insipide structuré à partir d'éléments de langage bien rodés. La com, encore la com, toujours la com. L'essentiel est de trouver le créneau porteur qui permettra de se différencier. Des convictions à géométrie variable selon l'air du temps et selon les auditoires. Hommes et femmes politiques et produits de consommation de masse : les mêmes outils marketing pour lier une sauce ragoûtante mais frelatée.

 

 

 

Devant cette politique-spectacle, la « bête immonde » se pourlèche les babines. Elle prendra le pouvoir, question de temps. Proche. Le fruit est quasiment mûr. Nos politiques, dont les représentants de la gauche dite moderne, les traîtres à Jaurès, Blum, Mendès France, tous donc, s'avèrent les alliés objectifs de l'extrême-droite. La petitesse de leur esprit, ces mauvais gestionnaires du temps qui passe, leur médiocrité nous condamnent à une France rabougrie. La France mérite-t-elle çà ?.Oui si elle préfère la résignation à la révolte, le chacun pour soi à un sursaut collectif. Oui si elle décide de s'en remettre à des jeunes vieux qui se qualifient de modernes, qui lors de leur lancement sur le marché politique font les couvertures de Paris Mach et de Gala, de préférence en famille ( c'est plus vendeur «  coco »).

 

 

 

Notre démocratie à bout de souffle verra probablement l'élection à la présidentielle de 2017 d'un homme « nouveau », dont la carrière politique a démarré il y a 40 ans. Hier. Un futur président condamné par la Justice à 14 mois de prison avec sursis et à une peine d'inéligibilité d'1ans! Dans son arrêt la Cour estimait que «M.J. n'avait pas appliqué à son propre parti les règles qu'il avait votées au parlement. » La Cour ajoutait: « Il est également regrettable que M. J. dont les qualités intellectuelles sont unanimement reconnues, n'ait pas cru devoir assumer devant la Justice l'ensemble de ses responsabilités pénales et ait maintenu la négation de faits avérés ». Existe t-il un autre pays démocratique développé où une telle configuration politique serait envisageable ? Les vaincus d'hier et d'avant avant-hier seront comme d'habitude les vainqueurs de demain. Jusqu'au bouquet final …

 

Comment expliquer le masochisme de citoyens appartenant aux classes moyenne et modeste prêts à voter pour des candidats de droite qui leur promettent avec délectation, et uniquement à eux, « du sang et des larmes »  ? Voter pour ces représentants d'une droite rétrograde, ringarde, passéiste, qui honnit les améliorations apportées au cours de l'histoire à la vie des travailleurs, qui hurle à chaque avancée sociétale apportant des droits supplémentaires aux citoyens. Rappelons-nous hystérie de cette droite lors des débats sur la contraception, le droit à l'IVG, le PACS, le mariage pour tous .

 

 

 

Pourquoi ce consentement à recevoir seuls les coups des ayatollahs du libéralisme économique ? Pourquoi chercher le bouc émissaire dans celui qui est encore plus mal situé dans l'échelle sociale ? Se désolidariser permettrait-il de se protéger d'une forme de virus appelée exclusion ? La peur de basculer vers les classes les plus modestes voire dans l'extrême pauvreté explique ce comportement destructeur pour la Société. Le mécontentement doit viser d'autres cibles que les laisser pour compte et les plus faibles.

 

 

 

La force du discours néolibéral est d'avoir convaincu l'ensemble de la classe des travailleurs que leur sacrifice demeurait la seule voie de salut, un mal nécessaire au bon fonctionnement de la déesse Économie. Tout cela pour un meilleur à venir. Chapeau ! Le néolibéralisme est incompatible avec le mieux-vivre pour tous et avec la Démocratie. Il creuse en effet les inégalités sociales, entre les nantis et les autres mais également entre les classes d'âge ; il appauvrit la classe moyenne qui se réduit comme peau de chagrin, fabrique l'exclusion avec comme résultat la vague du populisme triomphant et la poussée de l’extrémisme de droite qui l'accompagne.

