BRAISES DU CHAOS (avatar)

BRAISES DU CHAOS

BALIKPAPAN@PROTONMAIL.COM■WhatsApp (55) 71 88826417■Secrétaire de rédaction (free lance), c'est-à-dire journaliste: et je tweete, aussi, sur X (ex-Twitter), des faits.

Abonné·e de Mediapart

1617 Billets

0 Édition

Billet de blog 4 décembre 2024

BRAISES DU CHAOS (avatar)

BRAISES DU CHAOS

BALIKPAPAN@PROTONMAIL.COM■WhatsApp (55) 71 88826417■Secrétaire de rédaction (free lance), c'est-à-dire journaliste: et je tweete, aussi, sur X (ex-Twitter), des faits.

Abonné·e de Mediapart

Hormis exterminer des Noirs, que font les polices de São Paulo ? Elles tuent

Le 1/1/2023 était investi le gouverneur, bolsonariste, Tarcisio Freitas. Qui nommait le craint policier militaire Guilherme Derrite secrétaire d'Etat à la sécurité publique. Lors des 10 premiers mois de 2024, les agents des polices de l'Etat de São Paulo, qu'ils soient hors ou en service, en civil ou en uniforme, ont tué 676 fois. Gabriel, 26 ans, était parmi ceux-là.

BRAISES DU CHAOS (avatar)

BRAISES DU CHAOS

BALIKPAPAN@PROTONMAIL.COM■WhatsApp (55) 71 88826417■Secrétaire de rédaction (free lance), c'est-à-dire journaliste: et je tweete, aussi, sur X (ex-Twitter), des faits.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Illustration 1
Le tueur de Gabriel, 26 ans, de douze balles, est un policier militaire de La PMESP

Trois balles dans la poitrine, deux balles dans l'annulaire de la main gauche, une balle dans l'avant-bras gauche, trois balles dans l'avant-bras droit, une balle dans l'oreille et une balle dans le visage de Gabriel Renan da Silva Soares, 26 ans, noir. Douze balles sorties du canon du Glock .40 du policier militaire Vinicius de Lima Britto, 24 ans, qui faisait ses courses, là, hors service, en civil, vers 23 heures, le 3 novembre 2024, dans un petit magasin d'alimentation, nommé Oxxo, dans l'avenue Cupecê, du quartier pauvre de Jardim Prudência, dans le sud de la ville de São Paulo.
Pour quelle raison ?
Le policier militaire avait aperçu le jeune Gabriel, supposément, voler des ... produits de nettoyage, et selon le PM, l'aurait menacé. Vinicius, comme le montre la video ci-dessous, n'avait aucune arme, d'aucune sorte.

Le policier militaire tire 12 balles sur Vinicius de Lima Britto, 26 ans. © Ponte Jornalismo

Dans une interview accordée à Ponte Jornalismo après sa mort, une partie de la famille a déclaré que le corps n'avait été enlevé que le lendemain matin, le 4 novembre. L'un des proches de la victime est même passé devant le magasin peu après et a vu que quelqu'un avait été assassiné, mais n'a pas réalisé qu'il s'agissait de son propre frère.
 
Les employés du magasin ont dit de manière très insensible qu'un « noia* » était mort », a raconté la tante de la victime, Fátima Taddeo.
 
Il s'est écoulé moins d'une minute entre l'entrée de Gabriel dans le magasin et les coups de feu. Les images ne montrent pas le jeune homme en train d'être secouru. Selon la tante de Gabriel, Fátima Taddeo, le jeune homme avait du mal à se défaire de sa dépendance à la drogue K**. « C'est une drogue très difficile. Le sevrage est douloureux », a-t-elle déclaré. Gabriel aurait eu 27 ans la semaine où il a été tué.
 

Recalé à l'examen à l'examen psychologique du concours de la police militaire, le tueur

Illustration 3
São Vicente © DR

En 2023, le policier militaire Vinicius de Lima Britto, 24 ans, avait déjà échoué à l'examen psychologique lorsqu'il avait tenté pour la première fois d'intégrer la police militaire (PMESP). L'évaluation, réalisée lors d'un concours public pour le recrutement d'un soldat de deuxième classe en 2021, avait révélé des problèmes de sociabilité et un manque de contrôle émotionnel.

Malgré ce premier échec, Britto réussit à entrer dans la corporation PMESP la même année, après avoir passé un second concours. Entre-temps, il a même déposé un recours contre le résultat de son premier test, alléguant la subjectivité de l'analyse, mais les tribunaux ont rejeté la demande et l'affaire a été classée.

