Ni racisme, ni communautarisme ! par Gérard Bouquet

À l’heure où, à propos du foulard islamique, la France se déchire dans un débat sur le sens du mot « laïcité », il faut rappeler que dans la République, il n’y a que des citoyens libres et égaux, pas de communautés, par opposition à une période où les êtres humains étaient déterminés de la naissance à la mort par l'appartenance à un ordre basé sur les origines, races, couleurs de peau ou religions

marianne-art-1-consitution
À l’heure où, à propos du foulard islamique, la France se déchire dans un débat sur le sens du mot « laïcité », il faut d’abord rappeler que dans la République, il n’y a que des citoyens libres et égaux, pas de communautés.

Le sens premier de la laïcité, c’est l’émancipation des citoyens, femmes et hommes, en tant qu’individus, par opposition à une période où les êtres humains étaient déterminés par leur naissance jusqu’à leur mort par leur appartenance à un ordre.

Les nostalgiques de cet ordre ancien sont les adeptes d’idéologies obsédées par les origines, races, couleurs de peau ou religions transmises, alors qu’aucune religion ne devrait pouvoir être transmise avant l’âge de la majorité.

Ce mouvement émancipateur issu des Lumières et consolidé par la Révolution Française, reconnait les citoyens sans distinction d’origine. C’est la laïcité, conquise de haute lutte jusqu’en 1905, face à une Église catholique monarchiste, qui a permis une définition claire de la liberté de pensée pour les croyants et non-croyants.

La laïcité est aussi devenu un rempart contre le racisme, le sexisme et l’asservissement des femmes.

Aujourd’hui, ce vivre-ensemble est menacé car en quelques années les multiculturalistes, indigénistes et identitaires de tous bords ont gangrené les corps intermédiaires, jusqu’aux partis politiques (notamment de gauche), associations de défense des droits de l’Homme et même certains mouvements féministes.

Il faut faire bloc contre les bradeurs de la République, mais il faut aussi en contrepartie faire bloc contre tous les racismes.

Et, pour faire bloc contre le racisme, il est fondamental de ne pas le fragmenter. Il n’y a aucune différence entre les combats contre l’antisémitisme, l’anti-islamisme ou toute forme de stigmatisation et exclusion de l’Autre en fonction de sa différence d’origine.

Une différence d’origine ne crée pas une différence dans la République, ni a fortiori causa de droit à la différenciation.

C’est une faiblesse sémantique dangereuse, car parler d’antisémitisme ou d’islamophobie, c’est déjà, en quelque sorte, communautariser le racisme et la xénophobie.

S’il y des graduations dans l’horreur des exactions racistes, il n’y a pas de degrés de valeurs entre les racismes.

« Les hommes (et les femmes, comme écrivaient Olympe de Gouges) naissent et demeurent libres et égaux en droits. »

La liberté et l’égalité passent donc par la seule reconnaissance du citoyen en tant qu’individu, pas en tant que membre d’une communauté.

La survie de la République impose le respect de son principe de base, la laïcité. Laïcité parfaitement définie par une loi de 1905 qui ne doit aucunement être modifiée.

Dans une très bonne définition de ce modèle de vie en société Pierre Dac disait : « Nous ne demandons à personne d’où il vient mais à tous ce que nous pouvons faire ensemble ».

Faisons la République ensemble, oublions un peu d’où nous venons et oublions surtout d’où viennent nos concitoyens !

Gérard Bouquet

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.