 

 

 

Libéralisme économique partout, Justice sociale nulle part.

 

 

 

 

Mépris pour :

 

- la caste des héritiers, sans mérite ni talents, filles et fils d'enrichis : spéculateurs, rentiers de la finance et de l'élite managériale aux rémunérations scandaleuses, pour certains clients des paradis fiscaux. L'argent va à l'argent : c'est une réalité. Arrogants et méprisants, ces parasites de la société pratiquent l'entre-soi et l'autosatisfaction. Ils participent à la dérive ploutocratique de notre démocratie, le fric étant devenu le marqueur essentiel du mérite, le sésame pour investir les pouvoirs politique et économique. Contrairement au discours dominant, ce qui prévaut dans la société capitaliste actuelle ce n'est pas la prime donnée au talent, au savoir-faire et à la créativité mais aux rentes de situation. Elle fabrique des lignées d'héritiers glandeurs.

 

- les manipulateurs des mots, économistes*, journalistes drogués aux buzz et aux petites phrases, experts de tout poil qui ânonnent leur bréviaire pour les nuls. Ils pervertissent les mots, les vident de leur sens. Quand ils disent réforme il faut entendre régression; réforme du marché du travail, portes ouvertes au licenciement; flexibilité, précarité ; modernité, archaïsme ; investisseur, spéculateur; optimisation fiscale, évasion fiscale; mérite, rente de situation. La tromperie commence avec les mêmes mots détournés de leur sens et répétés à l'envi depuis des dizaines d'années.

 

Dégoupillons nos mots pour faire exploser les leurs.

 

Au final leur mensonge est devenu la vérité... que beaucoup partagent hélas. Ainsi de la fameuse dette que les peuples doivent à tout prix rembourser. Ce n'est pas notre dette. C'est celle de la finance dérégulée avec ses crises à répétition, des gouvernements drogués aux projets inutiles, mal pensés, et budgétés le doigt mouillé. C'est la dette que nous devons aux fraudes fiscale et sociale. La seule dette qui nous concerne est la dette écologique dont nous sommes pour une part responsables. Elle engage les générations futures. Le reste : fadaise, guignolade.

 

Et maintenant ? Stop ou encore ? Nous poussons au déraillement du train néolibéral ? Ou bien nous persévérons dans ce jeu de dupes jusqu'au crash final ? Inégalités sociales . Destruction de l'environnement. Pollution. Réchauffement climatique et ses conséquences dramatiques.

 

Prenons la mascarade de la COP 21 ou plus précisément de la COM 21 (dans l'attente de la COP 100 ). Les engagements pris en décembre 2015 nous mènent à +3,5% en 2100 sachant que la tendance actuelle est à +4,5%. Nos politiques ne prendront jamais en compte cette urgence, manque de vision, de courage et de pédagogie, mais surtout prisonniers complaisants des lobbys, des réseaux, et liés par des connivences indéfectibles. Le capitalisme financier ne peut survivre qu'au prix de notre surconsommation, nos accommodements avec le système, notre accoutumance aux inégalités sociales , notre complicité gourmande avec l'obsolescence programmée des produits, notre comportement d'acheteur compulsif de produits nouveaux ou présentés comme tels. Le libéralisme économique se nourrit de l'épuisement de toutes les ressources naturelles et sans une réaction forte de la société civile, les énergies fossiles seront extraites jusqu'à la dernière goutte. Pour mémoire, en 2011 les réserves de pétrole s'élevait à 1700 milliards de barils pour une consommation depuis l'ère industrielle de 1200 milliards ! Nous ne serons pas en manque... Et n'oublions pas les fameux gaz de schiste qui rejettent 20 fois plus de méthane que les hydrocarbures conventionnels.... ! Chaud devant !

