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Billet de blog 10 sept. 2016

Illibéralité du libéralisme

La liberté des sectateurs du libéralisme est historiquement à géométrie variable. Retour sur le tissu de contradictions d'une idéologie globalisée qui, sous couvert de briser les chaînes, les a affermies aux poignets du plus grand nombre.

Bertrand ROUZIES
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Le dortoir des esclaves de George Washington, à Mount Vernon © http://louisblogsallocinefr.over-blog.com/

Les vices de forme du système libéral

Quand les libéraux contemporains sont attaqués sur les conséquences indéniablement désastreuses, du point de vue humain et environnemental, des politiques qu’ils n’ont de cesse de promouvoir à longueur d’antenne et de tribune, leur défense consiste soit à se démarquer des "monstrueux" néolibéraux de tendance libertarienne ou néoconservatrice, soit à remonter aux illustres ancêtres de leur courant de pensée, les Locke, Burke, Smith, Montesquieu, Sieyès, Calhoun, Tocqueville, Mill, et j’en passe, qu’ils ont lus très en travers, mais au contact desquels ils requinquent leur passion d’une liberté qui ne souffre aucune diminution de son champ d’exercice, dans la limite toutefois des libertés circonvoisines. À entendre les plus exaltés, il n’existerait pas de liberté en dehors du libéralisme. Or, la liberté de ces libéraux-là, hostile à l’absolutisme autocratique et au minimum défiante à l’égard de l’État providence, est une liberté de nantis, de (grands) propriétaires qui entendent régner absolument sur leur pré carré et, s’ils en ont, sur leurs salariés. Ces salariés, dans la République de leurs vœux, sont leurs égaux en droit, vernis d’humanisme oblige, mais leurs esclaves de fait.

Cerbères intraitables de la sphère privée, les libéraux se sont donné les moyens politiques d’exercer tranquillement leur tyrannie domestique ‒ l’usine, l’entreprise ou le magasin, gérés militairement, ainsi que Marx l’a très tôt noté dans le Manifeste du Parti communiste[1], reconduisent le domaine rural romain, matrice du fief médiéval ‒ en accaparant les leviers de gouvernement au détriment d’une majorité laborieuse pauvre, jugée naturellement incapable de comprendre où se trouvent ses intérêts et confinée, au mieux, dans une citoyenneté passive, en forme d’éternelle minorité. Cette contradiction interne, assumée par les pères référents[2], est la plus manifeste d’une longue liste qu’il serait bon de produire à charge, de temps à autre, car elle sape la trop belle ordonnance d’un système beaucoup moins solide, à y regarder de plus près, que son concurrent décrié, le socialisme (ouh ! le vilain mot), tenu un peu trop vite pour mort. Voici trois autres exemples de contradiction :

- Le libéralisme défend bec et ongles le droit de propriété, mais de quelle propriété s’agit-il ? Car pour ce qui était des « sauvages » qui gênaient l’expansion pionnière ou des petits paysans qui gênaient l’agro-industrie de rente, l’expropriation était encouragée au XVIIIe siècle et au siècle suivant, âge d’or du libéralisme. Les premiers n’ayant aucun titre de propriété à produire, on ne se faisait pas un scrupule de s’emparer de leurs terres. Tocqueville, bien forcé de reconnaître qu’il y a des Amérindiens en Amérique, s’empresse aussitôt de les arracher à ce terroir qui doit revenir aux seuls hommes à même de le mettre en valeur, à savoir les colons blancs :

« Quoique le vaste pays […] fût habité par de nombreuses tribus d’indigènes, on peut dire avec justice qu’à l’époque de la découverte il ne formait encore qu’un désert. Les Indiens l’occupaient, mais ils ne le possédaient pas. C’est par l’agriculture que l’homme s’approprie le sol et les premiers habitants de l’Amérique du Nord vivaient du produit de la chasse. »[3]

Quant aux petits paysans, la troupe et les tracasseries administratives ‒ l’État est bien utile dans ces cas-là ‒ avaient vite raison de leur résistance aux préceptes de l’évangile selon saint Lucre. Marx, dans Le Capital, dénonce la violence inouïe qui, à l’instigation des landlords, s’est abattue sur les cultivateurs anglais jusqu’au début du XIXe siècle, les autorités n’hésitant pas, pour accélérer le processus de clôture des parcelles, à raser des villages entiers. Leurs occupants, contraints de fuir, libéraient ainsi les terres communes, aussitôt privatisées et transformées en pâturages pour l’industrie textile[4]. Il existe encore au XXIe siècle des fronts pionniers où ces pratiques sont monnaie courante.

