La question démocratique de la monnaie

Les économies du nord sont caractérisées depuis 1945 par une montée de la population et du PIB. Plus une économie possède d’acteurs et de produits à échanger, plus la masse monétaire doit s’agrandir pour juste maintenir les échanges et les prix. Il est donc fondamental d’avoir un outil qui permet d’ajuster la masse monétaire au besoin de l’économie.

Les économies européennes sont caractérisées depuis la seconde guerre mondiale par une montée importante de leurs populations et de leurs tailles mesurées par le PIB. Afin de maintenir les échanges en son sein, plus une économie possède d’acteurs et de produits à échanger, plus la masse monétaire doit s’agrandir pour juste maintenir les échanges et les prix. Il est donc fondamental d’avoir un outil qui permet d’ajuster la masse monétaire au besoin de l’économie. Cet outil doit atteindre a minima deux objectifs :

- être capable de créer cette monnaie de manière pérenne

- être capable de distribuer cette monnaie à tous les acteurs économiques à due proportion de manière à ce que cette distribution n’aggrave pas les inégalités (on peut argumenter sur la nécessité d’utiliser ce mécanisme pour les réduire et lutter contre la concentration du capital propre à notre mode d’organisation économique).

Il est intéressant de constater comment a crû la masse monétaire en Europe depuis l’introduction de l’Euro. Le graphique suivant présente cette évolution en bleue pour la masse monétaire M1, M2 et M3 ainsi que la variation annuelle de M3 d’après les chiffres de la BCE.

 

Fig 1 : D’après la BCE, la masse monétaire dans la zone Euro a augmentée d’environ 8 à 10% par an entre 2000 et 2007 (M1 correspond aux billets, pièces et dépôts à vue. M2 correspond à M1 plus les dépôts à termes inférieurs ou égaux à deux ans et les dépôts assortis d'un préavis de remboursement inférieur ou égal à trois mois (par exemple, pour la France, le livret jeune ou le CODEVI, les livrets A et bleu, le compte d'épargne logement, le livret d'épargne populaire...). M3 correspond à M2 plus les instruments négociables sur le marché monétaire émis par les institutions financières monétaires (IFM), et qui représentent des avoirs dont le degré de liquidité est élevé avec peu de risque de perte de capital en cas de liquidation (ex : OPCVM monétaire, certificat de dépôt, créance inférieure ou égale à deux ans).

Ce graphique basé sur les données de la BCE démontre que la masse monétaire M3 (les liquidités en circulation en résumé) a augmenté de près de 10% par an entre 2000 et 2007 puis a ralenti lors de la crise avant de repartir à un rythme un peu moins soutenu depuis.

Question : comment cette injection de monnaie est faite ?

Réponse : principalement par le recours au crédit (crédit aux ménages et aux entreprises, endettement des états et des collectivités)

Problèmes du système adopté :

L’injection de la monnaie par le crédit ne remplit aucun des objectifs précédents. L’injection de monnaie mise en œuvre est temporaire car à la fin du remboursement du crédit, la masse monétaire est revenue à sa valeur antérieure. Cela signifie que la totalité de l’augmentation de la masse monétaire depuis 50 ans repose sur les encours de crédit et donc sur la dette privée et publique qui en est la contrepartie. Le remboursement de la dette est donc impossible sauf à créer une contraction de la masse monétaire et le gel des échanges ! Il n’y a donc pas d’autre choix que de soit déclarer la dette non remboursable ce qui créerait une cascade de défaut, ce qui est donc à proscrire, ou, autre solution, de procéder à la monétisation de la dette i .e. à l’émission d’euros sonnants et trébuchants par la BCE en remboursement de la dette des états et la mise en place d’un dividende monétaire universel distribué par les états pour resolvabiliser les acteurs économiques, en particulier les ménages et permettre un soutien à la demande économique.

C’est bien évidemment cette solution qui nous permettra de sortir de la crise permanente dans laquelle nous nous enfonçons en visant à nous débarrasser une fois pour toute de ce problème de dette dont nous venons de comprendre qu’il résulte d’un mauvais choix d’outil de création monétaire.

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