Par Gérard BOUQUET
L'Europe fédérale, qui ne peut être que la seule réponse d'avenir aux évolutions géostratégiques, ne peut pas être un club de riches, dans lequel des Pères ou Mères-la-Vertu décideraient de qui peut rester membre.
Il est donc tout à fait clair, que les heures qui viennent vont continuer de voir s’affronter les partisans d'une Europe puissance politique, à ceux qui, Angleterre en tête, ne rêvent que d'une vaste zone de libre-échange, de plus en plus intégrée dans un grand marché transatlantique.
Il est d'ailleurs étonnant, de voir que les plus anti-anglo-saxons, sont aussi souvent les plus opposés à une Europe politique, qui pourtant, pourrait contrebalancer le pouvoir des Américains.
Mettons de côté, les girouettes politiques, y compris des centristes, qui ne se déterminent sur cette question, que par opposition à la position du Président de la République.
Ce manichéisme primaire est dépassé.
Ce qui se joue actuellement, c'est l'émergence d'une Europe politique, dans laquelle les citoyens pourront influer sur les décisions qui les concernent, en limitant le pouvoirs des seuls lobbies, qui règnent en maîtres à Bruxelles.
Qu'on en apprécie ou non l'opportunité et le résultat, le référendum grec doit être respecté comme expression populaire.
Or la sortie de la Grèce de l'eurozone, serait, pour la première fois, dans l'Histoire européenne, une déconstruction, un retour en arrière et une humiliation affligée à un peuple.
L'effet domino sera ensuite incontrôlable.
De plus une décision prise par les seuls créanciers serait de nature purement morale, sans vision stratégique.
La dette, contrairement à ce que peut suggérer dans le subconscient allemand, le mot "Schuld", n'est pas une faute, mais un fait, qu'il convient d'analyser le plus calmement possible.
Enfin rappelons que le mal vient du fait que l'euro est une monnaie mal-née, une monnaie qui imposait dès l'origine une gouvernance politique. Keynes contre le monétarisme, en quelques sortes.
C'est à cette étape que nous devons passer, avec la Grèce.
Si l'économique, pour ne pas dire, le financier, devait, l’emporter sur le politique, les citoyens auraient de bonnes raisons de ne plus croire en l'Union Européenne. Et cela, au seul profit des populistes.
NO GREXIT !