- Le libéralisme défend le partnership librement consenti et l’autonomie individuelle, mais exerçait, au siècle des Lumières, un contrôle brutal et inexpiable sur les « machines bipèdes »[5] (Sieyès) des classes laborieuses. Malthusianisme, répression féroce du vagabondage et de l’oisiveté, travail forcé dans les workhouses (la workhouse était une sorte d’hospice-prison pour indigents inactifs), enrôlement forcé dans l’armée, voilà le programme de récupération qui attendait les ouvriers dans les périodes de crise et de chômage de masse. Et comme certains préféraient encore l’enfer des workhouses à la mort par inanition, Tocqueville ‒ encore lui ‒ avait la solution : « Nous devons évidemment rendre le secours déplaisant ; nous devons séparer les familles, faire de la maison de travail une prison, et rendre notre charité repoussante. »[6] Proudhon ne se prive pas de railler la manie coercitive de l’école libérale, ailleurs illustrée par les délires panoptiques de Bentham :

« Elle qui en toute circonstance et en tout lieu professe le laissez faire, laissez aller, qui reprochera aux socialistes de substituer leurs convictions aux lois de nature, qui proteste contre toute intervention de l’État, et qui réclame à droite et à gauche la liberté, rien d’autre que la liberté, n’hésite pas, quand il s’agit de fécondité conjugale, à crier aux époux : Halte là ! Quel démon vous pousse ! »[7]

Ainsi la main d’œuvre était-elle scrutée constamment par ses maîtres, au cas où, en plus des vices inhérents à sa condition, elle aurait développé des velléités d’élévation contre nature. L’obsession moderne de l’évaluation, qui fait des ravages dans les administrations publiques managées, n’est jamais que l’aboutissement ultime, facilité par les nouvelles technologies, d’un processus entamé dans le cerveau malade de certains libéraux anglais.

- Le libéralisme prétend être à la pointe du combat contre les vestiges de l’Ancien Régime. Pourtant, si les corporations, abolies par la loi Le Chapelier de 1791, fournissent un repoussoir aux libéraux pour disqualifier les syndicats, accusés de les faire revivre[8], lorsqu’il s’agit de définir la main d’œuvre idéale, c’est dans une paysannerie fantasmée d’Ancien Régime qu’ils trouvent leur modèle. Pour Mandeville, les ruraux sont plus fiables que les urbains. On peut compter sur ces « pauvres paysans bornés », tout remplis d’« innocence » et d’« honnêteté », qui, « dès la plus tendre enfance », acquièrent le sens de l’obéissance à l’autorité et perpétuent la tradition[9]. Tocqueville loue le « genre de bonheur végétatif » dont jouissaient, selon lui, les pauvres sous l’Ancien Régime[10]. On sait par quels moyens l’industrie publicitaire, de nos jours, s’efforce d’entretenir le « bonheur végétatif » du prolétariat. On sait également combien nos politiciens choient une certaine ruralité réactionnaire, empoisonneuse, hypermécanisée et surarmée. Rien de nouveau sous le soleil. On rappellera au passage que la haine du syndicalisme, si vivement exprimée par un certain Premier ministre français lors des mobilisations contre la loi Travail en 2016, a un ancrage profond dans la perception qu’ont les libéraux de la révolution française de 1848 et surtout de la Commune. Hayek, grand pontife du renouveau libéral au XXe siècle, voit dans cette dernière, qui a tant saigné pour la reconnaissance des organisations ouvrières, le point de bascule à partir duquel la doctrine libérale a amorcé son déclin[11]. Un syndicalisme éruptif, inventif et collaboratif à la façon d’une université populaire est la hantise des libéraux.

La grande régression

La république contractuelle des libéraux, on l’aura compris, est une démocratie restrictive, en net recul même par rapport à la constitution athénienne antique ; c’est la « démocratie du peuple des seigneurs », comme la définit Domenico Losurdo dans sa Contre-histoire du libéralisme (La Découverte/Poche, Paris, 2014). Les effets  bénéfiques du « doux commerce » à l’anglo-saxonne sur la condition humaine, tant vantés par Montesquieu, qui feignait en son temps d’en ignorer les ressorts profonds, continuent de se faire attendre pour l’immense majorité des hommes, réduits à l’état de minerai sur l’étalage de la libre concurrence. L’économie libérale a longtemps reposé sur deux piliers dont ne parlent jamais ses thuriféraires : l’esclavage racial et l’esclavage salarial.

