Un soldat brésilien, âgé de 19 ans, a déclaré avoir été agressé physiquement par cinq collègues dans la nuit du jeudi au vendredi 17 janvier 2025, au 13e régiment de cavalerie mécanisée de la ville de Pirassununga (Sao Paulo).
L'avocat du jeune homme, Pablo Canhadas Pereira, a déclaré que son client, très secoué par la violence, avait dû être écarté des activités militaires depuis les faits. Selon le défenseur, les agressions ont duré environ 30 minutes, avec des morceaux de lattes de bois, une casserole industrielle et un manche à balai, qui aurait été cassé dans la région de l'anus (voir ici les blessures causées par les agressions.). Et de rajouter : "En ce moment, nous travaillons sur ce que j'appelle une « action de limitation de la charge », c'est-à-dire une surveillance étroite pour s'assurer que demain ou après-demain, ils ne créent pas un cadre pour dire que mon client est responsable de l'acte qu'il a subi au sein de l'armée, afin qu'ils puissent exempter l'Etat brésilien fédéral de payer une compensation, de fournir un soutien psychologique et psychiatrique. Qui peut dire que demain, il sera suffisamment bien pour reprendre sa vie ? Il voit son uniforme et se met à pleurer".
Selon le récit de la victime, un caporal l'a chargé, avec deux autres soldats, de nettoyer un entrepôt de cartons. Les soldats lui ont ensuite ordonné de nettoyer une chambre froide. Une fois sur place, les agresseurs lui ont ordonné de baisser son pantalon, ce qu'il a refusé de faire. Ils l'ont alors forcé à enlever ses vêtements, ont pris un balai et l'ont frotté entre ses fesses, selon le rapport. Le soldat a réussi à se libérer et a quitté les lieux. Cependant, il a été à nouveau attaqué dans un autre entrepôt, où il a été frappé.
Selon Canhadas, le jeune homme avait effectué une année dans le corps et considérait le service militaire avec fierté. « Il tournait toute sa vie vers l'armée ». Mais l'avocat a admis que le soldat avait d'abord hésité à porter plainte, mais qu'un membre de sa famille le lui avait conseillé. « C'est une personne simple, qui n'a pas les moyens de se payer un médecin et qui est locataire. Il craignait de porter plainte, d'être renvoyé et, le mois suivant, de ne même pas avoir assez d'argent pour payer son loyer. Mais le traumatisme, l'impact de ce qui s'est passé était trop important. Il prend des tranquillisants. Physiquement, s'il n'y a pas de séquelles, le temps guérira. Mais psychologiquement, il va avoir besoin de beaucoup de travail».
Canhadas précise également que le jeune homme passera une visite médicale au 13e régiment le jeudi 23 janvier 2025. « Je serai avec lui pour savoir s'ils vont revalider le certificat des urgences et s'ils vont commencer à le suivre médicalement. Tout acte externe doit être revalidé en interne».
L'affaire a été enregistrée comme blessure corporelle au 1er district de police de Pirassununga. Cependant, selon le rapport, il n'y aura pas d'enquête de la part de la police civile (PC-SP), mais seulement de l'armée.
Dans une déclaration, le commandement militaire du Sud-Est a indiqué qu'une enquête de la police militaire (PMESP) avait été mise en place pour examiner la plainte et a ajouté que « l'armée brésilienne ne tolère aucun comportement illicite impliquant ses membres ». Et le communiqué officiel de l'armée précise que « les personnes impliquées seront punies et exclues des rangs de l'armée. L'armée brésilienne ne tolère aucun comportement illicite de la part de ses membres ».
Tous ou presque les lecteurs de ce blog connaissent la ligne d'horizon, la plupart du temps, d'une affaire criminelle traitée par la police militaire au Brésil: le classement, dans un tiroir.