 

 

 

La réaction c'est maintenant, pas demain. Question de vie ou de mort. Le temps nous manque déjà. Peut-être une étincelle, un événement qui semble anodin. La prise de conscience. Et un processus historique s'enclenche....Tout n'est pas écrit.

 

 

 

En France, le renouveau démocratique est la première étape d'une révolution citoyenne pacifique. Il permettra la prise de conscience que le fameux dogme, «  il n'y a pas d'alternative » au système est une escroquerie de malfaisants. Leur faire comprendre que la fête est finie, que leur horizon n'est pas le nôtre. Il faut imposer des mesures de salubrité publique au Parlement. Aux prochaines élections , levote blanc (compté séparément du vote nul depuis une loi de février 2014) doit être l'arme de déstabilisation de la classe politique. Massif, le vote blanc obligera les politiques à repenser son rôle au service de la Nation. Massif, le vote blanc délégitimera ce qui apparaîtra comme une Représentation Nationale au rabais.

 

 

 

Continuer à voter -utile- c'est donner encore et encore un blanc seing à des futurs élus qui ne le méritent pas. Le vote blanc est une contestation, le moyen de dire « nous croyons en la possibilité de pratiquer la politique d'unefaçon noble et intègre, au bénéfice de la Collectivité, mais nous vous mettons, vouspersonnellement, hors-jeu ». Il ne se confond pas avec le vote pour les extrêmes en particulier avec le vote pour l'extrême droite, peste mortelle pour la Démocratie.

 

 

 

Le vote blanc permettrait à ceux qui votent Front National par dépit ou par désarroi en arguant, « on a déjà tout essayé », de montrer leur désaccord et leur colère et de se désolidariser d' électeurs décomplexés qui par conviction affirmée votent pour ce parti autoritaire, populiste, xénophobe et ultranationaliste.

 

 

 

 

 

Suggestions de quelques pistes :

 

 

 

A- sur le plan national

 

 

 

- revenir au septennat mais un septennat non renouvelable. Fini les « 3 ans je gouverne et les 2 ans qui restent je manœuvre pour me faire réélire. »

 

- rendre incompatible le mandat parlementaire avec un mandat local (conseiller municipal, conseiller départemental, conseiller général) ou avec une fonction exécutive locale (président de conseil régional, président de conseil départemental, maire). Il faut instaurer le mandat unique .

 

- limiter le nombre de mandats à 2.

 

- imposer une limite d'âge, 70 ans, pour les parlementaires et les personnes exerçant une fonction exécutive locale.

 

- interdire le cumul d'un mandat parlementaire avec certaines professions comme avocats d'affaires, un mélange des genres malsain.

- supprimer la pratique de la réserve parlementaire, source de clientélisme.

 

- supprimer l'ENA, vivier où se reproduisent nos élites, les futurs squatters des cabinets ministériels et de la Haute Administration (la promotion Voltaire par exemple). Constatons simplement l'état de la France aux mains de l'énarchie depuis des dizaines d'années... Avons nous besoin de cette exception française ?

 

- interdire les allers-retours entre les fonctions publique et le privé.

 

Les parlementaires demandent aux français plus de mobilité, et bien qu'ils montrent l'exemple.

 

- revenir sur la nomination automatique des anciens présidents de la République au Conseil constitutionnel (Sarkozy et ses casseroles au Conseil Constitutionnel !!!, sans parler d' anciens présidents cacochymes).

 

- supprimer les privilèges accordés aux anciens présidents de la République : bureau, secrétariat, voiture avec chauffeur, personnel de sécurité, etc...Après leur mandat, ils redeviennent des citoyens « normaux ». A la clé, 10 millions d'euros d'économie. Idem pour les anciens premiers ministres.

 

 

 

 

En résumé, il faut mettre un terme à la professionnalisation de la politique qui au final décrédibilise la Représentation Nationale. Nous en voyons les conséquences dommageables sur la vie démocratique en France : pas suffisamment de femmes malgré la loi sur la parité, origines sociales et professionnelles restreintes, représentants de la diversité quasi inexistants.