Au XVIIIe siècle, l’esclavage n’était pas un impensé du courant libéral, mais un point délicat de sa doctrine qui risquait de lui valoir le qualificatif oxymorique d’« illibéral ». La traite négrière et le travail servile atteignent en effet un pic à cette époque et ce, non pas en dépit des préceptes libéraux, mais à cause de leur mise en application dans les entreprises coloniales. On oublie un peu vite que les trois révolutions libérales, l’indépendance des Pays-Bas, la Glorieuse Révolution qui amena sur le trône d’Angleterre un prince hollandais et l’indépendance des États-Unis d’Amérique, sont toutes trois liées étroitement à l’expansion coloniale. Cette dernière passait d’abord par une déshumanisation des autochtones, que leur statut de païens condamnait d’office à être traités comme des bêtes (on trouve à ce sujet des abominations sous la plume de Hugo Grotius, qui parle de « guerre juste » d’extermination, « bellum justum », les Occidentaux se voyant en belluaires). La colonisation de Java par les Hollandais, en l’espace d’un siècle, transforma l’île en désert. Voici le tableau qu’en dresse Marx : « Partout où [les Hollandais] mettaient le pied, la dévastation et la dépopulation marquaient leur passage. Une province de Java, Banyuwangi, comptait en 1750 plus de 80 000 habitants. En 1811, elle n’en avait plus que 8 000. Voilà le doux commerce. »[12] L’Angleterre, pays si chatouilleux sur le chapitre des libertés, n’était pas en reste dans ses colonies. Locke a des mots aussi durs que ceux de Grotius à l’endroit des Amérindiens. Comme l’Amérindien s’oppose à la mise en valeur par les colons blancs de terres réputées incultes, on peut l’assimiler aux « bêtes sauvages près de qui l’être humain ne connaît ni société ni sécurité ». « On peut donc le détruire comme un lion, comme un tigre. »[13] Ce discours-là sera récupéré sans vergogne par les colons américains émancipés de la métropole et, singulièrement, par le premier d’entre eux, George Washington. L’identification aux Hébreux s’installant en Terre promise, comme l’a remarqué l’historien Arnold Toynbee, aura beaucoup aidé ces nobles consciences à s’exonérer à bon compte de leur responsabilité dans des pratiques génocidaires contraires aux principes chrétiens dont elles se réclamaient : 

« Le “chrétien biblique” de race et d’origine européenne qui s’est installé outre-mer parmi les peuples de race non européenne a fini inévitablement par s’identifier avec Israël qui obéit à la volonté de Jahvé et accomplit l’œuvre du Seigneur en prenant possession de la Terre promise, alors que d’autre part il a identifié les non-Européens rencontrés sur sa route avec les Cananéens que le Seigneur a mis entre les mains de son peuple élu pour qu’il les détruise ou les soumettre. En vertu de cette proposition, les colons protestants de langue anglaise du Nouveau Monde ont exterminé les Indiens nord-américains, de même que les bisons, d’une côte à l’autre du continent. »[14]

Un exemple de ces pratiques génocidaires est la traversée du « sentiers des larmes » par 14 000 Cherokees poussés à l’exode en plein hiver, sous la présidence Jackson. Eux aussi eussent pu s’identifier aux Hébreux chassés d’Égypte. 4 000 d’entre eux devaient périr en route.

Locke, grand référent libéral, inspirateur de la Révolution américaine, permet de faire le lien entre l’extermination des populations autochtones et l’esclavage. Locke était actionnaire de la Royal African Company et, à ce titre, s’intéressait à la traite autant qu’il y était intéressé. On sait moins que Locke fut co-auteur de la constitution esclavagiste de la colonie américaine de la Caroline, constitution par ailleurs célébrée par Voltaire pour sa tolérance religieuse. À la mort de Locke, en 1704, l’Angleterre et ses colonies comptaient un peu plus de 330 000 esclaves ; un siècle plus tard, elles en comptaient 3 000 000, soit presque dix fois plus, et Londres avait le monopole de la traite. Le champion du libéralisme aura fait pire que le Portugal (semi-colonie anglaise) et l’Espagne. L’Angleterre, sur son sol même, avait peu d’esclaves, mais le traitement infligé aux Irlandais et aux Écossais rappelait quelque peu celui infligé aux Noirs outre-Atlantique.

