Brexit, une nouvelle exigence pour l’Union Européenne par Gérard Bouquet

Au moment où le RU quitte l’UE, les fédéralistes qui ont souvent pensé que l’intégration européenne avait plus de chance de progresser sans les Anglais, doivent se poser un certain nombre de questions. Pour résister aux démagogues, le projet européen redéfini ne peut plus être l’outil de la progression sans fin de l’ultra-libéralisme. Sa composante sociale et humaniste doit devenir centrale.

En ce triste jour où la Grande-Bretagne quitte l’Union Européenne, les fédéralistes qui ont souvent pensé que l’intégration européenne avait plus de chance de progresser sans les Anglais, doivent se poser un certain nombre de questions.
Au-delà des causes qu’on pourrait attribuer aux nostalgies impériales qui peuvent rester dans l’esprit de certains Britanniques, il est nécessaire de comprendre pourquoi les idées démagogiques ont de plus en plus de succès, entraînant, presque partout, des replis identitaires.
C’est le projet européen lui-même qui doit être redéfini, après un examen de conscience sans réserve.
Il ne peut plus être l’outil de la progression sans fin de l’ultra-libéralisme.
Sa composante sociale et humaniste doit devenir centrale.
Cette réorientation interroge le rôle de la banque centrale, qui doit être entièrement tourné vers la relance, là où l’obsession budgétaire a dévoyé la solidarité d’origine du projet européen.
Sous peine de décomposition, l’Union Européenne doit écouter ses citoyens avant d’écouter les marchés.
Dans le contexte géopolitique, l’émergence d’une Europe puissance économique, politique et diplomatique, qui retrouve une influence internationale est une nécessité absolue.
Cela impose que ses dirigeants fassent taire leurs voix divergentes.
Le progrès de l’Europe indispensable à son peuple, ne peut exister que par son peuple.
Le Brexit impose à l’Union un nouveau défi qu’elle n’a ni le droit, ni les moyens de perdre.

Gérard Bouquet
Strasbourg
31 janvier 2020, Brexit Day

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