«Bon appétit messieurs! O ministres intègres!»

Les dernières révélations de Mediapart sur le train de vie dispendieux de François de Rugy, ministre et « gen-pille-homme » (Rabelais), réactivent la célèbre et indémodable diatribe de Ruy Blas dans la scène 2 de l’acte III de la pièce homonyme de Victor Hugo. Elles reposent aussi la question d’une représentation politique qui s’envisage moins dans la délégation que dans la distinction.

Jupiter est aveugle, à s’entourer d’escrocs,
De ministres des vents, manches à air sans tripes,
Valets à particule et nouveaux archétypes
Du traître parasite attaché par les crocs.

Si la pègre a ses lois, le vice ses hérauts,
L’ivresse des hauteurs s’affranchit des principes.
Plus on te révère, homme, et plus tu te dissipes.
Le trône perd le saint, qui sacre les zéros.

Implacable redite au fil des ans qui passent
Que l’avilissement du pouvoir par l’élu
Qui s’en drogue et n’en est guère plus efficace.

Le prince le meilleur n’aspire pas à l’être,
Et s’il règne jamais, il faut qu’il règne nu,
Ainsi lui passera le goût d’être le maître.

Extrait de "Ruy Blas" (1838), de Victor Hugo. Mise en scène de Christian Schiaretti pour le TNP de Villeurbanne, avec Nicolas Gonzales dans le rôle de Ruy Blas. © France 3 (2013)

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