Cependant, c’est du côté des États-Unis d’Amérique que l’étrange, l’improbable alliage du « doux commerce » et de l’infâme institution de l’esclavage pose le plus de questions. Les contemporains de la guerre d’indépendance, en Amérique même et en Angleterre, y font souvent référence. Les trois principaux artisans de la Révolution américaine, rassemblés sous le fier étendard de la liberté, Thomas Jefferson, George Washington et James Madison, étaient des planteurs, propriétaires d’esclaves. La Virginie, colonie clé durant le conflit avec l’Angleterre, concentrait alors à elle seule 40 % des esclaves. Il semble, du reste, que ce soit un trafiquant hollandais qui y ait introduit le premier d’entre eux[15]. On comprend dès lors la phraséologie de certains rebelles parmi les plus véhéments qui accusaient l’Angleterre de les considérer comme des « Nègres »[16] en leur interdisant d’être dûment représentés. Un loyaliste américain, Jonathan Boucher, ironise sur ces « bruyants avocats de la liberté » en même temps « maîtres d’esclaves les plus durs et les plus méchants »[17]. La charge de John Millar, représentant des Lumières écossaises, est encore plus impitoyable. Elle vise au cœur la profession de foi libérale, ce que Losurdo appelle le « pathos universaliste de la liberté » :

« Il est étrange que les mêmes individus qui parlent avec un style raffiné de liberté politique et qui considèrent comme l’un des droits inaliénables de l’humanité le droit d’imposer des taxes, n’aient aucun scrupule à réduire une grande partie des créatures semblables à eux dans des conditions telles qu’elles sont non seulement privées de la propriété, mais aussi de presque tous les droits. Le hasard n’a peut-être pas produit une situation plus capable que celle-ci de ridiculiser une hypothèse libérale ou de montrer combien peu la conduite des hommes est, au fond, orientée par quelque principe philosophique. »[18]

Benjamin Franklin, avec une énorme mauvaise foi, rétorquera du tac au tac aux détracteurs du jeune état que l’Angleterre, qui doit une grande part de son décollage économique à la traite, n’a pas de leçons d’humanité à donner. Toutefois, il ressort de la Constitution américaine (rédigée par Madison) une certaine gêne vis-à-vis de l’esclavage, évoqué en creux. Le préambule de celle-ci rappelle la nécessité « de sauvegarder, pour nous-mêmes et pour nos descendants, le don de la liberté ». Cependant, dès l’article I, une opposition est marquée entre les « hommes libres » et le « reste de la population » (other persons). Le « reste » désigne ici des esclaves. Leur nombre, réduits à trois cinquièmes, était ajouté à celui des hommes libres (free persons) pour le calcul de la représentation des états esclavagistes à la Chambre. On admirera ailleurs le tour euphémistique donné à la description de l’obligation de rendre un esclave en fuite à son propriétaire « légitime » :

« Toute personne soumise à des prestations de service ou de travail dans l’un des États, selon les lois en vigueur, et qui se serait réfugiée dans un autre État, pourra, en vertu de toute loi ou règlement qui y serait en vigueur, être exemptée de telles prestations de service ou de travail ; mais, sur requête de l’intéressé, elle sera rendue à la partie à qui de telles prestations sont dues. »

La Constitution de 1787 prévoyait d’abolir non pas l’esclavage, mais la traite, en 1808, ce qui fut fait. Minuscule progrès, qui ne tarit pas les flux. Les plus réticents à voir se réduire le périmètre des activités liées à l’esclavage furent les descendants des colons hollandais. Pour mémoire, en 1703, 42 % des propriétaires de maisons à New York, l’ancienne Nouvelle-Amsterdam, étaient des propriétaires d’esclaves.

Cette gêne vis-à-vis de l’esclavage est également perceptible, à un degré supérieur, chez un des plus fervents admirateurs français du monde libéral anglo-saxon, Montesquieu. Celui-ci, dans un premier temps, ne trouve qu’une seule raison à l’asservissement des Noirs par les Blancs et aucune autre, d’après lui, ne peut être alléguée en guise de justification : « Si j’avais à soutenir le droit que nous avons eu de rendre les nègres esclaves, voici ce que je dirais : les peuples d’Europe ayant exterminé ceux de l’Amérique, ils ont dû mettre en esclavage ceux de l’Afrique, pour s’en servir à défricher tant de terres. »[19] Néanmoins, le même amortit cette première attaque en remarquant qu’il est certains peuples, sous certains climats, enclins à servir plutôt qu’à commander. Cette naturalisation de l’esclavage rappelle ce qu’en disait Aristote, à cette nuance près que le philosophe grec liait l’état d’esclave au tempérament plutôt qu’au terroir. Si l’esclavage est intolérable aux Européens, en Europe même, par raison naturelle, constate Montesquieu, il est florissant ailleurs, dans l’Empire ottoman, en Russie (servage) et en Afrique, par la même raison naturelle. Il convient de s’en accommoder en tentant d’améliorer le sort du bétail humain qui alimente les colonies occidentales : « De quelque nature que soit l’esclavage, il faut que les lois civiles cherchent à en ôter, d’un côté les abus, et, de l’autre, les dangers. »[20] On notera que Montesquieu ne parle pas d’abolir l’esclavage mais de l’amender. Les « lois civiles » dont il parle sont celles promulguées en 1685 dans le Code noir de Louis XIV, où l’on peut lire, entre autres prescriptions ignobles (jugées encore trop indulgentes par certains planteurs) :

