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Billet de blog 3 décembre 2024

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Le Royaume-Uni a expulsé en secret 109 enfants brésiliens en août-septembre

Le journal britannique The Observer vient de révéler comment le ministère de l'intérieur, dirigé par une travailliste, après ces révélations sur les 609 Brésiliens expulsés sur 3 vols secrets en août-septembre 2024, s'est positionné : "Nous sommes déjà en train de mettre en œuvre notre plan visant à accélérer l'expulsion des personnes qui n'ont pas le droit d'être au Royaume-Uni".

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Plus de 600 Brésiliens, dont 109 enfants, ont été secrètement expulsés du Royaume-Uni - à bord des trois plus grands vols charters d'expulsion de l'histoire du ministère de l'Intérieur ["Home Office"] - depuis l'arrivée au pouvoir du gouvernement travailliste, a révélé l'hebdomadaire dominical anglais The Observer*.

Le ministère de l'Intérieur, depuis la nomination de Keir Starmer au poste de premier ministre, est sous la coupe de Yvette Cooper, n'avait jamais renvoyé autoritairement un nombre aussi important de ressortissants d'une nationalité sur des vols charters d'expulsion. Il se dit qu'aucun enfant n'avait jusqu'alors jamais été expulsé via ces vols.

Selon les données obtenues par The Observer grâce à la loi sur la liberté d'information (FOI), les trois vols ont eu lieu le 9 août 2024, lorsque 205 personnes, dont 43 enfants, ont été expulsées ; le 23 août 2024, lorsque 206 personnes, dont 30 enfants, ont été expulsées ; et le 27 septembre 2024, lorsque 218 personnes, dont 36 enfants, ont été expulsées. Tous les enfants expulsés faisaient partie d'unités familiales, et nombre d'entre eux auraient été scolarisés et auraient probablement passé la majeure partie, voire la totalité, de leur vie au Royaume-Uni.
 

Les retours au Brésil étaient considérés comme volontaires et étaient susceptibles d'inclure des personnes ayant dépassé la durée de validité de leur visa. Le ministère de l'intérieur britannique offre des primes aux rapatriés volontaires pouvant aller jusqu'à 3.000 livres sterling, y compris pour les bébés et les enfants. Les primes sont accordées sous la forme de cartes préchargées qui peuvent être activées une fois que les personnes ont atterri dans leur pays d'origine. 3.000 livres sterling correspondent, en décembre 2024, à 23.000 R$, soit 15 fois le salaire minimum brésilien.
 
Les chiffres officiels publiés jeudi 28 novembre 2024 révèlent que 8.308 retours forcés et volontaires ont eu lieu entre juillet et septembre 2024, soit une augmentation de 16 % par rapport à la même période de 2023. La majorité d'entre eux - 6.247 - étaient des retours volontaires, soit une augmentation de 12 % par rapport à cette catégorie de retours au cours de la même période en 2023. Alors que le gouvernement sis à Londres tient à promouvoir le nombre de retours, il a omis de mentionner publiquement que la destination de ces vols d'expulsion historiques était le Brésil.
 
Les organisations de défense des droits des Latino-Américains s'interrogent sur la manière dont le ministère de l'intérieur a pu faire sortir du pays, en toute discrétion, un si grand nombre de personnes d'une même nationalité, y compris un nombre, sans précédent, d'enfants susceptibles d'être scolarisés.

L'organisation Coalition of Latin Americans in the UK (CLAUK), fondée en 2012, s'est alarmée des centaines d'expulsions secrètes : « Nous sommes préoccupés par la forte augmentation des retours volontaires de Brésiliens au cours de l'année écoulée. Les Brésiliens, qui constituent la plus grande communauté latino-américaine au Royaume-Uni, se heurtent à d'importants obstacles pour accéder à des informations de qualité et à des conseils juridiques agréés, en particulier dans leur propre langue. Nombre d'entre eux sont arrivés par le biais de la migration ascendante en provenance de pays de l'union européenne (UE). Cependant, les changements de règles d'immigration post-Brexit ont laissé des centaines d'entre eux et les membres de leur famille non membres de l'UE au risque de voir leurs droits refusés en raison de la désinformation et des conditions d'éligibilité sévères. »
« Le gouvernement doit répondre à nos demandes de voies équitables, abordables et sûres vers la citoyenneté et l'établissement pour les nombreuses communautés qui se sont enracinées dans ce pays », ont déclaré les membres de la Coalition.
Clauk a averti que les femmes brésiliennes sont particulièrement menacées par l'initiative du ministère de l'Intérieur visant à expulser massivement les Brésiliens du Royaume-Uni, notamment celles qui subissent des violences sexistes. « Ces femmes sont souvent piégées par des partenaires violents qui utilisent leurs passeports britanniques ou européens comme outils de contrôle, ne leur laissant aucune voie viable vers la sécurité ou l'établissement », ont-ils déclaré.
  
Dans un cas, une femme a été aidée par l'organisation Latin American Women's Aid (LAWA). Elle fuyait la violence avec ses deux fils, dont un enfant handicapé ayant des besoins éducatifs spéciaux. Ils ont été contraints de se déplacer entre trois hôtels. La femme s'est vu refuser ce que l'on appelle la "Migrant Victim of Domestic Abuse Concession", qui permet aux migrants victimes de violences domestiques de rester au Royaume-Uni, et n'a eu d'autre choix que de retourner au Brésil. La presse britannique ignore combien de personnes à bord des trois vols ne voulaient pas rentrer au Brésil par crainte pour leur sécurité, mais ces Brésiliens ont estimé qu'ils n'avaient pas d'autre choix que d'embarquer.
 
Suite aux révélations, un porte-parole du ministère de l'intérieur britannique a déclaré : " Nous sommes déjà en train de mettre en œuvre notre plan visant à accélérer l'expulsion des personnes qui n'ont pas le droit d'être au Royaume-Uni, les expulsions de délinquants étrangers et de demandeurs d'asile déboutés ayant atteint leur niveau le plus élevé depuis une demi-décennie... Cela réduira notre dépendance à l'égard des hôtels et les coûts d'hébergement, ce qui permettra d'économiser environ 4 milliards de livres sterling (5,05 milliards US$) pour les deux prochaines années."
 
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(*) Le journal imprimé et en ligne « The Guardian » (Guardian Media Group, GMG) a annoncé mardi 17 septembre 2024 sur son site que l’hebdomadaire britannique The Observer, fondé en 1791, pourrait être racheté par Tortoise Media, un site Internet d’actualité fondé en 2019 lancé par un ancien rédacteur en chef du Times et de la BBC, avec un ancien ambassadeur des Etats-Unis au Royaume-Uni. GMG avait acquis The Observer en 1993.

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