Brexit: une farce anglaise

Beaucoup de bruit pour rien ? une mauvaise comédie de boulevard? un référendum pour gogos? ou un gros et vulgaire chantage, coutume anglaise depuis M. Thatcher.

Nous connaissons déjà les cocus consentants de cette farce anglaise: la Commission européenne et les chefs d'Etat et de gouvernement. Les faits:

- David part, Boris arrive

- Boris n'est pas plus antieuropéen que ne l'est David. Pro-Brexit par opportunisme politique et non par conviction, ce référendum se révélait pour Boris le moyen de prendre la place de David.

- Boris n'activera pas l'article 50 du traité de Lisbonne définissant la procédure pour quitter l'Union. L'option sera entr'ouverte puis fermée. Boris va s'asseoir sur le résultat qui n'était d'ailleurs pas contraignant.

- la Commission européenne n'avait pas préparé de plan B

- A. Merkel et W. Schaüble sont les alliés objectifs des Britanniques, même goût prononcé pour l'idéologie néolibérale et le fameux" il n'y a pas d'altrernative"

- les Britanniques ne voudront pas renoncer aux  "bienfaits" du marché unique

- le lobby de la Finance avec la City en tête se chargeront de faire pression sur les politiques et l'Union européenne pour conserver le statu quo. Le rôle de la City doit rester prédominant. Que serait le Royaume Uni avec un secteur financier affaibli ?

- J.C. Juncker, président de la Commisssion européenne,  ex premier ministre d'un paradis fiscal, ne compte que des amis dans la Finance. On réglera l'affaire entre gens de bonne compagnie et avec le temps, va tout s'en va , même les problèmes

- quant à F.Hollande, ne tirons pas sur l'ambulance. Rien à attendre de l'homme des reniements. Rappelons nous ces engagements sur la baisse du chômage et l'amélioration de la situation des jeunes, conditions de son éventuelle candiature en 2017. " Les promesses n'engagent que ceux qui etc...". Sans oublier sa fameuse  renégociation du  traité sur la discipline budgétaire !

Conclusion: ce référendum permettra aux britanniques de faire chanter l'Union européenne et d'obtenir de nouvelles concessions. Le beurre, l'argent du beurre et la crémière. Ils sont forts quand même ! Profiter de la faiblesse de dirigeants européeens sans vision, sans projet, voilà un manque de fair-play avéré qui n'est pas dans la tradition de nos chers amis d'outre-Manche.

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