Droits de l'Homme. Au Grand Théâtre de La Havane, Obama plaide pour les libertés

Critique des médias dominants et particulièrement de Médiapart, en raison de son choix informationnel à l'occasion de l'historique conférence de presse conjointe d'Obama et de Castro à la Havane: les enjeux du débat au sujet de droits de l'homme sont caricaturalement esquivés.

 

Au Grand Théâtre de La Havane, Obama plaide pour les libertés

 

23 mars 2016 | Par La rédaction de Mediapart

 

Barack Obama s'est livré à un plaidoyer passionné en faveur des libertés politiques à Cuba, mardi, lors d'un discours prononcé au troisième et dernier jour de sa visite historique dans l'île et retransmis en direct à la télévision cubaine. De sa tribune installée sur la scène du Grand Théâtre de La Havane, où il a été accueilli par son homologue cubain Raul Castro, le président des États-Unis a souhaité tendre une « main de l'amitié » à Cuba. Il a ainsi expliqué que sa venue à La Havane visait à « enterrer les derniers vestiges » de la guerre froide sur le continent américain.

 

Mais Barack Obama a également souhaité que l'île gouvernée par un système de parti unique engage des réformes politiques et économiques. « Les électeurs devraient pouvoir choisir leurs gouvernements dans le cadre d'élections libres et équitables », a déclaré le président américain. « Tout le monde n'est pas d'accord avec moi sur ce point, tout le monde n'est pas d'accord sur ce point avec le peuple américain mais je suis convaincu que les droits de l'homme sont universels », a-t-il poursuivi. « Je suis convaincu que ce sont les droits du peuple américain, du peuple cubain et des peuples du monde entier. »

 

« Je suis convaincu que les citoyens devraient être libres d'exprimer leur opinion sans crainte, de critiquer leur gouvernement et de manifester pacifiquement », a-t-il dit.

 

Le discours d'Obama au Gran Teatro avait été présenté par la Maison Blanche comme le point d'orgue de ce voyage présidentiel sans précédent depuis 88 ans, fruit du rapprochement bilatéral entamé en décembre 2014. Le président démocrate a été fortement applaudi à la fin de son allocution, quand il a réitéré son appel à la levée de l'embargo américain, à laquelle s'oppose le Congrès à majorité républicaine.
La visite de Barack Obama vise à rendre « irréversible » le dégel entre les États-Unis et Cuba avant le départ du président en exercice en janvier prochain, a souligné la Maison Blanche.

 

Les relations diplomatiques ont été rétablies en juillet dernier entre les deux pays, qui continuent néanmoins d'entretenir de profonds désaccords. Par ses mots prononcés dans le Grand Théâtre, Barack Obama a cherché à persuader les Cubains que sa nouvelle politique, qui prévoit entre autres de faciliter les déplacements et les échanges entre les deux pays, vise avant tout à améliorer le quotidien de la population cubaine.

 

Le président américain a voulu présenter une vision optimiste de l'avenir des relations bilatérales. « C'est à vous » de prendre des mesures pour changer le pays, a-t-il lancé à l'adresse des Cubains.

 

(Reuters)

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Commentaire:

 

 

Que Médiapart publie une information caricaturalement unilatérale de la conférence de presse  que Barack Obama et Raul Castro ont donnée, en dit long sur son véritable positionnement à gôôche!

 

Et pourtant le verbatim de cette conférence historique est disponible!

 

Par exemple, Obama dit: "... Les Etats Unis reconnaissent les progrès que Cuba a fait en tant que nation, ses énormes réalisations concernant l'éducation et la santé publique..."("The United States recognizes the progress that Cuba has made as a nation, it's enormous achivements in education and in health care")

 

Mais bien plus instructif, il dit, concernant ces mêmes droits de l'homme (éducation, santé publique...): "je pense que le président Castro a pointé cela dans ce qu'il dit: s'assurer que tout le monde ait accès a une éducation convenable, que les personnes âgés aient un minimum de ressources nécessaires, que ces choses sont aussi bien des droits humains. Personnellement je ne serais pas en désaccord là-dessus, mais cela ne rend pas les autres droits moins importants..." ( "President Castro, I think has pointed out that in his view, making sure that everybody is getting a decent education or health care, has basic security in old age, that those things are human rights as well. I personally would not disagree with that, but it doesn't detract from some of the other concerns.").

