"Vivant poème" de Râjel - Une sonate résonne entre les murs

Je poursuis la publication de la poésie d'une amie, chère, sa plume de femme, musicienne, actrice, motsicienne. Elle porte la vie, par-delà les douleurs, les intolérances factuelles, l'humain et le non-humain … Poésie engagée, profonde, légitime, parole de colère, de “souffrance”, de soin, parole nécessaire

Une sonate résonne entre les murs

Et s’en vient cogner le cœur de mon enfance...

Subtils

Invisibles

De moi seule audibles

Des mots chuchotent sur les parois d’origon...

Les enfants du naufrage à Orion se déciment

Aux objets trouvés portés disparus et qu’on assassine

Ils ont dans leurs bagages des rêves qu’ils dessinent

Au passé fragmenté douloureux qu’ils décortiquent

Sur des aurores nouvelles ficelées de rebonds

Dans des paquetages à traiter en premiers soins d’urgence

Où les ailes des oiseaux se déforment et se reforment

Des conséquences faites à notre monde

Des jeux de pouvoir qui nous échappent

Comme les ailes des moulins anciens

Qui brassent les vents pour moudre le grain jusqu’à farine

Les enfants du naufrage à Orion se déciment

Et leurs vies claquent comme des ballons tendus sur des fils

Elles s’éparpillent laissées à trop de hasard

Où l’on se refuse à côtoyer la misère des bastingages

Dans des antichambres crépusculaires

Celles des nœuds coulants et cravates de grosses fortunes

Les enfants du naufrage à Orion se dissipent

Se dispersent et se dé cime”

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.