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Billet de blog 2 juillet 2020

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Pour un ultime hommage aux presque 40 000 décès du covid-19 !

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Covid-19 : on a déjà oublié. Chaque jour, le temps médiatique efface les ardoises de l'Histoire. Chaque jour, sur les chaines info, commence une nouvelle page blanche, ignorant ce qui s'est passé la veille. "L'occultation du passé, (même récent), fait partie des armes du maintien de l'ordre" (et de la Macronie) analyse Eric Hazan dans un interview aux Inrocks du 22/12/2014.

Résultat : une actualité dominée par les seules brutalités policières. La question du racisme anti noir devenu abusivement le "seul" problème du champ politique : Assa Traoré promue au statut de "femme puissante".(sic). Les "blancs" même très pauvres, étrangers au commerce triangulaire opéré par la seule Bourgeoisie sont devenus les nouveaux "dangers" de l'Histoire : que l'on regarde avec suspicion, voire même plus.

Et les réseaux sociaux, tels un groupe de moutons s'accrochent à ces problématiques de diversion. Les intellectuels aussi ; Hier, j'écoutais Laurent Mucchielli, le même qui, il y a peu, critiquait d'importance la non lutte contre le coronavirus, sortir son laïus sur les violences policières, comme si un tel virage était "normal", "allant de soi"..

Soit une façon d'accepter le nouvel agenda politique truqué. Ignorer les presque 40 000 morts de l'épidémie de coronavirus (29 000 + 10 000 décès à la maison), dont personne ne pleure la mémoire : comme de vieux kilos de sucre abandonnés dans une arrière-cour, fondus par la pluie dans l'indifférence générale. J'ai connu le même triste spectacle, avec des salariés basculant massivement dans le chômage et la pauvreté, tandis que la petite-bourgeoisie dite de "gôche", loin de les défendre, refusait de publier mes projets d'articles et livres sur le chômage. Et de façon plus grave, de parler  de ce problème.

1°)-Personne, mise à part le Professeur Christian Perronne, pour dire qu'une gestion intelligente de l'épidémie aurait pu éviter en grande partie 20/25 000 décès. Un chiffre énorme en chagrin et souffrances que l'on aurait pu éviter, devant la disparition de personnes aimées, enterrées à la va-vite, sans cérémonie religieuse. Sans même pouvoir les pleurer une dernière fois, protocole de sécurité oblige. Le spectacle triste à pleurer des cercueils entassés dans un troisième sous sol du MIN de Rungis.  Pire : tout cela est passé comme une lettre à la poste. Nous refusons cette indifférence. En rupture avec tout ce déni de réalité, nous disons : PLUS JAMAIS CELA !

Et puis, il y a eu des enterrements sur le net (!) : une façon de rendre la mort irréelle. "Les funérailles d'antan", "les petits corbillards de nos grands pères" chères à Brassens participaient d'une société française soudée, sur une autre planète que le non vivre ensemble français de 2020. rendu encore plus individualiste par le chacun pour soi, qui a prévalu, chacun essayant dans son coin de survivre à l'épidémie.

Comme écrit Jacques Généreux : "nous  assistons à une mutation anthropologique bien avancée, qui peut en une ou deux générations, transformer l'être humain (classique) en être dissocié, faire basculer une société développée, aujourd'hui peuplés d'individus (seuls) et dressés les uns contre les autres" (sic). (La Dissociété, édition du Seuil, 1986). Avec l'épidémie de covid-19 et le confinement massif qui s'y attache, tout ce qui me reste de vie vomira ces tristes semaines de réclusion. On les vomira à la face de la Macronie, qui a osé tenter sur nous cette expérience d'individus cloitrés à la maison, avec une heure de sortie par jour ; et dont l'aspiration profonde à "être avec" a été piétinée dans l'indifférence générale.

2°)-Sans parler de l'occultation par la Macronie politique et médiatique de la grave question d'un personnel hospitalier, payé au lance-pierre, travaillant dur : 2 aide soignantes obligées de s'occuper de 80 malades. Défilant sous la canicule de l'été 2019 derrière une banderole où on pouvait écrire : "ON N'EN PEUT PLUS ! ", sous l'indifférence et l'arrogance du journaleux de BFM pour cette "petite" manif. Toute une existence professionnelle gâchée, notamment la vie familiale :  2 dimanches par mois, dont on ne retient abusivemeit et de façon fallacieuse, que l'agression brutale par la Police, d'une infirmière de 52 ans.

