Réfugiés qui meurent par dizaines de milliers en Méditerranée

Voici un recueil d'articles pour porter à la connaissance de chacun la réalité de cette hécatombe en lien avec des choix politiques de l'Europe, avec plusieurs regards, tant critiques qu'officiels :

Naufragio di Lampedusa, un anno dopo parenti a caccia dei propri cari

Naufrages de Lampedusa Un an après, des parents à la recherche de leurs chéris

http://palermo.repubblica.it/cronaca/2014/10/01/news/lampedusa_un_anno_dopo-97087279/?ref=HRER3-1

 

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http://video.repubblica.it/edizione/palermo/sulla-rotta-della-vergogna-il-naufragio-di-lampedusa-un-anno-dopo/178895/177658

sur la route de la honte

« Dal tre ottobre scorso a oggi risultano infatti oltre tremila migranti dispersi in mare ! »

Du 3 octobre 2013 à aujourd'hui, plus de 3 000 migrants ont disparu en mer !

 

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http://video.repubblica.it/dossier/emergenza-lampedusa-2010/?ref=nrct-15

Urgence - Lampedusa

(extraits de la vidéo)

Le 3 octobre 2013, 368 personnes, essentiellement des Érythréens, perdirent la vie en vue des côtes de Lampedusa.

A bord, il y avait plus de 500 personnes quand le bateau a chaviré et seulement 155 ont survécu.

Le 11 octobre 2013, 268 sont mortes en mer, principalement des Syriens et des Palestiniens.

Durant les opérations de secours, beaucoup de familles de survivants ont été séparées : les parents ont été conduits à Malte et les enfants en Sicile.

Fin juin 2014, ils étaient déjà 1 000 à avoir perdu la vie ou à avoir disparu en Méditerranée.

Fin juillet, ils étaient 1 000 de plus !

Le 13 septembre, 1 000 autres s'étaient noyés !

 

Le Comité du 3 octobre s'est constitué au lendemain de la tragédie qui s'est déroulée au large des côtes de Lampedusa

et se met comme objectif l'institution du 3 octobre de chaque année comme Jour de la Mémoire et de l'Accueil,

en souvenir de tous les migrants morts lors d'une tentative de fuir les persécutions, les dictatures, les guerres et la misère,

ainsi que tous les hommes qui risquèrent leur vie pour les sauver.

 

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cf. aussi :

http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/11/immigration-des-lois-assassines

Immigration – Des lois assassines

La tragédie de Lampedusa, en Italie, imputée à tort à des passeurs peu scrupuleux, n’est que la conséquence directe de politiques migratoires trop répressives.

 

Devant l’ampleur terrifiante de cette énième tragédie, on essaie une nouvelle fois de rejeter la faute sur les passeurs. L’arrestation de quelques pauvres bougres ne sert qu’à calmer les mauvaises consciences de tous les complices de cette hécatombe méditerranéenne. Ces boucs émissaires occultent les responsabilités des décideurs européens de tous bords et de notre classe politique, qui ont érigé la fermeture des frontières et les “refoulements” [dans le pays d’origine] en dogme à respecter à n’…

 

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MIGREUROP

http://www.migreurop.org/article2523.html

 

(extraits) 16 juillet 2014

A la création de l’agence Frontex en 2005, les responsables européens s’accordaient à dire qu’elle était vouée à la surveillance des frontières de l’UE en coopération avec les pays voisins. L’asile ne faisait pas partie de ses prérogatives. Il faudra de nombreuses critiques de la part d’élus et d’ONG pour que quelques avancées aient lieu en 2011. Mais le Conseil européen continue de privilégier l’augmentation des moyens de contrôles et des pouvoirs de l’agence au détriment des droits fondamentaux. 

Si aujourd’hui – notamment après le drame de Lampedusa en octobre 2013 – les discours sur les missions de l’agence sont édulcorées pour faire croire qu’elle est là pour «sauver des vies humaines», le bilan des dernières années montrent que plus les contrôles sont importants, plus le nombre de migrants morts aux frontières de l’UE est élevé: 

au milieu des années 2000, il était inférieur à 1000 morts par an; 

depuis 2011, il dépasse la barre des 2000. 

Dès lors, comme le rappelle la campagne Frontexit présentée dans cette note, «jamais une politique de lutte contre l’immigration dite "clandestine" ne pourra être une politique respectueuse des droits des personnes»

Depuis plus d’une décennie, les politiques migratoires européennes se détournent de la protection des migrants et réfugiés et focalisent leur attention sur une approche sécuritaire. Selon cette vision, les États membres de l’Union européenne (UE) multiplient les outils de contrôle aux frontières.

