vous avez dit bisounours ?

L’enfance, période que l’on dit heureuse car insouciante, un référent de la naïveté en politique ? Le bisounours ou calinours comme disent les québécois pour éviter toute allusion á la bizoune (membre masculin) est devenu un outil commode d’ostracisation de l’adversaire chez lequel on soupçonne de l’ingénuité. Cela vise bien sûr en premier lieu ceux qui ne perdent pas de vue les idéaux qui soutiennent leur discours qu’ils soient de droite ou de gauche bien que la tendance actuelle réunit sous cette appellation en général antiracistes, anti machistes et anticapitalistes dans le même sac gauchiste. 

L’enfance, période que l’on dit heureuse car insouciante, un référent de la naïveté en politique ? Le bisounours ou calinours comme disent les québécois pour éviter toute allusion á la bizoune (membre masculin) est devenu un outil commode d’ostracisation de l’adversaire chez lequel on soupçonne de l’ingénuité. Cela vise bien sûr en premier lieu ceux qui ne perdent pas de vue les idéaux qui soutiennent leur discours qu’ils soient de droite ou de gauche bien que la tendance actuelle réunit sous cette appellation en général antiracistes, anti machistes et anticapitalistes dans le même sac gauchiste.

 

Inutile de gloser sur le mépris expéditif envers tout ce qui place les valeurs humaines au-dessus des contingences forcément passagères en considérant que la nature humaine tend á la domination et non á la conciliation. Bien plus grave est le reniement des fondamentaux de gauche par nombre de commentateurs s’en revendiquant en invoquant un réalisme de bon aloi qui primerait sur toute considération utopique : les temps sont durs et ne laissent pas de marge aux idéaux á ranger au grenier. Ainsi l’approche antirépressive de la prédélinquance est aussi dangereuse que toute complaisance envers les migrants et les propositions de constitution citoyenne se voient dénigrées a priori de même que les tâtonnements altermondialistes. Inutile de parler du pacifisme qui, s’il n’est pas l’apanage d’agneaux bêlants á gauche reste tout de même assimilé á une marotte  « fort sympathique au demeurant » de « doux rêveurs » dans un monde impitoyable. Bref : de l’angélisme.

 

Plus triste est le sort réservé aux idéaux obsolètes : l’Europe ne vaut plus un clou, comment songer un instant qu’elle puisse être réorientée alors que tout n’est que choc des civilisations ? Le protectionnisme comme planche de salut et le commerce des multinationales comme hydre satanique pour horizon. Quant á la valeur ringarde de progrès elle se retrouve retournée comme une crêpe, la face croissance économique sous celle de décroissance et celle d’humanisme sous celle de laïcité bien comprise.

 

Seule surnage la solidarité qui semble encore faire consensus á gauche bien qu’elle se décline en différentes modalités selon les sensibilités de chacun et surtout qu’elle se voit soumise aux contraintes de l’austérité qui oblige á effectuer des choix douloureux, situation largement vécue au quotidien.

 

Dans un prochain billet nous nous efforcerons de bien penser de la bien-pensance, á bientôt.

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