Ci et là, la presse mainstream française relaie les chiffres de témoins de massacres ou les statistiques officielles d'organisations internationales, telles l'ONU, sur la létalité policière extrajudiciare au Venezuela. De nombreuses personnes s'en offusquent, à juste titre. Voire justifient l'enlèvement de Nicolas Maduro, à ce titre - meurtrier. Nous avons relevé 18.000 tués entre janvier 2016 et fin octobre 2019, pour un pays qui comptait alors environ 35 millions d'habitants, soit 391 tués par mois, pour une population six fois moindre que la brésilienne.
Mais à se déporter vers l'est de ce pays, a-t-on conscience des chiffres précis des massacres quotidiens effectués par les policiers au Brésil ?
Les éloges éhontées, par les observateurs, éditorialistes, journalistes internationaux, des pouvoirs exécutifs présumés "progressistes" brésiliens auraient dû cesser, depuis l'arrivée de Lula da Silva au pouvoir en 2003.
Car depuis 2013 - année où Dilma Rousseff était présidente de la République - à partir de laquelle la seule ONG d'envergure nationale dédiée aux questions de sécurité publique, le Fórum Brasileiro de Segurança Pública, a inicié le recensement précis des morts lors d'interventions policières, et en incluant l'année 2021, 43.171 personnes (4.796/an) ont été tuées.
Soit 4.796 Brésiliens, en moyenne, par an. 95% étaient de jeunes hommes noirs et métis. Tués par des policiers civils ou militaires (en service/hors service). Ces chiffres n'incluent les décès causés par des policiers fédéraux et des policiers autoroutiers.
Et les chiffres macabres, de 2022 jusqu'à fin 2025, produits par la même ONG, continuent d'être voisins.
A observer, à l'horizon, la véritable Amérique latine du réel, la désinformation et l'ignorance volontaire des citoyens du monde lecteurs/auditeurs des organes de presse mainstream semblent avoir un avenir radieux.