Davos : on va droit dans le mur

Davos : on va droit dans le mur

 

Le cru 2016  du Forum économique de Davos s’ouvre aujourd’hui.

Bien évidemment, on n'y parlera pas des inégalités planétaires (qui se creusent à la fois par l'enrichissement des plus riches et l'appauvrissement des plus pauvres). On n'y parlera pas non plus de la corruption planétaire (cancer qui crée mécaniquement une concurrence déloyale et faussée, donc la négation du libéralisme).

On évitera soigneusement le thème de l’évasion fiscale qui paupérise les Etats et les contraint à se placer en concurrence parfaite pour attirer les entreprises qui veulent bien leur accorder quelques subsides (comme la grande distribution avec ses fournisseurs, avec le résultat que l’on connait pour les fournisseurs, c’est à dire la paupérisation).

On ne trouvera pas un moment pour d’aborder « l’échec de la mondialisation » tel que le décrivait le Président de Davos en janvier 2014.

A ce propos, en tant que Président du Comité Pauvreté et Politique, j’ai passé plusieurs mois à réclamer un rendez-vous avec Davos pour aborder ce sujet et surtout les solutions à mettre en place pour transformer cet échec en réussite. Réponse téléphonique : nous ne sommes qu’une plate forme qui permet aux gens d’échanger entre eux sur les grands sujets, mais nous n’avons pas vocation à proposer des solutions. Oups ! Pourtant j’avais joint les propositions du Comité sur ce sujet, telles qu’elles sont sur notre site (www.pauvrete-politique.com, volet économique, chapitre « mondialisation – Davos »).

Evidemment, on ne parlera pas non plus du chômage mondial, alors qu’en janvier 2014, le Président de Davos qualifiait la situation de 75 millions de jeunes au chômage sur la planète de « poudrière ».

On n’aura pas non plus le temps d’aborder le problème crucial de la suprématie du droit du commerce sur le droit sociétal et environnemental, suprématie que l’Union Européenne est en train de consolider joyeusement, dans le cadre de la négociation du TTIP ou TAFATA, malgré l’opposition du Parlement Européen et du Ministre français du commerce extérieur.

Tout ce qui précède (et bien d’autres sujets toujours esquivés, tels que les biens communs à tous les citoyens du monde, la nécessaire réciprocité des échanges, le problème monétaire, ainsi que l’endettement des Etats qui n’a pas de solution) aboutissent à ce que rien ne s’oppose à un accroissement de l’enrichissement des plus riches et à un appauvrissement des plus pauvres.

Sachant que, selon OXFAM, Cette année « 62 personnes possèdent autant que la moitié la plus pauvre de la population mondiale », et que ce chiffre va progresser, comment cela peut-il finir ?

Sachant que tous ces sujets relèvent d'un chef d'Etat, de quoi les candidats vont-ils nous  parler pendant les primaires en 2016 ?

Bertrand de Kermel

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