« Déclarons les esclaves êtres meubles […]. Voulons que les hommes libres qui auront eu des enfants avec des esclaves soient condamnés et lesdits esclaves confisqués au profit de l’hôpital […]. Leur défendons de tenir le marché des esclaves le dimanche […]. Défendons aux curés de marier des esclaves sans le consentement de leurs maîtres […]. Les enfants qui naîtront seront esclaves […]. Les esclaves non baptisés seront enterrés de nuit dans un champ voisin […], car tel est notre bon plaisir. Signé : Louis. »

On ne peut pas comprendre la gêne des supporters du libéralisme les moins aveuglés si l’on omet de se pencher sur la nature de l’esclavage anglo-saxon. Cet esclavage-là n’avait quasiment pas de précédents. C’était un esclavage racial, infériorisant ou animalisant systématiquement les Noirs, les glaçant, pour ainsi dire, dans leur condition, sans leur laisser le moindre espoir d’y échapper un jour. L’Antiquité a rarement connu un esclavage de ce type. Dans la Grèce ancienne, les Grecs d’une cité vaincue à la guerre pouvaient être réduits en esclavage aussi bien que des barbares. Il existait aussi un esclavage pour dettes. Mais il n’était pas interdit aux esclaves, quelle que fût leur couleur de peau, de recouvrer leur liberté. Même possibilité chez les Romains, où certains affranchis et leurs descendants eurent des carrières politiques remarquables. Au Moyen Âge, il y eut un temps un esclavage racial, les Slaves païens ayant donné leur nom à la pratique, mais leur christianisation allait rendre ce trafic moins florissant et surtout moins « justifiable » du point de vue religieux[21]. C’est donc au XVIIIe siècle que se formalise une vision raciste dont la culture afro-américaine est encore très imprégnée. C’est à cette époque que se creuse un gouffre infranchissable entre la caste héréditaire des esclaves noirs et les Blancs, nés pour êtres libres, et que se développe parallèlement la phobie de la miscegenetion (le terme apparaît en 1863), du métissage. Dans les états américains esclavagistes, des lois interdisaient et criminalisaient les rapports sexuels et les mariages interraciaux, ce qui fit dire au prêtre anglais méthodiste John Wesley, par ailleurs contempteur de l’esclavage salarial dans les mines de charbon écossaises, que l’« esclavage américain [est] le plus vil qui soit jamais apparu sur la Terre »[22]. La condition des Noirs libres dans les états non esclavagistes était certes un peu plus enviable, mais elle butait sur un « préjugé de race » plus marqué encore, d’après Tocqueville, que dans les états du Sud. Dans le Nord, les Noirs pouvaient voter, mais ils mettaient leur vie en jeu en usant de ce droit. Ils pouvaient ester en justice, mais « il ne se trouv[ait] que des Blancs parmi [leurs] juges »[23]. Tocqueville enfonce le clou : « Les Nègres affranchis […] se trouv[ai]ent vis-à-vis des Européens dans une position analogue à celle des indigènes »[24].

L’apartheid comme modalité du libéralisme

Si la guerre de Sécession se conclut par l’abolition de l’esclavage en 1865 dans tous les états américains, force est de constater que la pleine jouissance de leurs droits civiques et politiques par les Afro-Américains fit rapidement long feu dans le Sud. La réconciliation de 1877 rendit caduque cette concession et l’autogouvernement des Blancs rétablis dans leurs privilèges soumit les anciens esclaves en principe émancipés à un terrorisme administratif raciste, au nom de la « White supremacy ». Une telle régression met fortement à mal l’exemplarité de la démocratie américaine. Elle est la preuve qu’un régime républicain libéral peut s’accommoder, hors contexte de guerre, de la suspension effective des droits civiques et politiques d’une partie de sa population, droits pourtant garantis par la constitution. La ségrégation raciale à l’œuvre dans les états du Sud allait inspirer, du reste, le régime d’apartheid qui s’instaurerait en Afrique du Sud après la guerre des Boers, « le bon sens » libéral du peuple britannique se refusant à toute forme d’« intrusion dans les questions purement internes du peuple auquel [venait d’être] accordée la pleine liberté de gouvernement »[25]. Elle inspirerait aussi ‒ et c’est plus inattendu ‒ les politiques coloniales anglaise et française dans leurs rapports avec les indigènes. Comme si les quelques opposants libéraux à l’esclavage lui trouvaient cependant en leur for une certaine utilité économique, beaucoup, comme Tocqueville et Mill, encouragent sa résurrection, à peine aboli, à destination des « races non civilisées »[26], sous la forme du travail contraint. Mill, qui s’était posé en farouche partisan de l’Union durant la guerre de Sécession, se montre ainsi un partisan tout aussi farouche d’un esclavage temporaire pour la « majorité de la race humaine », restée « à un état sauvage ou demi-sauvage »[27]. Des réflexions similaires se rencontraient chez Tocqueville avant même la guerre de Sécession, à propos de la colonisation de l’Algérie. En faisant mine d’ignorer que l’invasion française, plus sûrement que les déterminismes culturels, a créé et élargi, par son inexpiable brutalité, le fossé entre les deux peuples, il lâchait alors, péremptoire :