 

Le président du gouvernement des USA, sort de sa fonction représentative, pour dire qu'il n'est pas "PERSONNELLEMENT" contre le fait de considérer comme des droits de l'homme, des droits existentielles, comme l'accès à la santé, la protection des personnes âges, l'égalité de salaire hommes/femmes, l'accès égal à l'éducation à tous les niveaux!

 

En effet, ces droits indispensables ne sont pas respectés dans beaucoup de pays, et pas du tout aux Etats Unis!

 

Mais le gouvernement de la plus grande ploutocratie du monde veut donner des leçons de démocratie à un pays qui souffre toujours de l'embargo imposé par les américains - condamnable du point de vue du droit internationnal.

 

 

 

Après Cuba, Obama prend la direction de l'Argentine pour une visite officielle. Les démocrates de ce pays ne vont pas manquer de lui rappeler le soutien actif des gouvernements des USA à la dictature des colonels.

 

 

 

Les caricaturales omissions de nos médias dominants sont à observer pour ce qu'elles révèlent de l'état de crise de nos sociétés. Elles sont mortelles pour tout progrès démocratique. Le triomphe exponentiel de l'autoritarisme (Trump, Le Pen...) en témoigne.

 

 

 

Le monde réel et ses problématiques n'ont rien à faire avec un "journalisme" domestiqué digne de Disneyland.

 

Et si Médiapart, au service de ses lecteurs, publiait le verbatim en français de cette conférence de presse d'Obama et de Castro!

 

 Chiche!

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Commentaire: 

 

 

L'intégralité de la conférence de presse conjointe Obama/Castro est disponible sur le site de la Maison Blanche :

 

https://www.whitehouse.gov/photos-and-video/video/2016/03/21/president-obama-and-president-raul-castro-cuba-hold-joint-press-co

 

Le discours d'Obama au Grand Théatre de La Havane dont il est question dans cette brève est également disponible tant en anglais qu'en espagnol :

 

https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2016/03/22/remarks-president-obama-people-cuba

 

https://www.whitehouse.gov/the-press-office/2016/03/22/discurso-del-presidente-obama-al-pueblo-cubano

 

-----------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Commentaire:

 

 

Combien de français maîtrisent l'anglais et/ou l'espagnol?

 

Une traduction en français du verbatim de la Conférence historique d'Obama et de Castro s'impose.

 

Il est indispensable que ces échanges sur les conceptions des droits de l'homme entre deux hommes d'état d'envergure soient plus accessibles.

 

La mensonge par omission que constitue l'oblitération systématique par les Médias dominants des interventions de Raul Castro à la conférence de presse conjointe, ne sont pas un signe de force, mais bien d'une grande faiblesse!

 

Obama est maintenant en Argentine. Voici - un extrait - ce qu'en dit le journal espagnol El Pais, journal pourtant pas moins atlantiste que Médiapart:

 

"Obama demande à L'Argentine de rompre avec la méfiance du passé.

 

Le président demande de dépasser la méfiance entre Washington et l'Amérique Latine.

 

Obama souhaite terminer sa présidence avec un changement radical de l'image des Etats Unis en Amerique Latine. A Buenos-Aires au moment ou se commémorent les 40 ans d'une terrible dictature qui comptait avec le soutien initial des Etats Unis, son président a demandé de rompre avec la méfiance que ce passé a généré..."

 

"Obama pide a Argentina romper con la desconfianza del pasado.

 

El presidente pide superar la desconfianza entre Washington y América Latina.

 

Obama quiere terminar su presidencia con un cambio radical de la imagen de EEUU en Latinoamérica. En Buenos Aires justo cuando se cumplen 40 anos de una terrible dictadura que contó con el respaldo inicial de EEUU, su presidente pidió romper con la "desconfianza" que ese pasado ha generado..."

 

Que Médiapart s'abaisse à limiter son "information" sur l'actualité historique que constituent les échanges entre les gouvernements des USA et de Cuba à un communiqué caricatural de Reuters, qu'elle le publie, est symptomatique d'une conception médiocre de sa responsabilité d'informer.  

 

Mediapart compte manifestement sur une méconnaissance des enjeux internationaux de la part de ses lecteurs.

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.