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Billet de blog 8 nov. 2018

Que penser du tabac à chauffer, cette nouvelle alternative à la cigarette ?

Petit à petit, le tabac à chauffer fait son apparition chez les buralistes français. Cet hybride entre tabac à fumer et vapoteuse permet une réduction significative des risques pour la santé par rapport à la cigarette traditionnelle, mais n’en demeure pas moins nocif. Tour d’horizon du tabac à chauffer.

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La différence-clé entre le tabac à chauffer et la cigarette traditionnelle réside dans l’absence de combustion (tabac et papier). Là où une cigarette atteint une température de 800°C, le tabac à chauffer ne monte qu’entre 300 et 350°C, évitant ainsi la phase de la combustion, qui génère 90% à 95% des effets nocifs de la cigarette.

Le fumeur conserve, avec le tabac à chauffer, « l’expérience » de la fumée et du tabac, l’apport de nicotine (produit hautement addictif, mais pas nocif en soi), en limitant drastiquement les risques pour sa santé. C’est en tout cas le pari des industriels du secteur, qui estiment que le tabac à chauffer devrait permettre d’éradiquer à terme la cigarette traditionnelle.

Compte tenu du fait que les solutions de tabac à chauffer sont relativement récentes, on manque encore de recul et de données pour analyser leurs avantages et leurs dangers. Elles représentent toutefois des perspectives prometteuses pour tous ceux qui ne peuvent pas ou ne veulent pas arrêter de fumer.

Interrogé récemment sur le plateau de BFM Business, le porte-parole de PMI Science (qui a mis au point l’IQOS), a défendu les avantages du tabac à chauffer, y compris par rapport à la vapoteuse. Selon lui, le fait que le tabac à chauffer contienne du tabac est l’un des éléments qui le rend si efficace pour aider les fumeurs à lâcher la cigarette.

« En donnant du vrai tabac, on a un gout, on a une expérience, on a un rituel qui est beaucoup plus proche de celui de la véritable cigarette », a indiqué M. Di Giovanni. Pour lui, l’objectif « est de donner quelque chose de meilleur et de moins nocif pour les 13 millions de Français, et plus d’un milliard à travers la monde, qui fument ».

Le dossier de la semaine: Les moyens de diminuer les risques liés à la consommation de tabac - 30/06 © BFM Business

Malgré ses atouts, le tabac à chauffer n’est toutefois pas un produit sans risque, et les autorités sanitaires font en sorte que cela ne devienne pas un produit d’appel à la consommation de tabac. Car, par définition, si la nocivité est réduite de plus de 90% par rapport à la cigarette traditionnelle, le tabac à chauffer demeure un produit nocif pour la santé.

Le tabac à chauffer, qui permet d’inhaler de la nicotine, conserve surtout le même pouvoir addictif que la cigarette traditionnelle. Certes, la nicotine n’est pas en soit nocive, mais son caractère addictif est une excellente raison de tout faire pour que les primo-fumants (nouveaux fumeurs) ne se mettent pas à ce produit.

Le tabac à chauffer doit demeurer un produit de substitution pour permettre à certains fumeurs d’arrêter la cigarette. Sur ce point, et compte tenu de ses spécificités (vrai tabac, nicotine, expérience similaire à cigarette,…), le tabac à chauffer peut être une arme efficace dans la lutte contre les dangers du tabac sur la santé.

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