« La fusion [des Arabes et des Français] est une chimère qu’on ne rêve que quand on n’a pas été sur les lieux. Il peut donc et il doit y avoir deux législations très distinctes en Afrique parce qu’il s’y trouve deux sociétés très séparées. Rien n’empêche absolument, quand il s’agit des Européens, de les traiter comme s’ils étaient seuls, les règles qu’on fait pour eux ne devant jamais s’appliquer qu’à eux. »[28]

Si les libéraux envisagent avec horreur ou incrédulité un croisement entre les sauvages et eux-mêmes, cela ne les empêche nullement de rêver sur des croisements entre sauvages en vue de créer, dans un délire eugénique digne du Meilleur des mondes d’Aldous Huxley, une « race » servile fiable et disciplinée. Ainsi de Sieyès, qui pousse l’idée jusqu’à imaginer la création à partir de singes et de « Nègres » d’une « race de singes anthropomorphes » domesticables et plus aptes aux travail servile :

« Quelque extraordinaire, quelque immorale que cette idée puisse paraître au premier coup d’œil, je l’ai méditée longtemps, et vous ne trouverez pas d’autre moyen, dans une grande nation, surtout dans les pays très chauds et très froids, de concilier les directeurs des travaux avec les simples instruments de labeur. »[29]  

Et si la Révolution américaine n’avait pas révolutionné grand-chose…

Le président républicain Abraham Lincoln est au cœur d’une hagiographie abolitionniste qui nous masque un fait pour le moins troublant, si l’on était tenté de rapprocher son œuvre de l’action énergique et courageuse des quakers : l’honnête Ab était favorable à l’épuration ethnique. L’institution de l’esclavage, présente ici, absente là, était pour lui un ferment de désunion, l’obsession de toute sa vie, mais derrière l’esclavage, c’était la présence sur le sol américain de millions de Noirs qui détruisait à l’œil l’uniformité de la suprématie blanche, à laquelle il croyait lui aussi : « L’esclavage est la plus grande source d’amalgame. » Il visait, ce disant, les abus sexuels des maîtres blancs sur les esclaves noires, à l’origine des mulâtres ou sang-mêlés. Quoique partisan de l’abolition, Lincoln n’entendait pas s’appuyer dessus pour rehausser la condition des Afro-Américains : « [Je n’ai] aucunement l’intention d’introduire l’égalité politique et sociale entre les races blanche et noire. »[30] Il caressait même un moment, comme remède à l’amalgamation, l’idée de déporter en Amérique latine, chasse gardée des États-Unis, tous les Noirs émancipés[31]. C’est qu’en Amérique latine il se passait des choses bien plus favorables à la liberté au sens plein du terme que dans la nation qui prétendait l’incarner. Le vrai pôle rayonnant de la liberté non restrictive, de la liberté universelle des révolutionnaires français, qui abolirent une première fois l’esclavage en 1794, malgré le risque de voir les créoles esclavagistes des colonies faire sécession au nom de l’autogouvernement chers aux libéraux, n’était pas à Washington ou à Paris, mais à Saint-Domingue. C’était l’opinion de l’abbé Grégoire :

« La République haïtienne, par le fait seul de son existence, aura peut-être une grande influence sur la destinée des Africains du Nouveau Monde. […] Une république noire au milieu de l’Atlantique est un phare élevé vers lequel se tournent leurs regards. Les oppresseurs en rugissent, les opprimés en soupirent. À son aspect, l’espérance sourit à cinq millions d’esclaves épars dans les Antilles et sur le continent américain. »[32]

