Le débat de ce soir est évidemment sans enjeu autre que moral: choisir entre la peur et le courage. Entre le cynisme démagogique d’une mère Ubu qui en appelle à la bêtise de solutions mensongères et une intelligence sympathique vouée à la notion de croissance et de prospérité de la société française. Bien sûr, ce choix n’est pas difficile pour toute personne qui veut voir au-delà du bout de son nez, mais il est trompeur.
L’on ne peut que regretter que le second tour ne voie pas M. Mélenchon s’opposer à M. Macron. Et l’une des dernières erreurs de M. Hollande sera d’avoir confondu Mme Ubu et le démocrate M. Mélenchon dans la même notion d’extrémisme. Car, sans que l’on adhère au programme de M. Mélenchon, force est de reconnaître qu’il pose de vraies questions: celles de la “croissance” aveugle, de l’écologie, de l’avenir du nucléaire, du rôle extravagant de la finance, de la nécessité de régénérer l’Europe avec une Allemagne qui fasse preuve de clairvoyance, etc. Cependant la solution n’est pas, à mon avis, dans l’Etat-providence ni le retour à la retraite à 60 ans. En effet s’il est une chose dont la société française a aujourd’hui besoin, c’est de retrouver la notion d’effort. Et je ne comprends pas que l’anti-capitaliste M. Mélenchon n’internationalise pas le débat sur les travailleurs. Il lui suffirait d’aller, par exemple, en Inde ou en Afrique pour comprendre qu’il y a travailleur et travailleur.
Le problème est que les deux derniers quinquennats n’ont pas ouvert ces grands débats de société (si l’on excepte la cop 21) qui prennent du temps et ne peuvent se faire dans un agenda que limitent des processus purement électoraux. Car les Français sont capables de réfléchir. Encore faut-il qu’on les y aide un peu. Et cela, ni les politiciens ni les pseudo-intellectuels médiatiques ni les journalistes qui veulent jouer le jeu de la “neutralité” n’ont été capables de le faire.