CNN Brasil a eu accès au rapport confidentiel détaillant les raisons du premier échec. Ce document de neuf pages indique que Vinicius de Lima Britto présentait « une inadéquation avec les paramètres requis dans le profil psychologique établi pour le poste ». Parmi les points critiques, les experts ont relevé une difficulté à se socialiser et une instabilité dans les relations interpersonnelles. « Ces caractéristiques contre-indiquent le candidat au poste, car elles pourraient compromettre sa capacité à percevoir et à réagir de manière appropriée aux exigences du travail », indique un extrait du rapport. Les deux psychologues qui ont signé le document ont également souligné que Britto a une personnalité instable, avec une plus grande aptitude aux activités dans des environnements calmes, ce qui tend à rendre difficile le maintien et l'accomplissement de ses fonctions comme prévu ».
Un autre aspect mis en avant pour justifier la décision des médecins est sa tendance à l'incontrôle émotionnel, « tendant à agir fortement par un comportement instable et imprévisible, avec une propension au déséquilibre physiologique et psychologique, étant capable d'agir sans grande réflexion face à des situations inattendues », indique un autre chapitre du rapport.
Dès le 4 novembre 2024, Antônio Carlos e Silvia, les parents de Gabriel, ont dénoncé la PMESP pour exécution

Illustration 4
L'instant où, une minute après que Gabriel soit entré puis ressorti d'un petit magasin, le policier militaire Vinicius de Lima Britto le tue © DR

Mais revenons en arrière, quelques instants. Le 18 décembre 2023.
Ce jour-là, une détonation de revolver du même type et du même calibre avait surpris les voisins encore éveillés d'un quartier résidentiel de São Vicente (330.000 hab.), sur le littoral de São Paulo. Les deux hommes à moto tués là se nommaient Matheus Quintino dos Santos, 25 ans, et Davi Emanoel Braz Ferreira.
Après avoir tenté de voler des policiers militaires hors service, ils sont morts aux premières heures du lundi matin 18 décembre 2023, vers 1h30 du matin, dans le quartier d'Itararé, à São Vicente. Matheus Quintino était, par ailleurs, soupçonné d'avoir pénétré par effraction dans un bâtiment commercial et d'avoir tué le propriétaire - Thiago Varvello Nasser, 24 ans - d'un magasin de téléphonie mobile dans la grande ville de Santos (SP) au début de 2023, au 10e étage de l'immeuble Legacy Tower.
 
Le policier militaire tireur du 18 décembre, quant à lui, se nomme ... Vinicius de Lima Britto.
Selon des documents judiciaires obtenus par le site brésilien “O joio e o trigo” et confirmés par CNN Brasil, le policier a invoqué la légitime défense lorsqu'il a tiré sur les deux hommes à moto qui auraient tenté de le voler et lui auraient montré une arme. Le rapport de police indique que la moto utilisée par les suspects était volée. L'un des hommes est décédé sur place, tandis que l'autre a reçu une balle pendant la fuite et est décédé à quelques mètres de l'attentat. L'arme présumée utilisée par les suspects n'a cependant jamais été retrouvée. Des deux policiers tireurs, l'un d'eux, âgé de 35 ans, était à moto et accompagné d'une femme, tandis que l'autre, âgé de 23 ans, se trouvait dans une voiture avec une passagère. Les couples se trouvaient au croisement des rues 11 de Junho et Messia Assú et discutaient de leur destination. Soudain, une moto sans plaque d'immatriculation, sur laquelle étaient deux hommes, s'est approchée d'eux. Le conducteur, Matheus Quintino, a annoncé le vol, les menaçant avec une arme à la main. Les policiers ont réagi, ont sorti leurs armes à feu et ont tiré sur les deux suspects. Telle est la version rédigée sur procès-verbal, des policiers militaires.
 
L'affaire fait toujours l'objet, en novembre 2024, d'une enquête au sein du tribunal de São Paulo.

-----------
 

* L'origine du mot « noïa » remonte au terme « paranoïa », qui désigne un   trouble mental caractérisé par la méfiance et le délire. Au fil du temps, le mot a été raccourci et adapté à un usage familier, acquérant un nouveau sens qui s'éloigne du contexte clinique. Cet argot est souvent utilisé dans des environnements où la consommation de drogues est courante, reflétant l'expérience des personnes qui peuvent se sentir persécutées ou sous surveillance constante en raison de leur consommation de substances.
 
** Drogue K : les drogues dites K ont été créées en laboratoire et sont basées sur des cannabinoïdes synthétiques. L'explication est complexe, mais en résumé, cela signifie que le cannabinoïde fabriqué en laboratoire se lie au même récepteur dans le cerveau que le cannabis ordinaire, mais avec une puissance jusqu'à 100 fois supérieure. Le gouvernement de São Paulo affirme que les effets de cette drogue peuvent être pires que ceux du crack. La Drug Enforcement Administration (DEA) - l'agence fédérale de sécurité du ministère américain de la justice chargée de la répression et du contrôle des stupéfiants - a averti que la drogue pouvait également se trouver dans les cigarettes électroniques. Le pays connaît une épidémie de drogues synthétiques depuis 2018, selon l'ONU.
 

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.