D’un côté, les États européens déploient des moyens militaires et des dispositifs policiers pour augmenter les contrôles autour de l’espace Schengen. 

De l’autre, ils font pression sur les pays dits d’origine des migrants (essentiellement les pays d’Afrique et de l’Est européen) afin que les contrôles migratoires s’opèrent en amont. 

Par ce procédé, l’UE externalise ses contrôles aux frontières. 

 

Voir la note de Migreurop « Accords de réadmission.  

La « coopération » au service de l’expulsion des migrants

 » http://www.migreurop.org/IMG/pdf/Note_de_MIG-REUROP_12122012_Accords_de_read-mission_pour_mise_en_ligne.pdf

 

Les États non européens consentent par le biais d’accords à réadmettre leurs ressortissants expulsés d’Europe (ou des ressortissants de pays extérieurs à l’UE ayant transité par leur territoire) et adoptent des législations répressives à l’égard des migrants visant à empêcher les départs. 

Depuis 2005, la Commission européenne s’est pourvue d’un outil de contrôle des frontières extérieures de l’UE : l’agence Frontex. 

Cette agence, dotée d’un arsenal quasi militaire, coordonne des opérations visant à renvoyer des ressortissants étrangers hors du territoire européen de l’UE. 

 

http://www.migreurop.org/IMG/pdf/note_de_migreurop_122013_frontex_version_fran_o_aise_web.pdf 

 

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liens vers l'agence Frontex :

http://frontex.europa.eu/

 

(excerpt of the official article)

On the basis of risk analysis provided by Frontex, Member States belonging to the Schengen Area will divide their external land and sea borders into sections with three different “ impact levels.” These impact levels — low, medium and high — refer to the security of a given border section assessed against identified risk levels for irregular migration or cross-border crime.

Measures to be taken to reduce these remain the responsibility of individual Member States though in the case of “high impact level” border areas, Member States may request operational assistance from Frontex in the form of a joint operation or rapid intervention.

In order to make the system operational, Frontex will cooperate with EU and international partner organizations and institutions such as Europol, EUSC, EMSA, EFCA, EEAS, EASO, MAOC-N or CeCLAD-M.

TheEurosur Regulationcontains a range of fundamental rights safeguards, including the principles of non-refoulement, human dignity and data protection. Frontex and those Member States participating in the system are also obliged to establish procedures to monitor the system’s functioning regarding respect for fundamental rights. 

http://frontex.europa.eu/intelligence/eurosur

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Utilisation de drones pour la surveillance "optimisée" (ou "augmentée" selon la traduction appropriée)

An additional area of research and development (R&D) involves assessing the viability of Remotely Piloted Aircraft Systems (RPAS) in providing enhanced surveillance coverage of long stretches of land and sea borders. This is of particular importance in improving search and rescue success rates. Planned activities in this respect include further research on the deployment of RPAS for European border surveillance, and organising practical demonstrations and tests of the equipment.

http://frontex.europa.eu/research/border-surveillance

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Frontex, cache-misère de la faiblesse

de la politique migratoire européenne

LE MONDE | 26.10.2013 à 10h47 • Mis à jour le 27.10.2013 à 11h41

Par Claire Gatinois (Varsovie, envoyée spéciale)

http://www.lemonde.fr/europe/article/2013/10/26/frontex-cache-misere-de-la-faiblesse-de-la-politique-migratoire-europeenne_3503460_3214.html

 

Le drame de Lampedusa et ses centaines de cadavres retrouvés en mer étaient encore dans les mémoires au moment où les chefs d'États et de gouvernement se sont réunis, vendredi 26 octobre, lors du Conseil européen à Bruxelles. Mais les Européens sont divisés et préfèrent encore attendre. Pour éviter que la Méditerranée ne se transforme à nouveau en cimetière de migrants − candidats à l'asile ou postulants à une vie meilleure–, les Vingt-Huit pensent charger Frontex, l'agence de surveillance des frontières européennes, d'orchestrer des opérations de repérage et sauvetage en Méditerranée.

Mais peut-on cumuler le rôle de police des frontières avec celui de secouriste ? Peut-on lutter contre l'immigration clandestine et tendre la main aux migrants en danger ? « Ce n'est pas impossible, mais compliqué », reconnaît Gil Arias Fernandez, directeur adjoint de Frontex, qui a reçu Le Monde mercredi, dans son bureau, à Varsovie. « Il n'y a pas de contradiction entre les deux missions », poursuit-il, défendant l'idée que Frontex n'est pas qu'un outil de répression.