3°)- Occultant le million de chômeurs provoqué par l'arrêt brutal et total de l'économie, du à un confinement massif que rien ne justifiait. Dès le mois de mars, Didier Raoult recommandait à juste titre de faire des "lazarets", c'est à dire le confinement des seuls malades. Une telle décision aurait certes ralenti l'économie, mais de façon moindre que la pire récession économique que nous sommes en train de vivre. Et dont nous n'avons pas fini de payer le prix fort, en terme de plans de licenciements massifs, baisse de rémunération dans les entreprise, suicides, absence de création d'empois durables, etc..

Mais de cela, personne ne moufte, primat du seul d'Adamé Traoré et d'une critique microscopique des violences policières. Qui n'englobe même pas les violences faites aux Gilets Jaunes froidement éborgnés par les CRS : comme Manu, Place d'Italie ou Jérôme Rodriguez, Place de la Bastille, alors que tous les deux se montraient pacifiques. Et dont nous saluons le courage à survivre et travailler avec un seul oeil.

N'écoutez pas Macron ! NOUS VIVONS UNE REMONTEE DE LA LUTTE DES CLASSES. Notre camarade Jean-Pierre Combe n'écrit-il pas d'ailleurs en ce sens ? " Il ne faut pas tenir pour obsolète le mouvement de lutte des classes dans notre pays: c'est contre les prémisses observables d'une remontrée de la lutte des classes en France que ceux qui la gouvernent sabotent la République (condamnent à la mort sociale le Peuple français), laquelle reste pour notre peuple une revendication riche de possibilités d'agir"(sic).

En effet, après la belle mobilisation anti Khomri ( 2016), il y a eu le mouvement des Gilets Jaunes, puis la mobilisation sociale contre la réforme de  retraites. Résultat : 2 millions de manifestants les 05 et 17 décembre 2019 : "du jamais vu depuis les années 70"  analysait un journaliste chilien !

Alain Badiou le dit très bien :  il faut faire revenir le réel relégué dans le "hors champ". La "vraie vie" a été remplacée par "la survie". Place au seul divertissement des classes moyennes au sens pascalien du terme, désorientant notre vie par l'absence de Vérité. Et d'ajouter : "Dans la société capitaliste, le divertissement  est roi- un peu comme pour Debord, il y a souveraineté du spectacle. Il n'y a que  le divertissement. Il n'y a que le souci de se tenir aussi éloigné possible du réel" (sic), (cf son ouvrage : "A la recherche du réel perdu", édition ouvertures-Fayard, 2015.

Les facebookiens, qui font le jeu de Macron, en parlant toute la journée des violences policières, renoncent, implicitement à changer le Monde, vouloir une société plus égalitaire. Sans comprendre, que ces désabusés/désabusants participent directement de l'idéologie dominante, et de la Macronie "heureuse" consistant à ce que rien ne se passe en faveur du Peuple français.

A ce stade,  Alain Badiou invite à "découvrir, sous l'existence terne et molle de ce monde, les possibilités lumineuses offertes par le réel affirmatif (se battre pour une société d'égalité, offrant une vie décente à chacun), qui du point de vue de ce monde (La Macronie) est impossible, cf son ouvrage : "Métaphysique du bonheur réel, édition PUF, 2015.

Plus que jamais, le rassemblement "Le Peuple d'abord" regroupant le PRCF, le PARDEM, le CNSJS, les Insoumis critiques, les Franchement insoumis, le courant interne/externe à la FI :"Rupture, Pouvoir aux militants", et son porte-parole comme Jacques Généreux, Jacques Sapir, Jacques Cotta, appelle à rompre avec le système libéral. Appeler à des nationalisations des grands biens de productions, une sortie unilatérale de l'Union Européenne. Le RIC comme premier pouvoir de décision donné au Peuple. Une maîtrise à la base des choix de production et de consommation. Un plan de relance keynésien de nature à créer des centaines de milliers d'emplois durables, une augmentation substantielle des salaires, une relocalisation des industries en France, une lutte sévère contre les inégalités : de nature à créer une vie joyeuse et décente pour tous...

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