 

B- Sur le plan européen

 

 

 

La seconde étape de cette révolution citoyenne devrait se réaliser au niveau de l'Europe. Mais pas l'Europe des 28 États, communauté foutraque, ce « machin » comme le disait De Gaulle en parlant de l'ONU. Intérêts divergents, conception de la pratique démocratique inconciliable, modèles sociaux hétérogènes, l'Union Européenne n'est pas une communauté de pays, elle est devenu un assemblage d’États plus ou moins dissemblables. Chacun pousse son avantage comparatif aux dépens du voisin : moins-disants fiscal, social et environnemental, tous les moyens sont bons pour exacerber la compétition entre les pays. Ces pratiques de dumping encouragées par la Commission européenne rendent caduques la notion de concurrence libre et non faussée, la règle première gravée dans le marbre du traité constitutionnel de 2005 rejeté par les peuples français, irlandais et hollandais. Concurrence libre, oui, elle l'est. Totalement faussée elle l'est tout autant.

 

 

 

L'élargissement à la va-vite aux anciens pays du Bloc de l'Est pour des raisons politiques compréhensibles hier, s 'avère aujourd'hui une erreur qui a affaibli l'idéal européen et réduit nos moyens d'agir efficacement dans l'intérêt des peuples.

 

 

 

Comment repenser l'UE ? Plus d'intégration sans doute. Mais une intégration réalisée par étape à partir d'objectifs précis :

 

- une harmonisation fiscale

 

- une harmonisation des politiques sociales avec un alignement vers le haut

 

- une mise en place des politiques économiques fondées sur des indicateurs de bien-être en complément des chiffres du P.I.B , notion dépassée qui a démontré ses limites et sa perversité.

 

- une politique environnementale commune avec la révolution énergétique comme pivot.

 

- une politique de défense commune.

 

 

 

Cela implique de créer les cadres politique et organisationnel permettant de traduire cette volonté forte. Vaste et complexe programme. Au travail !

 

 

 

 

 

 

 

Cette nouvelle Union demandent quelques prérequis:

 

 

 

- avant tout la volonté politique.

- l'appartenance à la zone euro.

- des modèles sociaux et fiscaux proches.

- le respect des principes démocratiques et de la Charte des Droits fondamentaux (Dignité, Liberté, Égalité, Solidarité, Citoyenneté, Justice).

 

Allemagne, Autriche (?), Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande (?), Italie, Luxembourg (?), Pays-Bas et Portugal se retrouveraient potentiellement dans ce premier cercle soit 64% de la population de l'Union Européenne actuelle.

 

 

 

Avons nous les dirigeant(e) s politiques capables de réaliser ce projet indispensable à la réconciliation de nos concitoyens avec l'idée européenne ? En France, non. Petits et médiocres, sans vertu et sans scrupules, boutiquiers de la politique au jour le jour, leur ambition est au service exclusif d'un destin personnel. Le souffle de l'Histoire ne les effleure pas.

 

 

 

Nous revenons ainsi à la première étape : le renouveau démocratique et les moyens d'y arriver. Notre classe politique est le problème. La Politique est la solution. Avec enfin l'économie et la finance au service des peuples.

 

 

 

 

 

En conclusion, rappelons à nos dirigeantsquelques principes remisés semble t-il dans les poubelles de l'Histoire . Il s'agit de quelques articles de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme du 10 décembre 1948 :

 

 

 

Article 22

 

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

 

Article 23

 

1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.

2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.

3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.

4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 24

 

Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

 

Article 25

 

1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

 

Article 26

 

1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.

 

2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix.

Article 30

 

Aucune disposition de la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un État, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

 

 

 

*les économistes devraient apporter des réponses à la question essentielle de la répartition des richesses produites afin que celle-ci soit équitable et permette à chacun de vivre décemment. On attend et on pourra toujours attendre.

 

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