Selon ses contempteurs, ses contrôles renforcés obligeraient les migrants à prendre des chemins de traverse de plus en plus risqués pour contourner les barrières que Frontex place sur leur route. « Ce n'est pas juste. C'est méconnaître notre mission », estime M. Arias Fernandez, qui assure que Frontex ne repousse pas les migrants mais se borne à aider les États à effectuer les contrôles. Il s'étonne aussi qu'on mentionne la possible et inquiétante utilisation de drones...

 

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Lire aussi la liste des

17 306 réfugiés morts devant la Forteresse Europe

du 01/01/93 au 25/10/12 :

http://unitedagainstrefugeedeaths.eu/wp-content/uploads/2014/06/listofdeaths.pdf

 

Liste établie par

UNITED for Intercultural Action, European network against nationalism, racism, fascism and in support of migrants and refugees

Postbus 413 NL-1000 AK Amsterdam phone +31-20-6834778, fax 31-20-6834582, info@unitedagainstracism.org , www.unitedagainstracism.org

(extrait)

In the period 1993-2014 more than 20.000 deaths can be put down to border militarisation, asylum laws, detention policies and deportations. Most probably 1000s more are never found. The fatal results already reach the daily headlines: bodies that surface on European shores, stowaways found in the back of a truck, or asylum seekers who kill themselves consequential to hard living conditions and depression for the long and lingering asylum claim decision. These are the consequences when Europe shuts its doors and eyes. Our message has been the same over the years – with increasingly higher numbers – each unnecessary death is one too many. How big must our message get before something will CHANGE?

 

 

La carte des « Politiques Fatales de la Forteresse Europe »

 

http://unitedagainstrefugeedeaths.eu/about-the-campaign/

 

http://unitedagainstrefugeedeaths.eu/map/ 

 

 

 

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lire aussi :

La Méditerranée est rouge de notre honte

Jean Marie Darmian            30 septembre 2014

http://www.jeanmariedarmian.fr/44514/ 

(extraits)

Plus de 4000 migrants, dont 3000 en Méditerranée, sont morts cette année en cherchant un avenir meilleur dans un autre pays, a affirmé à Genève l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Ce nombre est en augmentation de… 70% par rapport à l’an dernier.

(…) Depuis 1996, quelque 17% des migrants sont morts en traversant le Sahara. Et plus de 3000 dans le golfe d’Aden depuis 2006. Mais pour nous le chiffre qui ne cesse de croître est celui des migrants en provenance de l’Afrique subsaharienne représentent au niveau mondial le 30% des 4077 victimes cette année, devant ceux du Moyen-Orient (23%).

(…)Au cours des huit premiers mois de cette année, 112 000 migrants, dont en majorité des Syriens et des Érythréens, sont arrivés en Italie en traversant la Méditerranée, soit trois fois plus que l’an dernier, et 3072 ont péri en mer, contre 700 pour toute l’année 2013. C’est le chiffre le plus élevé depuis 25 ans !

(…) Le trafic d’êtres humains rapporte chaque année 5 milliards d’euros aux mafias selon Interpol, soit leur troisième revenu après ceux liés à la drogue et aux armes.

(…) Jamais on a connu une telle situation aux portes de cette Europe qui dépense 2 milliards d’euros pour renforcer la surveillance de ses frontières… et on a oublié en France le fameux discours sur la coopération Nord Sud de Cancun.

Mitterrand y fit l’un de ses premiers déplacements officiels le 20 octobre 1981 à l’étranger et y prononça un vibrant plaidoyer sur la nécessité de modifier les termes de l’échange entre les pays industrialisés et les pays en voie de développement ; il y affirma la volonté de la France de contribuer activement au développement du Tiers Monde par la coopération : (…)

« Il existe dans notre code pénal un délit grave, celui de non-assistance à personne en danger. Lorsqu’on est témoin d’une agression dans la rue, on ne peut pas impunément laisser le plus faible seul face au plus fort, tourner le dos et suivre son chemin.

En droit international, la non-assistance aux peuples en danger n’est pas encore un délit.

Mais c’est une faute morale et politique qui a déjà coûté trop de morts et trop de douleurs à trop de peuples abandonnés, où qu’ils se trouvent sur la carte pour que nous acceptions, à notre tour, de la commettre. »

 (…) La Méditerranée est leur cimetière et c’est aussi celui de nos valeurs républicaines !

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