La réforme de l'AEFE ou le désert des tartars

Le 20 mars le Président Macron a fait des annonces tonitruantes pour le réseau d'enseignement français à l'étranger dont il voudrait, tout simplement, doubler le nombre d'élèves. Rien de concret ni de précis et des personnels de l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Etranger toujours un peu en apesanteur...

La réforme de l''AEFE ou le désert des tartares


Tel le héros du célèbre Roman de Dino Buzatti qui attendait que son destin personnel bascule face à un ennemi potentiel mais absent, la réforme de l'Agence a été annoncée, mais elle ne vient pas et nous en sommes réduits à attendre en marquant nos positions :
Faute de pistes de réformes précises, c'est un conseil d'administration atone qui s'est donc déroulé le Jeudi 29 mars. La député qui avait été missionnée pour organiser des concertations sur le sujet, Mme Samantha Cazebone, a vu son élection invalidée. Il n'a pas été pourvu à son remplacement et l'exercice des consultations est donc au point mort.
La tutelle représentée par M Bili de la Direction Générale de la Mondialisation, semble jouer la montre en attendant des arbitrages venus d'en haut.
Les partenaires, dont la FAPEE, ont pu rappeler la forte dimension privée du financement et donc la nécessité que les parents s'assoient à la table de la négociation en cas de réforme.
Nous n'avons pas voulu de notre côté nous livrer au sacro-saint rituel de la déclaration préalable considérant que les positions de l'UNSA étaient connues à ce stade : Nous sommes partisans d'une nouvelle stratégie pour l'agence assise sur des moyens publics conséquents.
Emmanuel Macron a annoncé le 20 Mars, lors de la journée de la francophone, son souhait de voir les effectif des lycées français doubler. Il considère ces lycées comme "la colonne vertébrale" de l'enseignement du français. Si les intentions élyséennes sont louables, il faut constater l'écart vertigineux avec la politique suivie qui se révèle particulièrement restrictive pour l'heure : 500 postes vont être supprimés sur les 3 ans à venir.
Ce conseil d'administration, malgré la relative passivité des représentants de l'Etat, nous semble cependant avoir montré que L'AEFE pourrait être confortée dans son rôle d'opérateur public avec une préservation du statut des EGD (Etablissement à gestion directe) comme hypothèse optimiste;
Le ministère de l'éduction nationale semble vouloir, de manière offensive, peser davantage dans les arbitrages futurs, ce qui est une nouveauté.
De grandes inconnues restent cependant posées en point d'interrogation : la question des pensions civiles des personnels expatriés et résident ou le sujet du déficit budgétaire de l'Agence.
Comme le commandant Drogo, nous espérons que la réforme viendra à temps et qu'elle ne se fera pas sans nous.

Pour Aeti - UNSA Education
Boris Faure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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