La promptitude avec laquelle le président Jefferson organisa le blocus de l’île purgée de toute forme d’esclavage par Toussaint-Louverture en dit long sur la menace que cette révolution faisait peser sur la suprématie blanche. Jefferson, bien avant Lincoln, réfléchissait déjà au moyen d’envoyer là, comme à la poubelle, les Noirs des plantations du Sud, dont il craignait la révolte, sous la conduite de quelque Spartacus. Mais n’accablons pas le seul Jefferson. La situation actuelle de l’état haïtien témoigne assez des embûches multiples et pérennes qu’ont dressées autour de lui tous les états coloniaux de la région, Angleterre et France en tête, et par-delà les gouvernements, l’économie libérale, droguée aux inégalités. S’il ne fallait parler que de l’Angleterre, on rappellera avec quelle férocité elle combattit les fondamentalistes méthodistes et baptistes qui, non contents d’évangéliser les esclaves, les encourageaient à se soulever contre les suppôts démoniaques de l’esclavage. En Jamaïque, dans les années 1830, des centaines de chrétiens noirs furent torturés ou passés par les armes ; des églises non conformistes furent saccagées et des prêtres humiliés ou condamnés à mort, tel le révérend John Smith. Lorsque le président haïtien Jean-Pierre Boyer annexa brièvement en 1822 la partie espagnole de l’île, libérant des milliers d’esclaves et leur distribuant des terres, un vent de panique s’empara des propriétaires d’esclaves cubains, qui se rapprochèrent du consul américain à La Havane pour réfléchir à une adhésion aux États-Unis. Le projet intéressa fortement Madison et Jefferson. La révolution haïtienne eut une influence décisive sur la réorientation de la révolution bolivarienne, au départ révolution créole et libérale, se réclamant de Montesquieu et de la constitution des États-Unis. Les Espagnols lui opposant une résistance acharnée, Simon Bolivar, contre les préjugés de sa classe, alla chercher l’appui de l’état haïtien. Le président Alexandre Pétion accepta de le soutenir, à condition qu’il affranchît tous les esclaves dans les territoires conquis sur les Espagnols. Bolivar y consentit et repartit avec 6 000 hommes, des armes et des munitions. L’effort, pour Haïti, était considérable, mais le jeu en valait la chandelle. La victoire de Bolivar conduisit à l’abolition de l’esclavage dans presque toute l’Amérique latine (signalons au passage que la révolte des Texans contre le Mexique en 1835, encouragée par les États-Unis, aboutit au rétablissement l’esclavage, aboli en 1829 ; merci Davy Crockett) et à un rééquilibrage socio-politique entre toutes les composantes ethniques. Se trouvait ainsi réalisé le cauchemar du melting pot tant redouté des libéraux étatsuniens. La manière dont Bolivar, à propos de l’identité vénézuélienne, retourne l’argument de la nature utilisé par les adeptes de la « White supremacy » mérite d’être rapportée, car elle continue d’alarmer la manie classificatrice, d’où sont sorties les pires horreurs, en faisant de la diversité dans l’égalité une force :

« Gardons présent à l’esprit que notre peuple n’est ni européen ni nord-américain ; au lieu d’être une émanation de l’Europe, il est un mixte d’Afrique et d’Amérique, parce que l’Espagne elle-même cesse d’être en Europe en raison de son sang africain, de ses institutions et de son caractère. Il est impossible de déterminer exactement à quelle famille humaine nous appartenons. La majeure partie des indigènes a été anéantie, les Européens se sont mélangés aux Américains et aux Africains, et ceux-ci avec les Indiens et les Européens. Tous nés du sein d’une même mère, nos pères, différents selon l’origine et le sang, sont étrangers les uns aux autres et tous diffèrent visiblement selon la couleur de la peau. Cette diversité comporte une conséquence de la plus grande importance. Les citoyens du Venezuela jouissent tous, grâce à la Constitution, interprète de la Nature, d’une parfaite égalité politique. »[33]  

La statue de la liberté devrait se dresser à Caracas, non à New York.             

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[1] Marx parle d’« [ouvriers] organisés militairement » en « simples soldats de l’industrie […], placés sous la surveillance d’une hiérarchie complète de sous-officiers et d’officiers » (Karl Marx, Manifeste du Parti communiste, 10/18, Paris, 1964, p. 29).

[2] La naturalisation de la pauvreté se rencontre chez Edmund Burke : la misère, selon lui, découle du « mécontentement divin » et on ne peut y remédier sans remettre en cause les « lois du commerce », qui « sont les lois de la nature et par conséquent les lois de Dieu » (Edmund Burke, The Works. A New Edition, Rivington, Londres, 1826, vol. VII, p. 404). Tocqueville donne dans la même veine. Après le déclenchement de la révolution de 1848, en février, il rejette l’influence de ces « théories économiques et politiques » socialistes qui voudraient faire « croire que les misères humaines [sont] l’œuvre des lois et non de la Providence, et que l’on [peut] supprimer la pauvreté en changeant la société d’assiette » (Alexis de Tocqueville, Œuvres complètes, Gallimard, Paris, 1951, vol. XII, p. 92-94, 84).

