La France molle et la lutte des classes

Depuis la fin des fameuses Trente Glorieuses, nous étions dedans sans le savoir. ..la lutte des classes étaient toujours d'actualité

Depuis la fin des fameuses Trente Glorieuses , nous étions dedans sans le savoir, ou plus sûrement nous voulions l'ignorer :  la lutte des classes  était toujours  d'actualité. Concept archaïque qui sent la naphtaline. Aujourd'hui, l' Histoire nous repasse les plats. Elle nous rappelle quelques évidences dont la première : dans une lutte il ne peut pas y avoir seulement des vainqueurs. Et dans ce combat, tous les coups sont permis sauf que les coups viennent toujours du même camp, celui qui a les moyens de les réunir et de les utiliser : financiers, économiques, militaires et de police pour maintenir l'ordre, son ordre. Les 10% contre les 90 %. Que savons nous aujourd'hui ? Le populisme de droite est le marche pied du fascisme ou assimilé, toujours; le populisme de gauche en France lui, ne fait pas le poids. Il se fourvoie dans un discours qui reprend la thématique de l'extrême droite, l'opposition élite - peuple en lieu et place de celle de la lutte des classes, les possédants riches contre ceux qui ont peu ou rien. Il crée la confusion politique et sera inéluctablement le dindon de la farce électorale. Macron et ce qu'il représente, la dictature néolibérale, a mis en place avec les gouvernements précédents les lois pour empêcher l'expression de toute révolte citoyenne qui exigerait le retour à la Démocratie vraiment représentative. Celle-ci se trouve, nous le savons dans un état comateux remplacée en France par une ploutocratie énarchisée. Les forces de l'ordre  ( de désordre ?  ) ont reçu la permission de tirer à vue sur les manifestants avec des armes dites non létales ! Hypocrisie !   Ignominie ! Les -gilets jaunes- font l'expérience de cette liberté à réprimer . Ce n'est qu'un exercice préparatoire. La Police, la Collaboration elle connaît. Toujours fidèle, toujours du côté du manche, celui qui cogne. La France qui vote au centre, à droite et bien sûr à l'extrême droite, c'est -à- dire la majorité, préférera l'ordre au soi-disant désordre organisé sciemment par le pouvoir pour diviser la Communauté des citoyens. Cette France-là préférera sacrifier sa liberté pour sauvegarder un ordre qui ne sera pas le sien mais celui de ses maîtres. " Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité, ne mérite ni l'une ni l'autre et finit par perdre les deux" ( B. Franklin ). Cette France-là est l'alliée objective des 10 % les plus riches qui détiennent tous les pouvoirs y compris le pouvoir politique. La France molle anesthesiée choisira de crever lentement en sacrifiant un peu beaucoup de protection sociale,  un peu beaucoup de droit du travail plutôt que de prendre le risque d'un "saut " dans l'inconnu. La certitude de l'esclavage plutôt que l'incertitude d'un avenir à construire. Les inégalités sociales plutôt que l'effort solidaire. La peur au ventre de perdre le peu qui lui restera. La Gauche, moteur des avancées sociales en France, joue les utilités et fait de la figuration.  Le pouvoir macronien ou le pouvoir fasciste qui attend son heure ( le néolibéralisme mène au fascisme inéxorablement ), ont déjà désigné au choix les boucs émissaires à cette multitude : l'immigré, le musulman et "l'assisté ". Ces 2 visages du pouvoir autoritaire possèdent un avantage déterminant sur l'expression démocratique et les voies qu'elle emprunte, le débat, la contestation et les remises en cause: ils ont la Finance et le pouvoir économique avec eux. Le besoin de l'ordre est vital pour se maintenir et durer. Et gageons que lorsque le désordre climatique sera installé, aucun autre désordre sera toléré, la répression sera féroce.  Ni les luttes sociales ni la lutte active donc radicale contre le réchauffement climatique auront les possibilités de s'exprimer. Il ne faut pas se tromper,  ces 2 luttes vont de pair et se renforcent l'une l'autre. Opposer les deux est une forfaiture. 

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