7 mai: éloge de Ponce Pilate

La gauche en désarroi boudera le bulletin Macron, symbole de tous les reniements. Soit, les donneurs de leçons au poteau et chacun selon sa conscience politique.

Reconnaissons à Jean Luc Mélenchon le mérite de respecter ses électeurs en ne donnant pas de consigne de vote. Plenel quant à lui a cédé à son image de rédempteur en utilisant sa tribune pour nous persuader qu'il y a le feu dans la maison: une nouvelle vague de désabonnements s'annonce, la gauche est ailleurs.

 

Pure et droite dans ses bottes, se renier en votant néolibéral n'entre pas dans ses schémas. Le refus d’être le jouet des manipulateurs est honorable mais c'est aussi le corollaire d'un pari risqué: l'impossibilité clamée à longueur de forum que Marine Le Pen l'emporte dimanche. J'en connais un aussi dont on disait qu'il n'arriverait jamais à la Maison Blanche (oui, notre système électoral est moins pervers mais les mauvaises surprises de l'histoire ne viennent jamais seules).

 

Bien sûr, ce régime fait eau de toute parts. Est-ce une raison de jouer avec le feu dans l'espoir d'une implosion brutale menant au grand soir ? Un abonné notoire votera dimanche FN afin d’accélérer le processus révolutionnaire, espérons que son bulletin ne fasse pas tache d'encre dans l'urne.

 

Chirac sur lequel se sont reportées beaucoup de voix de gauche en 2002 a certes reconduit sa politique de droite mais il nous a aussi préservés d'une guerre supplémentaire en Irak: rien ne dit que la politique de Macron ne présenterait pas quelques aspects positifs.

 

 Quitte à se laver les mains, autant le faire après avoir introduit un bulletin Macron plutôt que de préserver une pureté idéologique qui pourrait se voir éclaboussée par un désastre électoral. Le choix entre un mal connu et un mal à connaître est fait pour ma part et j'opte pour choisir.

 

Traitez-moi de tous les noms.

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