[3] Tocqueville, Œuvres complètes, op. cit., vol. I, p. 25 et 59.

[4] Karl Marx, Œuvres, Économie I, coll. « Pléiade », Gallimard, Paris, 1965,p. 1184.

[5] Emmanuel-Joseph Sieyès, Écrits politiques, Éditions des Archives contemporaines, Paris, 1985, p. 80.

[6] Cité par Hugh Brogan, « Introduction », in Alexis Tocqueville, Œuvres complètes, op. cit., vol. VI, p. 35 (note du journal du 4 février 1851).

[7] Pierre-Joseph Proudhon, De la justice dans la Révolution et dans l’Église, Fayard, Paris, 1988, t. 1, p. 511.

[8] Pareto vilipende « l’immunité du Moyen Âge » dont jouiraient les syndicats (Vilfredo Pareto, La Transformation de la démocratie, Droz, Genève, 1970, p. 24 et 35).

[9] Bernard de Mandeville, La Fable des abeilles, Vrin, Paris, 1990, première partie, p. 212 et 240.

[10] Tocqueville, Œuvres complètes, op. cit., vol. XVI, p. 121.

[11] Friedrich A. Hayek, Nouveaux Essais de philosophie, de science politique, d’économie et d’histoire des idées, Les Belles Lettres, Paris, 2008, p. 132.

[12] Marx, Le Capital, op. cit., p. 1214.

[13] John Locke, Deux Traités du gouvernement, Vrin, Paris, 1997, Second Traité, 11, 16, p. 143 et 146.

[14] A. J. Toynbee, A Study of History, Oxford University Press, Londres et New York, 1962, vol. 1, p. 211-212.

[15] Francis Jennings, The Creation of America, Cambridge University Press, Cambridge et New York, 2000, p. 26.

[16] Jonathan Boucher, cité in Anne Y. Zimmer, Jonathan Boucher. Loyalist in Exile, Wayne State University Press, Detroit, 1978, p. 297.

[17] Ainsi de John Adams.

[18] John Millar, The Origin of the Distinction of Ranks (1771), Scientia, Aalen (rist. 4e éd., Blackwood-Longman, Hurst, Rees & Orme, Édimbourg-Londres, 1806), 1986, p. 294.

[19] Charles-Louis Montesquieu, De l’esprit des lois, 2 tomes, « Folio », Gallimard, Paris, 1995, XV, 5.

[20] Ibid., XV, 11.

[21] L’Église médiévale entendait garantir aux esclaves la possibilité de mener une vie chrétienne. Elle leur reconnaissait le droit de fonder une famille et engageait tout homme libre à respecter la chasteté et l’honneur de leur femme et de leurs filles. Il s’est vu des maîtres dénoncés à l’Inquisition pour avoir bafoué les droits de leurs esclaves.

[22] Robert Isaac Wilberforce, The Life of William Wilberforce, by His Sons, 5 vol., Murray, Londres, 1838, vol. I, p. 297 (lettre de J. Wesley à W. Wilberforce, 24 février 1791).

[23] Tocqueville, De la démocratie en Amérique, coll. « Bouquins », Robert Laffont, Paris, 1986, p. 319.

[24] Ibid., p. 325.

[25] Arthur Chamberlain, cité in Thomas J. Noer, Briton, Boer, and Yankee. The United States and South Africa, 1870-1914, Kent State University Press, Kent (Ohio), 1978, P. 115.

[26] John Stuart Mill, Utilitarianism, Liberty, Representative Government, Dent, Londres, 1972, p. 198.

[27] Mill, Considérations sur le gouvernement représentatif, Gallimard, Paris, 2009, p. 66.

[28] Tocqueville, Œuvres complètes, op. cit., vol. III, p. 275.

[29] Sieyès, op. cit., p. 75.

[30] Abraham Lincoln, Speeches and Writings, Don E. Fehrenbacher (dir.), 2 vol., Library of America, New York, 1989, vol. I, p. 400, 511-512, 636.

[31] Thomas F. Gossett, Race. The History of an Idea in America (1963), Schocken Books, New York, 1965, p. 400, 511-512, 636.

[32] Abbé Grégoire, De la noblesse de la peau, Jérôme Million, Grenoble, 1996, p. 81-82.

[33] Simón Bolívar, Obras completas, Vicente Lecuna (dir.), Ministerio de Educación nacional de los Estados Unidos de Venezuela, Caracas, vol. III, p. 682.

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